02 juillet 2007
mini-traité maxi-sarko
Que penser de l'accord entre les 27, obtenu par Angela Merkel avec l'aide sur-médiatisée de Sarkozy ?
D'un côté, l'accord envisage quelques réformes institutionnelles positives : la présidence du Conseil européenn cesse d'être tournante tous les six mois, et le nombre de commissaires sera réduit. La concurrence libre et non faussée cesse d'être un objectif de l'Union, et le champ de la majorité qualifiée est étendu aux questions de coopération judiciaire et policière, tandis que le "haut représentant pour la politique étrangère" voit ses pouvoirs accrus.
Le nouveau traité, simple amendement des traités existants, n'a pas d'ambition "constitutionnelle", et d'ailleurs les symboles de l'Union (hymne, drapeau, journée du 9 mai) ne figure plus dans les textes. La fameuse partie III ne réapparait donc pas, et le futur texte relève plus d'un réglement intérieur facilitant le fonctionnement des institutions européennes. En quelques semaines, l'Europe est donc sortie de l'impasse dans laquelle on la disait durablement embourbée, depuis les NON français et néérlandais.
Regardons de plus près les grandes lignes de l'accord intervenu. Ce qui saute aux yeux tout d'abord, c'est l'absence d'avancées sur le plan de l'harmonisation fiscale et sociale, qui ne bénéficiera pas du vote à la majorité qualifiée : un seul pays pourra donc bloquer tout effort d'harmonisation par le haut. Rien non plus sur la banque centrale européenne, toujours indépendante et qui ne prend pas en considération l'objectif de plein emploi ou de croissance. La charte des droits fondamentaux n'est pas intégrée dans les traités, même si une référence y est faite, et ne sera pas applicable à la Grande-Bretagne. Enfin, les héritages religieux de l'Union européenne sont exhibés, et le protocole sur les services publics, très faible, ne cache pas l'absence de dimension sociale, écologique, énergétique. Autant dire que ce traité, aussi complexe qu'obscur, ne répond pas aux attentes d'une Europe plus sociale, telles qu'elles se manifestées le 5 mai 2005. C'est d'autant plus regrettable que le Président n'envisage pas de referendum, préférant une révision de la constitution par la voie parlementaire.
J'espère que cette analyse sera partagée au sein du PS, et que nous éviterons de nouveaux déchirements, sur un sujet essentiel pour l'avenir de la gauche. Pour médiocre qu'il soit, la portée du mini-traité ne doit pas être sous-estimée, et le peuple ne saurait être tenu à l'écart d'un tel enjeu, conformément à la position du PS au congrès du Mans. Si le président cherchait à passer en force, le PS devra faire bloc pour rejeter une révision en catimini de notre constitution.
Ce n'est pas à la Pologne, ou encore moins à la Grande-Bretagne, dont l'ancien Premier ministre Tony Blair a sans doute négocié l'assurance d'être le prochain Président de la commission, de donner le La de la construction européenne. Maintenant que l'on sait qu'un plan B était possible, à nous de peser pour que les tenants d'une Europe sociale, resté largement silencieux, fassent entendre plus fort leur voix.
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25 juin 2007
Fadela Amara : la fin de la politique de la ville
On savait depuis 2002 que la politique de la ville était morte. Fadela Amara, qui a accepté d’en prendre la responsabilité dans le gouvernement, à la tête d’un modeste secrétariat d’Etat, vient de l’enterrer. Sans fleurs ni couronnes.
Il n’est pas ici question de contester l’importance des symboles, comme celui de Condoleeza Rice à la tête de la diplomatie américaine, ou de Rachida Dati au ministère de la Justice. La France a tant de progrès à faire pour se reconnaître dans un miroir fidèle à sa diversité, et pour élargir le vivier de ses talents. Ce que je me fais un devoir de dénoncer dans ces lignes, c’est le cynisme de ceux qui veulent faire porter à une militante associative des quartiers le chapeau de l’abandon de leurs habitants..
La droite n’a jamais cru en l’utilité d’une action publique vigoureuse en direction des quartiers populaires, et la seule mesure dont elle soit à l’origine est l’instauration en 1996 de « Zones franches urbaines » censées encourager les entreprises à s’installer en échange de coûteux cadeaux fiscaux et sociaux. Depuis 2002, elle a sciemment coupé les vivres aux associations de quartier, et supprimé la plupart des dispositifs inventés par la gauche pour promouvoir l’égalité et la réussite (ZEP, police de proximité, emplois-jeunes, etc.). Les derniers crédits servent en priorité à la démolition des tours et des barres les moins vivables, sans effort pour reconstruire ailleurs du logement social.
Cette réticence traditionnelle s’est doublée dans la période récente d’un froid calcul du Ministre - Candidat pour attirer l’électorat protestataire du Front national, qui vit mal le déclassement social et s’inquiète de la montée de la violence. Ce furent les épisodes de la « racaille », du « Kärcher » et des émeutes urbaines de l’automne 2005. De fait, Nicolas Sarkozy a profité d’un apport de voix exceptionnel en provenance de cet électorat, à peine entamé par un regain de vote à gauche dans les quartiers populaires.
Je ne fais pas à Fadela Amara un procès en incompétence, bien au contraire. Je ne lui reproche pas non plus d’être sous les ordres de Christine Boutin, militante anti-féministe, qui avait brandi la bible dans l’Hémicycle au moment du PACS. Je ne lui en veux pas d’avoir accepté un honneur, fut-ce au prix du reniement de ses convictions. C’est son choix personnel. Ce que je lui reproche c’est de participer à une entreprise de mystification politique, qui ferait croire aux habitants des quartiers qu’ils sont invités au grand banquet de la République, alors qu’ils n’en ont jamais été aussi éloignés, à l’image du Président de la République qui n’ose plus mettre les pieds en banlieue.
Fadela Amara devra tout assumer : crédits associatifs faméliques, abrogation prochaine de la loi SRU qui obligeait chaque ville à construire au moins 20% de logements sociaux ; abandon de la carte scolaire et encouragement de l’école privé ; introduction de la discrimination positive (qui est à l’égalité ce que la charité est à la solidarité) ; communautarisme assumé...
Surtout, elle accepte de se prêter à une nouvelle étape de l’entreprise de séparatisme social menée par la droite libérale, qui conduit à isoler les pauvres et ceux dont les familles ont connu l’immigration dans une sorte de « colonie intérieure », ou sous ce que Yamina Benguigui appelle un « plafond de verre ». Une société de plus en plus injuste, de plus en plus violente, comme en témoigne l’actualité.
Nous voici donc entrés dans une sorte de Star Ac géante, où la réussite de quelques uns servira à masquer la brutalité du système, ou un rêve de gloire (footballeur, rapeur ou...ministre) peut suffire à acheter le silence du plus grand nombre.
Bien-sûr, la gauche, qui porte cette volonté de justice sociale, n’a pas su inverser la tendance, et a échoué à faire émerger des symboles de cette ambition. Il n’est que de voir les résultats des élections législatives, où les candidats de la diversité ont tous été balayés, faute d’ancrage local et de volonté politique forte. Mais elle doit dénoncer ce qui s’apparente à un nouveau hold up intellectuel, pire que les emprunts à Jaurès : l’image contre le réel, les mots contre l’action, le symbole contre l’évidence. Décidemment, la politique de la ville est morte et enterrée.
Elle renaîtra demain plus fort, avec de nouveaux militants et une gauche décomplexée, sous la forme d’une puissante politique de solidarité urbaine. En espérant qu’il ne soit pas trop tard pour redonner le goût de vivre ensemble.
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19 juin 2007
Les racines de la colère
Je veux remercier les 23.000 électeurs qui m'ont apporté leur confiance (plus de 46% des suffrages), au terme d'une campagne haletante, qui s'est conclue par un recul de l'abstentionnisme et une mobilisation de l'électorat de gauche.
Je veux également remercier l'ensemble des élus, des militants et des sympathisants qui ont abattu un travail considérable au cours de cette longue campagne, très éprouvante.
Nous sommes déçus, car nous voulions gagner, pas seulement pour faire honneur à notre fédération, mais pour donner à la population un ambassadeur dont elle puisse être fière, et qui lui apporte des raisons d'espérer. Il aura fallu cette défaite inattendue aux présidentielles, et la vague bleue qui s'est logiquement ensuivie.
Comme Jean-Marie Krajewski, mon suppléant et mon ami, qui s'est dépensé sans compter, et auquel je dois notamment un résultat exceptionnel sur Berck (56%), j'ai aussi beaucoup de colère, quand on pense que ce sont les électeurs des riches villas du Touquet et des environs qui ont réussi à imposer leur point de vue au reste de la population. Beaucoup n'y habitent pas, mais savent y voter pour défendre leurs privilèges. Le Touquet (85% de voix à droite) contre Maresquel (67% à gauche) : tout un symbole
J'ai reçu de nombreux témoignages de sympathie et d'amitié, qui m'ont fait chaud au coeur et m'encouragent à enraciner mon action. Et je conviens qu'il y a beaucoup d'espoir dans ce score de 46% obtenus au 2ème tour, le même que Claude Wilquin en 1988, 6 points au dessus du score de 2002. Si nous continuons le travail, dans un même esprit de conquête et de renouveau, je vous promet la victoire en 2012.
Pour gagner dans 5 ans, il faudra préparer minutieusement les municipales et les cantonales de 2008, en mettant en place les "tickets gagnants" qui sauront transformer les excellents scores obtenus dans la plupart des cantons. Je m'y attèle dès maintenant, avec résolution et enthousiasme, dans un esprit d'équipe mais avec autorité.
Je vais donc poursuivre et amplifier mon action au plan national et local, pour redonner du souffle à la gauche et défendre à vos côtés la justice sociale et le progrès.
Je sors renforcé de ma première épreuve du feu. Colère et espoir vont m'aider à plonger mes racines au plus profond de cette terre que j'aime.
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04 juin 2007
L'avenir ne se fera pas sans toi
C'est en tant que candidat, mais aussi le président de Faut qu’on s’active !, cette belle association nationale qui encourage les jeunes à s’impliquer dans la vie de la cité, que j'ai organisé vendredi 1er juin une soirée exceptionnelle, à destination des jeunes de la circonscription, au Philae Café, rue Saint Jean au Touquet. Le but de cette soirée "l'avenir ne se fera pas sans toi" était d'offrir un temps d'expression à la jeunesse dans le débat électoral, et de prouver sa capacité à s'engager dans la vie associative, politique, syndicale, économique. L’enjeu était de montrer une autre image des jeunes et les encourager à prendre leurs responsabilités.
Un riche débat s'est improvisé avec ROST, rapeur, président de "Banlieues actives", Cédric Haution, secrétaire national du MJS, Marie Bourguignon, fondatrice de Faut qu'on s'active !, Eric Pierre, animateur du mouvement Colère noire, Alexandre Cousin, leader du mouvement anti-CPE dans le Pas-de-Calais, Riton Carbalido, comédien, metteur en scène, Romain Sibille, animateur MJS dans le Montreuillois. Ils ont pu évoquer les problèmes de la jeunesse, en ville ou en milieu rural, notamment le triste record du montreuillois pour le suicide des jeunes, et les difficultés à faire des études et trouver un emploi. Ils ont aussi montrer leur volonté de se faire entendre et de s’impliquer faire construire l’avenir.
A partir de 22h, la soirée s'est poursuivie par un concert avec ROST et des jeunes musiciens d’Etaples, Berck et Montreuil, auquel ont assisté plus de 200 jeunes, venus de tout le montreuillois, et même d'au-delà, grâce à Faut qu'on s'active et le MJS du 62, qui m'a fait le plaisir de venir en nombre. Les jeunes ont également accueilli Pascal Légitimus, qui présidait le festival du court-métrage.
Bref, que du bonheur. Cette soirée comme Le Touquet n'en avait jamais connue, dont l'enjeu dépassait largement le cadre d'une campagne électorale, m'a conforté dans ce que je crois depuis toujours : les jeunes sont prêts à prendre leurs responsabilités si on leur laisse l'espace pour s'exprimer et construire l'avenir.
Retrouvez quelques images et video de la soirée sur www.mjs62.fr
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21 mai 2007
La main sur la nuque
Quelle mouche a bien pu piquer Bernard Kouchner, qui était il y a quelques jours encore en campagne contre Nicolas Sarkozy, contre lequel il n'avait pas de mots assez durs ?
J'ai eu la chance de connaître Bernard Kouchner, qui m'a soutenu dans l'action de mon association, et pour lequel j'avais le respect que l'on doit à une figure qui a illustré dans le monde la vitalité des idées de la gauche "droitsdelhommiste", dont Sarkozy était le plus virulent détracteur.
Comme quoi, mai 68, vilipendé pendant les meeting de l'UMP, a encore une utilité, lorsqu'il s'agit d'en débaucher les symboles pour un bol de riz. Au moins Dany le rouge n'a-t-il pas encore franchi le pas, puisqu'il s'arrête à François Bayrou.
C'est vrai que quand Bernard Kouchner, avec d'autres amis philosophes issus de la même école de pensée, a défendu l'intervention américaine en Irak, j'ai eu mes premiers doutes.
Finalement, je trouve plutôt triste qu'un tel parcours finisse dans la compromission politico-médiatique, non pas tant pour les Français, qui ne sont pas dupes, mais pour son image dans le miroir, le matin en se rasant.
Sait-il seulement que sa nomination est une basse manoeuvre pour essayer de faire perdre la gauche, et enclencher alors le train de réforme le plus libéral de notre histoire, pour aligner son développement sur le modèle anglo-saxon ? Sera-t-il encore là quand il s'agira de raccompagner les parents des enfants scolarisés dans un charter, au nom de l'identité nationale, quand la carte scolaire sera supprimée, quand la sécurité sociale sera privatisée et franchisée, quand la solidarité urbaine sera enterrée, quand le droit du travail sera défait ?
Adieu, Bernard, l'histoire te jugera sévèrement.
Observe bien la petite main de Douste-Blazy sur ta nuque. Tu n'en as cure, dans l'ivresse de ta vanité enfin comblée. L'ironie serait que les Français choisissent le 18 juin d'arrêter là ce beau parcours, auquel il ne manquait qu'une seule chose : l'élection au suffrage universel.
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14 mai 2007
C'est malte parti !
Je connaît le poids des symboles en politique et je l'affirme, cette image restera gravée dans la tête des électeurs. Un président nouvellement élu par le peuple qui fête la victoire au milieu de ses amis du CAC 40 dans un grand hotel parisien, avant de partir en croisière sur le yacht d'un milliardaire, tandis que l'exilé fiscal le plus célèbre annonce son retour en France, quel programme !
A ceux qui ont cru le temps d'une campagne que Nicolas Sarkozy était le candidat de la France du travail, ils ont la démonstration éclatante que c'est la France des héritiers qui a gagné.
Il ne s'agit pas d'une erreur de communication, mais plutôt d'une première leçon de capitalisme, donnée avec un cynisme absolu. Il va falloir que les Français se fassent à l'idée que l'argent peut faire bon ménage avec la politique, que les parachutes dorés des patrons n'ont rien de choquant. C'est cela le rêve français promis par le candidat, vague reprise du rêve américain qui permet à la majorité des petits de tolérer la morgue des quelques grands, en espérant vainement en être demain.
Je ne crois pas que le message puisse passer en France, ce pays épris de justice sociale. Je ne crois pas à la droitisation de la société et à l'obsolescence de l'idéal de la gauche. Auc brebis égarées de la gauche, depuis Besson jusqu'à Kouchner et Tapie en passant par Védrine et Allègre, je dis qu'ils ne trahissent pas seulement leur camp et leurs idées, mais qu'ils insultent l'espoir de millions de citoyens qui espèrent encore un monde plus juste.
Certes, Sarkozy a réussi le tour de force de passer pour le candidat de la rupture. Certes, la gauche a perdu l'élection imperdable qu'on nous promettait. Le temps des explications viendra, et je donnerai aussi mon avis. Mais une chose est sûre : le chemin de la victoire n'est pas celui qui mène à la soupe. Notre pays n'a jamais eu autant besoin de la gauche, qui reste la seule idée d'avenir pour que l'économie toute puissante ne broie pas les hommes et les femmes qui la font tourner.
Avec cette image en tête, j'ai la conviction que beaucoup d'électeurs découvriront le vrai visage du rêve français, qui est un cauchemar pour le plus grand nombre. Les élections législatives seront l'occasion d'opposer au "bouclier fiscal" pour les plus riches un "bouclier social" pour les autres.
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03 mai 2007
Audace contre brutalité
La presse est unanime. La pugnacité de Ségolène Royal lui a permis de marquer des points dans l'opinion, sur la crédibilité et la sincérité. A ceux qui ne la connaissent pas bien, elle a montré sa force de caractère peu commune.
Nicolas Sarkozy, qui jouait le match nul pour préserver son acquis dans les sondages, a été largement bousculé, à force de surjouer l'homme tranquille. La ride apparue sur son front à la fin de l'émission, son incapacité à regarder les téléspectateurs dans les yeux, cherchant secours auprès de PPDA, son départ précipité du plateau télé, voici autant de signes d'une prestation décevante.
Au-delà de l'anecdote et du choc des personnalités, les Français auront eu droit à un grand débat politique. Deux projets, deux visions se sont clairement affrontés, avec d'un côté la réforme négociée pour refonder notre modèle économique et social, et de l'autre le passage brutal à un système à l'anglo-saxonne qui n'apporte que précarité, inégalités et violence.
Je suis heureux que Ségolène ait réussi à creuser la différence sur la question de la scolarisation des enfants handicapés, si sensible sur notre territoire. Je comprends sa colère froide, car il y a quelque indécence à promettre de faire ce que l'on a défait pendant les 5 dernières années, et beaucoup de cynisme a vouloir utiliser la détresse des familles concernées.
Les convaincus n'auront peut-être pas changé d'avis. Encore que je n'ai pas le sentiment que tous les électeurs de Nicolas Sarkozy du 1er tour aient eu conscience que c'était le candidat du pouvoir en place, comptable d'un bilan calamiteux. Je pense en tout cas que les derniers indécis pencheront du côté du volontarisme et de l'audace, plutôt que de la brutalité. L'enjeu déterminant est de convaincre tous les électeurs d'aller voter, car compte tenu de son avance, celui qui vote blanc ou s'abstient contribuera à l'élection de Nicolas Sarkozy.
Je serais fier que la première femme présidente de la République soit une socialiste. Nul doute que ce sera un évènement au retentissement planétaire, qui redonnera à notre pays un peu de son lustre, en Europe notamment, pour convaincre les peuples qu'un autre monde est possible.
Retrouvez la conclusion du débat sur http://www.dailymotion.com/video/x1vp5g_segolene-conclusi...
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02 mai 2007
1er mai
J'ai choisi de passer le 1er mai avec les anciens salariés licenciés de Maresquel, dont je vous parle souvent, et pour lesquel la fête du travail avait un goût particulièrement amer
A ma manière, j'ai voulu rendre hommage à ceux qui ont donné tant d'années à leur entreprise, et qui se retrouvent aujourd'hui à la rue, assigné par un huissier parce qu'ils estiment avoir des droits sur leur outil de travail.
J'ai été très ému par la cérémonie de remise des médailles du travail organisée par le syndicat avec Alain Decaudin, le maire de Maresquel, sans représentant de l'Etat ou de l'entreprise. International Paper a même refusé de fournir les noms de ceux qui pouvaient y prétendre. Comme s'ils étaient des travailleurs clandestins. Comme si toutes ces années étaient passées par pertes et profit, dans une ligne comptable quelque part près de Memphis, Tennessee
J'ai admiré la sérenité et la force avec laquelle les papetiers ont reçu cet ultime hommage à leur travail, sans larmes ni colère. Ils méritent notre respect et notre soutien.
Vraiment, quelque chose ne tourne pas rond, et la machine économique est devenue folle. Il est temps de reprendre un peu de pouvoir sur nos vies. Pour que le "village gaulois" de Maresquel devienne la capitale de l'espoir retrouvé.
Il reste peu de temps aux électeurs pour éviter le pire...
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Le baiser de Judas
J'ai été choqué, comme beaucoup, à gauche comme à droite, par la trahison d'Eric Besson, ancien secrétaire national du PS, passé avec armes et bagages à l'UMP en cours de campagne.
Je l'ai connu il y a quelques années, quand je travaillais aux côtés de Claude Bartolone, quand il présidait la Fondation Vivendi de son grand ami Jean-Marie Messier. Eric Besson revendiquait alors sa connaissance du monde de l'entreprise, mais nous pensions qu'il était surtout l'homme des lobbies, de toutes les influences.
Je l'ai cotoyé ensuite semaine après semaine au bureau national du PS, où il était l'un des plus agressifs à l'égard de Nicolas Sarkozy, et lui avait même reproché, à la stupéfaction de tous, d'être "un néo-conservateur américain à passeport français". Sans que personne ne l'y oblige, mais avec un sentiment partagé qu'il en faisait trop. J'ai assisté à sa rupture en direct, sans y attacher beaucoup d'importance, compte tenu du poids réduit qu'il exerçait dans la direction nationale du PS. J'ai trouvé que les médias nationaux en faisaient trop sur son cas.
Le voir aujourd'hui assister aux meetings de Nicolas Sarkozy, et même le conseiller pour son débat avec Ségolène Royal, le voir menacer de révéler je ne sais quel secret d'Etat, tout cela me révolte. Comment voulez-vous réhabiliter la politique, quand vous mettez à l'honneur la désertion et la trahison ? Tout çà pour découvrir sans doute dans quelques mois le dessous des cartes, avec peut-être à la clé un poste de PDG d'une grande entreprise négocié secrètement.
Je pense que la politique répond à un code d'honneur, et que l'on doit rester en toute circonstances fidèle à son idéal et à ses convictions, même dans la tempête. Accréditer l'idée que les moyens justifient la fin, que les idées ne sont là que pour servir les ambitions, mettre en valeur les Brutus d'opérette, tout cela contribue à jeter le discrédit sur la noblesse du combat politique.
Moi je ne trahirai jamais mes idées ni ceux qui m'ont fait confiance. La politique est parfois rude. Il faut avoir le cuir solide et ne pas craindre le rapport de forces. Mais tous les coups ne sont pas permis. La politique sortirait grandie sans la bassesse, les coups en douce, le double langage de certains.
Je connais et respecte des hommes et des femmes de droite, dont je ne partage pourtant pas toutes les opinions. Il faut savoir dialoguer, trouver des majorités d'opinion parfois, travailler ensemble quand l'essentiel est en jeu. Mais ne jamais céder sur ses propres convictions.
Même les militants de l'UMP ont été gênés par le numéro d'autocritique stalinienne de Besson, qualifié de "Judas" par Nicolas Sarkozy. Je suis sûr qu'il ne portera pas bonheur à ceux avec qui il s'affiche...
Il faut dire que Nicolas Sarkozy n'a jamais hésité à trahir ceux à qui il doit sa propre ascension. Quand l'exemple vient de haut...
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24 avril 2007
Le vote socialiste à des niveaux historiques
Ce premier tour de l'élection présidentielle a été une fête de la démocratie, avec une participation record et un recul de l'extrême droite. Que les électeurs en soient remerciés, particulièrement ceux qui ont fait confiance à Ségolène Royal. je comprends la déception de ceux dont le score ne répond pas à leur attente, mais ils ont d'autres raisons d'espérer le changement :
1. le vote socialiste retrouve ses niveaux historiques, grâce à une poussée sans précédent du nombre de votants pour le PS. Ce que l'on observe partout en France, et plus particulièrement dans les villes populaires (en banlieue parisienne, dans le Pas-de-Calais), c'est que le recul de l'abstention a largement profité au vote socialiste. Dans ma circonscription, il dépasse même les scores exceptionnels des régionales de 2004, et double parfois le score de 2002, comme à Maresquel, dont je vous parle souvent pour son combat symbolique pour l'emploi ;
2.le discours de Nicolas Sarkozy a pu capter une partie de l’électorat protestataire, mais çà ne durera pas, s’agissant du candidat officiel d’une majorité sortante dont le bilan est calamiteux. La tromperie ne durera pas, j'en ai la certitude. L'électorat de la colère et du desespoir ne peut faire durablement confiance au candidat du pouvoir et des forces de l'argent ; 3. le score important de François Bayrou atteste d’un rejet du projet libéral et des valeurs véhiculées par Nicolas Sarkozy. Dans les villes ancrées à droite, la baisse du vote protestataire s'accompagne aussi d'une montée du vote centriste. Au Touquet par exemple, l’électorat centriste a doublé depuis 2002 et l’électorat socialiste a augmenté d’un tiers ;
J’appelle donc tous les électeurs à soutenir Ségolène Royal et la gauche au second tour pour permettre le vrai changement dont la France a besoin, et non la continuation brutale de l’œuvre du gouvernement actuel.
Après le 6 mai s'ouvrira un autre débat, à l'occasion des législatives. Dans ma circonscription, je pourrai m'appuyer sur les bons scores de la candidate, mais l'enjeu sera essentiellement local, s'agissant de la succession probable de Léonce Deprez comme député. Ma responsabilité et celle de mon suppléant Jean-Marie krajewski, avec lequel nous formons un "ticket gagnant", sera alors de rassembler le plus largement possible, pour construire un avenir plus souriant.
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