27 septembre 2007
Euthanasie : le faux débat
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Les progrès de la médecine permettent de maintenir artificiellement la vie, dans la quasi-totalité des cas, d'autant que la majorité des décès se fait aujourd'hui en milieu médicalisé. L'activisme médical mène parfois à de véritables catastrophes humaines, comme si l'enfer était pavé des meilleures intentions. Tracer les limites entre soins proportionnés et acharnement thérapeutique, interdit par le code de déontologie médical, est devenu un exercice délicat. A l'inverse, il est encore plus difficile de faire la différence entre "laisser mourir" ou "faire mourir". Quand un médecin "débranche" par exemple un respirateur artificiel ou une sonde gastrique, ou qu'il force les doses de morphine, comme la loi l'y autorise, on ne parle que de "laisser mourir" alors qu'il s'agit bel et bien d'un acte abrégeant délibérément une vie que l'on aurait pu encore prolonger. Est-ce moins humain d'aider un patient condamné à partir un peu plus tôt à sa demande et sans souffrance, ou de fermer la porte sur un malade que l'on laisse étouffer ou mourir de faim ou de soif, contre sa volonté et sous le regard de sa famille ?
Ces différentes notions n'ont souvent que peu de sens pour la majorité des médecins, confrontés à la fin de vie, et qui font de leur mieux pour atténuer les souffrances et écouter leurs malades, avec le personnel et les bénévoles. L'euthanasie clandestine existe, bien entendu, chaque observateur de bonne foi pourra le reconnaître, mais les médecins ont désormais peur de la pratiquer. C'est l'un des effets inattendus de la loi Léonetti sur le "laisser mourir", avec la première condamnation de l'histoire d'un médecin devant les assises de la Dordogne, à la demande du parquet. Le médecin avait abrégé de quelques heures les souffrances intolérables d'une patiente en fin de vie, selon les voeux de cette dernière.
Je suggère donc de sortir des positions tribuniciennes, d'arrêter l'hypocrisie générale, et de s'attarder sur la souffrance des malades et de leurs familles, qui sont aujourd'hui parfois sans solution. C'est pourquoi l'association citoyenne Faut qu'on s'active ! défend avec Marie Humbert l'idée d'une loi Vincent Humbert dépénalisant "l'exception d'euthanasie", pour développer à la fois les soins palliatifs, sous-dotés en France, et permettre dans certains cas limités et à la demande du patient d'abréger des souffrances irréfragables dans le respect de la volonté du patient. Cette proposition, qui reçoit un écho considérable dans la population, aurait l'avantage pour les uns de ne pas légaliser l'euthanasie, encore moins le suicide assisté, et pour les autres d'ouvrir un chemin étroit et balisé vers la liberté.
D'autres pays ont ouvert ce chemin, plus ou moins largement, par la loi ou la jurisprudence, en toute transparence. D'autres suivront, dont la France, au nom du bon sens et de l'urgence qui doivent prévaloir quand la souffrance et la vie sont en jeu, lorsque les politiques auront trouvé le courage de légiférer. Nous regretterons alors ce temps perdu en vains débats, tandis que d'autres Vincent Humbert souffrent dans l'indifférence.
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25 septembre 2007
L'impasse ?
On parle beaucoup ces derniers jours du livre de Lionel Jospin, présenté par toute la presse comme un "réquisitoire anti-Royal" où il régle ses comptes.
Comme je n'aime pas que l'on lise les livres pour moi, et que je respecte Lionel Jospin, qui a été un vrai patron au PS et un grand Premier ministre, alors je l'ai acheté, et là, surprise.
Bien sûr, il a des mots peu amènes pour notre ex-candidate, et je suis toujours gêné par les attaques qui visent les nôtres, mais il est resté silencieux pendant la campagne pour ne pas la gêner, et c'est tout à son honneur. Je n'y reviens pas.
Par contre, son livre contient beaucoup d'analyses utiles pour la reconstruction du PS et de la gauche, qui méritent qu'on s'y attarde. Lionel dit par exemple que ce fut une erreur de ne pas valoriser davantage au cours de la campagne le bilan de son gouvernement, de 1997 à 2002. Je crois qu'il a raison. Non pas tant pour son amour-propre blessé, mais parce que cela aurait permis de comparer le bilan de la gauche à celui de la droite, de 2002 à 2007, et d'attaquer Sarkozy sur son bilan gouvernemental, lui qui fut ministre d'Etat et président de l'UMP au cours de cette période. Nous aurions ainsi évité cette mystification incroyable qui a permis à Sarkozy de se faire passer pour le chantre de la rupture, alors qu'il était comptable d'un gouvernement impopulaire.
Autre réflexion intéressante, sur le devenir de la gauche. Prenant acte du délitement de la gauche plurielle, première cause selon lui de la déflagration du 21 avril 2002, il encourage les socialistes à bâtir un grand parti de la gauche en placant notamment l'extrême gauche devant ses responsabilités, pour ne plus qu'elle fasse le jeu de la droite.
Au total, je trouve que le livre de Lionel Jospin est une contribution utile au débat, qui mérite qu'on s'y attarde. Il encourage les socialistes à travailler sur le fond, plus qu'il ne l'ont fait avec François Hollande (qui en prend aussi pour son grade pour ne pas avoir réussi à s'imposer comme le candidat naturel, au bout de 10 ans). Au travail, donc, camarades !
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18 septembre 2007
Bonjour François
Ce samedi se tenaient les "Grands chantiers du Pas-de-calais", la rentrée annuelle de la Fédération, qui ont relativement peu mobilisé les militants. J'ai ressenti une réelle inquiétude de ces militants fidèles, qui déplorent que la polyphonie nationale empêche de dénoncer d'une voix forte les projets du gouvernement, et qui doutent de la crédibilité des "rénovateurs" auto-proclamés.
La rénovation du PS ? Partout dans les ateliers, les militants parlent plutôt de réaffirmer nos valeurs de gauche auprès de la population et de travailler encore et toujours à l'unité du Parti.
L'atelier n°1 sur les territoires, que j'animais avec Jean-Marie Alexandre (MRC), a permis des échanges intéressants sur l'avenir de la décentralisation, qui peut conduire à une mise en concurrence généralisée des territoires et de leurs populations, si l'Etat se refuse à jouer son rôle de régulation. Comme en Belgique, l'unité de notre pays risque de voler en éclat, à mesure que les inégalités territoriales progressent.
Cette évolution peut s'avérer un piège mortel pour nos collectivités. Confrontées à une demande sociale importante, elles ne disposent pas des mêmes moyens que leurs homologues des régions les plus riches, sauf à augmenter de manière déraisonnables les impôts, qui reposent sur une base plus faible. Les inégalités ne peuvent que progresser, à ce rythme, à l'image des écarts d'espérance de vie, qui en sont la plus scandaleuse illustration. Les outils de péréquation en matière de santé, mis en place par Martine Aubry, ont été immédiatement démantelés, dès l'arrivée de la droite au pouvoir.
Notre fédération est mieux placée qu'aucune autre pour porter ce message très politique, mais elle n'a pas toujours été entendue, comme l'a gentiment rappelé Serge Janquin à François Hollande, venu à Wingles "dire bonjour" plutôt que "faire une tournée d'adieux".
On ne peut pas se résigner à perdre toutes les élections nationales, en se consolant de la confiance renouvelée dans nos élus au plan local. Il n'est pas interdit de rêver que la fédération historique du Pas-de-Calais, qui sait s'unir quand l'essentiel est en jeu, donne le ton de la reconstruction du PS et de la gauche.
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07 septembre 2007
Tolérance zéro contre la glandouille gouvernementale
« Tolérance zéro contre la glandouille de la jeunesse ». C’est l’objectif que s’est fixé Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la politique de la ville, pour son futur « plan banlieue », dont elle a levé un coin de voile au conseil des ministres de Strasbourg. Parmi d’autres mesures, on y apprend qu’elle entend régler le problème des quartiers en « coachant » les jeunes qui veulent s’en sortir, en favorisant l’accès à internet dans les quartiers, en instaurant une « journée d’éducation au respect » et en créant une « légion d’honneur des quartiers ».
On croit rêver. Il n’est pas question ici de contester la compétence de Fadela Amara, qui s’est illustrée dans un beau combat associatif avec son association « Ni Putes Ni Soumises ». Ni même son choix politique de rejoindre un gouvernement ne correspondant pas à ses idées, à l’image de sa ministre de tutelle, l’intégriste catholique Christine Boutin. C’est son affaire.
L’avenir des quartiers populaires est une des questions majeures qui se posent à notre société. La ghettoïsation de nos villes est le nouveau visage des inégalités et la source de l’ultra-violence qui nous gagne. S’occuper de la « politique de la ville » est donc une lourde responsabilité, même pour un secrétaire d’Etat, dans un gouvernement pour qui ce n’est pas une priorité. Son rôle est d’abord politique, pour témoigner de l’importance de cette question, représenter les 6 millions d’habitants directement concernés, obtenir des arbitrages politiques et budgétaires, peser sur les grandes politiques ministérielles, susciter l’espoir.
Curieusement, et alors même qu’elle dispose de nombreux relais médiatiques et d’une indulgence générale, Fadela Amara est restée silencieuse depuis sa nomination. Pas un mot sur les grands choix gouvernementaux, l’abandon de la police de proximité, les conséquences de la franchise médicale pour les plus démunis, la montée préoccupante de la violence et des rixes entre bandes, la suppression de la carte scolaire et les réductions d’effectif dans l’Education nationale, la réforme du code du travail, les peines-plancher, les expulsions de sans-papiers, etc. Ce serait facile d’ironiser sur son activité principale, qui semble être de répondre à son blog, largement censuré pour éviter les critiques, et qui rassemble une gentille communauté d’internautes qui trouvent vraiment que Fadela est super sympa pour une ministre.
Moi çà ne me fait pas rire. Jamais la politique de la ville n’était tombée aussi bas. Le précédent gouvernement l’a totalement démantelée, à l’exception de l’autocratique Agence nationale de rénovation urbaine, qui conserve les crédits destinés à démolir les barres et les tours, sans reconstruire autant de logements pour les familles concernées. Je me refuse à croire que la nomination symbolique d’une militante issue des quartiers n’était qu’un coup de com’, destiné à cautionner l’abandon définitif de l’objectif de mixité sociale dans notre pays.
Les acteurs de la politique de la ville attendent avec impatience les premières annonces du « plan Marshall pour la banlieue », sans cesse repoussé. Dans un esprit républicain, et parce que la situation est grave, il faut souhaiter que Fadela Amara obtienne autre chose que des mesures symboliques et dérisoires, au regard de l’enjeu. Chacun pourra juger sur pièce, car dorénavant, ce sera « tolérance zéro contre la glandouille gouvernementale ».
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05 septembre 2007
Rénovation ou reconstruction ?
J'ai rarement connu ambiance aussi studieuse à l'Université d'été du Parti socialiste. Forte affluence militante à l'espace Encan, moindre foire aux vanités devant le restaurant "Chez André".
J'ai moi-même planché dans mon atelier sur la "fracture géographique", avec notamment Serge Janquin, à partir d'une analyse intéressante du démographe Hervé Le Bras sur la France électorale de 2007. Villes/campagnes ; quartiers populaires/centre villes et zones pavillonnaires ; conséquences du vieillissement et de la désindustrialisation : il y a beaucoup à dire sur les conséquences électorales de ce que j'ai appelé "la grande centifugeuse", qui fait que certaines populations et certains territoires se sentent durablement en marge du mouvement social et adoptent des comportements électoraux identitaires.
J'ai utilisé l'exemple des quartiers populaires (mouvement d'inscription des jeunes, vote massif pour notre candidate au 2ème tour) pour montrer que la gauche pouvait à certaines conditions retrouver une légitimité protestataire. Il reste un gros travail pour transformer ce qui est largement apparu comme un vote de rejet en adhésion au projet politique de la gauche. Les municipales doivent être l'occasion de transformer l'essai, ce qui impose notamment que les quartiers populaires se sentent davantage représentés dans le personnel politique, notamment ceux dont les familles ont connu l'immigration.
Mais le principal est bien entendu de faire du projet socialiste le creuset des aspirations des quartiers les plus populaires, en portant très haut la revendication de davantage de solidarité urbaine et d'égalité des territoires. J'ai parfois l'impression de ne recueillir qu'un assentiment poli, alors qu'à mon sens la ghettoïsation de nos villes et la marginalisation de certains territoirse est l'une des questions les plus graves qui se posent à notre société et à notre modèle de pensée. J'ai écrit dans le dernier numéro de la Revue socialiste un long article sur "La ville, archipel du goulag social", qui dénonce la relative indifférence dans laquelle la droite poursuit son projet caché de séparation des populations.
Les commentateurs sont repartis déçus de La Rochelle, se contentant de relever la discrétion des rénovateurs auto-proclamés en matière de propositions de fond, en dehors de quelques provocations droitières, et l'accueil houleux réservé par les militants aux pamphlétaires récidivistes. Alors plutôt que de rénovation, je préfère parler de reconstruction du PS et de la gauche, sur le terrain des idées et des valeurs. Après trois défaites successives à la présidentielle, il est temps de se mettre au travail !
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29 août 2007
bourrelets et ceinture
A vous alliez voir ce que vous alliez voir nous promettait le chantre du "travailler plus pour gagner plus"
100 jours après, on a vu. Vacances pour les uns, ceinture pour les autres.
Certains sont partis le portefeuille lesté, pour des vacances au soleil, désormais protégés du matraquage fiscal par un épais "bouclier". Les plus heureux se sont même fait payer leurs vacances par de généreux bienfaiteurs, et corrigé les bourrelets par des amis prévenants
D'autres (les plus nombreux) sont restés chez eux, avec une météo pourri, les poches vides, mais avec l'assurance de jolies photos dans la presse people, et priés de se contenter des moulinets contre la récidive.
Comme si çà ne suffisait pas, les mauvaises nouvelles s'accumulent pour la rentrée : franchises médicales (4 euros par mois pour commencer), prix à la hausse (pain, essence, électricité libérée, gaz en fusion...), loyers et crédit toujours plus chers.
En plus, il faudra bientôt passer à la caisse pour payer les libéralités du gouvernement, et voilà qu'arrivent la TVA sociale, les impôts-plancher (c'est nouveau), les suppressions de postes de fonctionnaires...
Espérons qu'à l'Université d'été du PS à La Rochelle, où je me rends sans entrain particulier, nous sonnerons le réveil de l'opinion. Puisque tout va vite avec Sarkozy, qui annonce déjà au bout de 3 mois un second souffle (de nouveaux cadeaux en perspectives lors de l'Université du MEDEF), je propose d'accélérer la fin de l'état de grâce et le renouveau de la gauche
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21 août 2007
La franchise des lâches
On avait beau s’y attendre, c’est quand même un peu gros. Un décret paru le 2 août officialise la franchise médicale, l’une des mesures emblématique du nouveau gouvernement. En pleine torpeur estivale, et pour les accros qui s'intéressent encore à l'actualité, rendue nécessaire par le financement de la lutte contre le cancer, le plan Alzheimer, et les soins palliatifs. Le tout est joué !
« Qui ne peut pas payer 4 euros par mois ? » C’est tout ce que Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé a trouvé pour justifier cette nouvelle franchise médicale (0,5 euro par boîte de médicament et par acte para-médical, 2 euros par transport d’ambulance, dans la limite de 50 euros par an). D’abord, je suis prêt à faire rencontrer à Bachelot des familles qui sont à 50 euros près. Ensuite, chacun garde en mémoire que le candidat avait promis de réévaluer chaque année le montant de la franchise en fonction des comptes de la sécurité sociale. Le plus important n’était donc pas d’afficher un montant ambitieux, de toutes façons sans rapport avec le déficit de la branche maladie, largement plombé par les cadeaux faits par le gouvernement depuis quelques années à ses amis médecins libéraux, mais d’acter le principe d’un nouveau financement reposant sur l’usager de santé.
"L’assurance maladie solidaire en danger" ! C’était le cri d’alarme lancé avant les présidentielles par trois médecins généralistes, Christian Lehmann, Philippe Sopena et Martin Winckler, auteurs d’un Appel contre la franchise Sarkozy, que je vous invite à signer. "En matière d’assurance maladie l’UMP et Nicolas Sarkozy ont une idée fixe : l’augmentation des dépenses de santé, ce serait d’abord et avant tout la faute des patients. Il faudrait donc les « responsabiliser », c’est-à-dire les pénaliser financièrement pour « qu’ils consomment moins », ou, au minimum, pour que "la Sécu rembourse de moins en moins," expliquent nos lanceurs d’alerte. A quoi cela rime-t-il, quand "environ 70% de la dépense totale est le fait de 10% de patients qui sont atteints de lourdes pathologies, parfois en fin de vie, et à qui on ne demande guère leur avis quant aux soins dont ils sont l’objet, comme le rétablit l’Appel ? Et dont la seule « responsabilité » serait de décider de ne plus se soigner. Est-ce la société que l’on veut ?".
L’Appel mettait en garde contre une véritable régression sociale : "Dans son principe même, une franchise d’un montant identique pour tous pèsera différemment selon les revenus. C’est la fin d’un système d’assurance maladie solidaire dans lequel chacun cotise selon son revenu et qui protège, équitablement, les individus en bonne santé et les malades. On quitte la logique de la solidarité pour celle de l’assurance privée". Il souligne qu’elle menace l’accès aux soins des plus modestes, dénonçant "des effets dramatiques pour les patients aux faibles revenus, mais pas assez pauvres pour en être dispensés. Certains d’entre eux amputeraient leur train de vie modeste pour pouvoir accéder aux soins. D’autres tenteraient de les retarder, y renonceraient. (...) il faut dissuader de se faire soigner pour des maladies apparemment moins sévères (celles qui, non soignées, peuvent justement s’aggraver) et bien évidemment pour les actes de prévention que l’on croit toujours pouvoir « reporter » à plus tard. L’inverse d’une politique cohérente de santé publique."
Voilà bien l’engrenage dans lequel la droite veut nous faire mettre le doigt. De façon d’autant plus méprisable que discrète, honteuse, cachée...
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14 août 2007
Censure sur le blog de Fadela Amara
Le post censuré :
votre président a dit : "la France, aimez-la ou quittez-la". Copyright Le Pen : c'est du vol pur. S'il s'appliquait la formule à lui-même, ça fait longtemps qu'il serait parti. Moi j'ai vécu des années de galère dans ce pays mais surtout l'avenir n'est pas radieux, depuis le 6 mai : ça promet, on n'en est qu'à l'apéro. J'ai travaillé déjà 36 ans - fait des tonnes d'heures sup jamais rémunérées - on m'a volé ma retraite en 2003, on me vole la sécu tout en m'obligeant à cotiser et à payer toujours plus (la Fr ne transpose de Bruxelles que ce qui arrange l'Etat et les riches, quand ça pourrait améliorer notre quotidien, l'environnement, la maltraitance des animaux, c'est toujours NON. Bien sûr, le monopole de la sécu, c'est l'exception française. Pire : X. Bertrand menace de fortes amendes et de prison ceux qui inciteraient à ne plus cotiser ! On n'est libéral que quand ça enrichit Pinault, Dassault, Bouygues, Bolloré...). Maintenant on vole même les motos des motards qui ont commis un délit de TGV : elles sont revendues aux enchères au profit de l'Etat. Incroyable ! du racket légal. Et LA DOUBLE PEINE ! Celle-là même qui était combattue par les assoc. qd un grand délinquant était expulsé après avoir purgé sa peine de prison. Là, tu te prends une super amende, ton permis t'est retiré, et en plus on te vole ton véhicule. Après le monopole de la contrainte légitime, le mensonge légitime, ce pays pratique le vol légal !!!!!!
Marre de vivre dans le pays le plus cher d'Europe, avec un niveau de vie en train de tomber sous la Grèce, l'Espagne et le Portugal. Marre des restrictions de libertés, graves et qui s'aggravent de jour en jour. Marre d'un pays où on bosse comme un malade juste pour survivre. Où une vie entière de travail ne me fera jamais avoir ni une maison (je ne suis pas naïve, Sarko, la "France de propriétaires" ... pas à mon âge !) ni même une belle bagnole. Ou bientôt après l'empreinte du doigt on nous prendra celle de l'iris. Où on ne sait construire que des prisons, et pas des HLM. Marre de l'invasion de radars et de caméras vidéo, c'est tout ce qui marche (avec la police et le fisc), pendant que nos ascenseurs sont en panne 15 j/mois. Marre de ne pas pouvoir se faire soigner - les yeux, les dents, les veines, la peau, pendant que des retraités se vautrent dans la boue à Dax et sont pris en charge (unique au MONDE, mais c'est un lobby), marre des franchises sur le peu de remboursements avec des cotis trop élevées. Honte des discours de "l'homme blanc" en Afrique, du néo-colonialisme bien pire que le colonialisme, que nous finançons pour que le profit retombe dans les poches des grandes familles : que nous payons parfois avec notre fric, parfois avec notre sang (Côte-d'Ivoire, le plus récemment). Marre d'un pays qui prétend que le Kosovo doit être détaché de la Serbie, quand on nous affirme que chez nous, il n'y a qu'un seul peuple : pas de peuple corse, pas de peuple breton, pas de peuple basque, pas d'Antillais, pas de Mahorais... Mensonges, qu'on a établis à coup de dictature : seul un Etat fort, tyrannique, a pu écraser et écrase encore tous ces peuples, cependant qu'il aide les velléités d'indépendance des voisins, quelle morale ! et ça marche, le pire, bien sûr, une coalition de 19 (en 99, pire aujourd'hui), l'OTAN, qu'on nous fait bouffer dans un projet de constitution odieux (alors que l'appartenance à l'OTAN ne figure ni dans la constitution de 58, ni même dans celle des US !!!), l'OTAN guerrier bouffeur de sang et rouleau compresseur du monde. Marre de l'assaut de pseudo-libéralisme assorti d'un anti-humanisme décomplexé : il est de bon ton, en plus de ne pas complexer au sujet de l'esclavage ou de la colonisation, d'être pro-fourrure et de ne pas s'attendrir sur ces animaux qu'on écorche vifs pour le plaisir de quelques riches sans scrupules, quant aux anti-corrida, ils peuvent aller se rhabiller, ce n'est pas de la barbarie, c'est du traditionnel, comme le béret et la baguette. Même : il n'y a qu'en France qu'augmentent les offres d'emploi d'expérimentateur animalier, mon Dieu, protégez-nous de la barbarie croissante de cette France dite "des droits" - des droits de QUI ?
Vous l'aurez compris, je ne veux rien de précis pour aucune ville, ni pour ce pays, qui m'a volé ma vie. Ce que je voudrais, comme beaucoup qui ne le peuvent : c'est PARTIR. Comme c'était proposé dans l'assertion Sarko volée à Le Pen. On donne bien des aides au départ aux étrangers qu'on expulse. Pourquoi ne pas nous aider à f... le camp une fois pour toutes, d'un pays dont on n'attend plus rien, à qui on a donné mais qui nous a pris et nous prend sans cesse ? Le sang est déjà pris, on passe à la moelle... Nombre d'économistes conviennent de la nécessité de racheter les avantages acquis quand les chocs sont aussi brutaux. Pourquoi ne pas nous dédommager quand en 2003 on est passé brutalement de 37 annuités 1/2 à 41, 42 bientôt 45 ! ? Quand on ne fait que verser, pour aucune contrepartie. Quand on devait aller dans le mur avec Ségo, tout était dit. Maintenant on va dans le mur avec Sarko, qui attend nettement qu'on se chope chacun son petit cancer citoyen pour crever et ne pas profiter de quelques années de retraite, et plus personne ne moufte. A l'étranger, on veut bien d'un Français à une seule condition : qu'il ait du FRIC. A quand, pour nous, un asile politique ou économique ? Celui qui s'accroche au réacteur d'un avion, pour peu qu'il arrive ici, aura un minimum de prise en charge. Nous, si on fait ça, sans argent, on est mort dans le pays d' "accueil".
Pitié, on n'en veut pas de votre France rance, où "liberté égalité fraternité" - c'est vrai qu'ils avaient un p... de plomb dans l'aile ! - ont été remplacés sans coup férir par "travail famille patrie" et une régression sociale sans précédent depuis 1940. De plus, on le sait, on va à la faillite, nous les petits et les moyens n'aurons pas de quoi compenser les énormes cadeaux faits à la France d'en haut et qui plombent durablement le budget, augmentant la dette à un moment où les taux d'intérêts grimpent, et où l'effet "boule de neige" sera plus désastreux que jamais. AIDEZ CEUX QUI LE VEULENT A PARTIR, PITIE... ET SANS CONDITION D'AGE; je connais des flopées de jeunes qui ne rêvent que de partir, ils n'ont pas de fric, ont peur parce qu'ils ne parlent pas anglais. Moi j'ai 56 ans, encore plus de 10 ans à travailler, certainement jusqu'à la mort, plus aucun espoir, et je suis pourtant prête à repartir bosser n'importe où ailleurs (je sais qu'en France ou ailleurs je devrai à présent bosser jusqu'à ma mort, si je ne veux pas finir sous une tente), je suis même prête à apprendre une langue étrangère s'il le faut.
PITIE, Fadela Amara, parlez-lui, QU'IL NOUS AIDE A PARTIR !!!! Puisqu'il l'a proposé. Qu'il nous suffise de dire qu'ON NE L'AIME PLUS, CE PAYS. Merci d'avance.
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19 juillet 2007
L'été meurtrier
Les spécialistes en communication politique ont rarement vu çà, au moins à un tel degré de perfection. Nicolas Sarkozy, grâce notamment à sa maîtrise des médias, a réussi à imposer un double niveau de lecture de l'actualité politique :
D'un côté, les images, principalement télé et dans les magazines people : sarkozy sur le Tour de France, Cecilia en robe Prada, Kouchner, DSK et Lang aux côtés de Sarkozy, la météore Rachida Dati. Il faut dire que les Français ont déjà la tête en vacances, même si beaucoup ne partent pas.
De l'autre, le programme libéral qui se met en oeuvre de manière méthodique, mais dans l'indifférence totale : 15 milliards de cadeaux fiscaux pour les riches (contre 30 millions pour les pauvres, avec le revenu de solidarité active), le service minimum dans les services publics (qui va rogner sur le droit de grève et désigne les fonctionnaires comme des boucs émissaires), la loi sur la récidive (au mieux inutile, au pire dangereuse), la mise en concurrence des universités, etc.
A la rentrée, le scenario est déjà écrit : de nouveaux "débauchages", destinés à casser l'opposition avant les municipales et à discréditer sa parole, une pincée d'actualité croustillante, par exemple à travers les rebondissements de l'affaire clearstream, ou quelques faits divers dramatiques, permettront de masquer les réformes de rentrée : suppression de 30.000 postes de fonctionnaires, magouilles institutionnelles, refonte du droit du travail,...
Cette stratégie du "leurre médiatique" est trop systématique pour être le fruit du hasard. Elle est a déjà été utilisée par George Bush, Tony Blair et Silvio Berlusconi, avec le succès que l'on sait. J'ai peur que Sarkozy la pousse encore plus loin.
J'espère de tout coeur que la rentrée politique, notamment à l'occasion de l'Université d'été de La Rochelle, permettra de sonner le réveil des consciences, qui doit d'une voix puissante dénoncer le cynisme de nos dirigeants, et éclairer l'opinion sur ce qui est en train de se passer. Il faut organiser la résistance, dénoncer frontalement l'injustice, et rallumer la flamme de la gauche. Le peuple français est trop rebelle pour qu'on achète son silence avec quelques couvertures de magazine.
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09 juillet 2007
Du zoo au gallodrome
L'annonce de la candidature de DSK au FMI, soutenue par Sarkozy, sème le trouble jusque dans nos rangs, et une mise au point s'impose.
Première mise au point : la candidature de DSK au poste de directeur du FMI ne relève pas de la stratégie de "débauchage" poursuivie avec un malin plaisir par Sarkozy. Son nom aurait été suggéré par Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois, parmi ceux susceptibles de créer un consensus européen autour d'une candidature. Il aurait été inconvenant pour un Président de la République de ne pas soutenir la candidature d'un Français à un poste stratégique
Deuxième mise au point : il y a clairement une volonté de Sarkozy d'exploiter politiquement cette candidature, et de laisser croire qu'elle fait partie de sa stratégie de "rassemblement" de toutes les bonnes volontés, par delà le clivage droite-gauche, autrement dit, de semer le trouble dans les rangs du PS, pour servir de paravent aux mesures ouvertement libérales qu'il s'apprête à faire voter dans la torpeur estivale
Troisième mise au point : l'hypothèse d'un retrait de la vie politique de DSK n'est pas une bonne nouvelle pour le PS, même pour ceux qui comme moi ne partagent pas sa sensibilité, ou se rejouiraient un peu vite du départ d'un "éléphant", susceptible de créer un appel d'air au profit des "jeunes lions".
La disparition de DSK serait même un mauvais coup pour le PS. Non pas seulement parce qu'il perdrait l'un de ses plus grands talents, mais aussi parce que DSK avait manifesté sa volonté de s'impliquer dans la rénovation du Parti.
J'ai donc peur que son départ, s'il se confirme, contribue une nouvelle fois à escamoter l'indispensable débat idéologique sur la ligne politique que le PS doit se choisir pour l'avenir. Le "forfait" de DSK risque en effet de faire baisser d'un cran la confrontation interne nécessaire entre le modèle européen de la social-démocratie, qu'il incarnait, et la volonté de reinventer une gauche de combat, comme le souhaite Laurent Fabius. Le zoo complaisamment décrit par nos propres dirigeants, avec ses éléphants, ses lions et ses gazelles, risque de se transformer en "gallodrome", où de petits coqs dressés sur leurs ergots se disputeraient l'héritage. Il n'y aura pas de rénovation sans un débat idéologique au fond, qui permettra au PS de résister à l'hyper-présidentialisation de la vie politique, où le panache du chef est plus important que la direction qu'il propose d'emprunter, où sa cote de popularité tient lieu de bréviaire.
On peut comprendre qu'un haut responsable, reconnu internationalement, puisse avoir la "tentation de Venise", alors que l'opposition apparaît durablement affaiblie. Mais ce n'est pas le moment de nous laisser, alors que le Parti ne peut plus faire l'économie d'une rénovation en profondeur. Dominique, ne pars pas, le Parti a encore besoin de toi, et le FMI peut se passer d'un socialiste.
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