25 février 2008
la République du fait divers
"Casse-toi pauvre con !" Non, on ne rêve pas, c'est le président qui a ainsi invectivé un agriculteur en colère sur son passage. Aurions-nous élu une petite frappe à l'Elysée ? Imaginez-vous un De Gaulle ou un Mitterrand insultant ainsi un raleur de passage ? Admettriez-vous çà de la part d'un enseignant, d'un policier ou d'une guichetière de la poste ? Quand est-ce que le président fera lui même le coup de poing ?
La video du président au salon de l'agriculture a déjà été visionnée 1 million de fois en quelques heures, et pas seulement en France.
Au même moment, quasiment, le président contestait la décision des juges suprêmes sur l'emprisonnement à vie. Comme s'il disait aux sages du conseil constitutionnel "cassez-vous pauvres cons !"
Sur le marché de Berck, dimanche matin, beaucoup commentaient ce nouvel épisode de la République du fait divers. Le Président ne maîtrise pas ses nerfs, le président ne respecte rien, le président donne le mauvais exemple. On sent une certaine honte dans la population, comme sans doute les italiens aux pires heures du berlusconisme. Mais çà va plus loin que la seule personne du Président et sa manière de créer l'actualité en permanence.
Il paraît que Fillon est sur son petit nuage, mais qu'il ne se méprenne pas, car sa popularité n'est que le négatif du désamour envers Sarkozy, et il aurait tort de prendre çà pour un soutien à sa politique, comme nous le verrons bientôt à l'occasion des élections municipales et cantonales. Le rejet est massif : le robinet à images ouvert à l'Elysée ne cache plus la réalité d'une politique de classe, qui sert les amis pour mieux dire que les caisses sont vides, et prépare un plan de rigueur pour après les élections.
Il serait tentant de faire de ces élections un referendum contre Sarkozy, et de lui renvoyer le mépris qu'il nous témoigne. Une sorte de "casse-toi" électoral. Mais puisque l'exemple ne vient plus du haut, qu'il vienne du bas : ce que nous refusons, c'est une politique, soutenue par de nombreux élus locaux soudainement amnésiques au point de ne plus mettre le logo de l'UMP sur leurs affiches. Si nous voulons limiter la "casse", il faut une gauche puissante, qui saura apprendre la politesse à l'hôte de l'Elysée et ses amis.
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21 février 2008
maires racailles des ghettos de riches
La Fondation Abbé Pierre vient d’établir son « tableau du déshonneur » des villes qui refusent de construire du logement social sur leur territoire. Mais il y a encore plus grave : certaines le revendiquent. Il est temps de réagir, 25 ans après le rapport de Gilbert Bonnemaison, récemment décédé, qui préconisait déjà cette solidarité urbaine.
On connaît la spirale qui enferme le présent et l’avenir de millions d’habitants des quartiers populaires, comme « assignés à résidence » dans un environnement dégradé et un quotidien de chômage et de violence. Ces quartiers sont devenus le miroir de toutes les inégalités, de toutes les injustices, de toutes les discriminations, entourés de barbelés virtuels qui ne sont pas sans évoquer une forme d’apartheid social. Même affaiblie par la droite, la politique de la ville, inventée par la gauche, a longtemps évité le pire. Mais les émeutes urbaines de l’automne 2005 montrent que beaucoup de quartiers sont devenus de véritables poudrières, et ceux qui le peuvent prennent la fuite. Le mini-plan banlieues Boutin/Amara présenté par le Président de la République n’y changera rien, faute de volonté et de moyens.
On s’inquiète moins de l’autre versant des stratégies d’évitement à l’œuvre dans notre société, qui se traduisent par l’apparition ou le développement de ghettos pour riches, sur fond de montée sans précédent des prix du marché de l’immobilier. On n’a jamais autant construit de logements neufs depuis les trente glorieuses, mais jamais aussi peu de logements sociaux. Pendant que poussent les résidences de luxe ultra-sécurisées et les zones pavillonnaires dans les champs de betteraves, la misère se concentre dans certains quartiers HLM en voie de ghettoïsation. Encore quelques années à ce rythme, et la mixité sociale et urbaine ne sera plus qu’un mythe, un lointain souvenir d’une époque révolue où la ville intégrait. Le gouvernement qui encourage cette évolution, et les municipalités qui refusent le logement social, pourtant accessible à 70% des revenus, portent une lourde responsabilité.
La Fondation Abbé Pierre vient d’établir un palmarès des villes qui n’atteignent pas encore 20% de logement social, en pointant les communes les plus récalcitrantes (Saint-Maur-de-Fossés, Neuilly-sur-Seine, Hyères, Toulon, Nice), toujours de droite, et en mettant à l’honneur celles – moins nombreuses nombreuses- qui font de réels efforts (Dijon, Versailles, Paris). La Fondation dénonce au passage la complicité des préfets dans cette situation, qui n'ont pas établi partout les constats de carence que la loi leur impose. Il faut dire que Nicolas Sarkozy et Christine Boutin, parmi d’autres, avaient voté contre la loi SRU le 21 mars 2000, et qu’il ne faut pas attendre de leur part un zèle particulier pour la faire respecter. L’initiative de la Fondation Abbé Pierre a le mérite de mettre cette question essentielle au cœur des municipales.
Que faut-il faire quand des maires sortants revendiquent dans leur bilan le refus de la loi SRU, et que des candidats veulent se faire élire en promettant de ne pas l’appliquer, et en se vantant la cas échéant de payer les pénalités prévues par la loi ? Eric Raoult, ancien ministre de la ville ( !) député-maire du Raincy, en Seine-Saint-Denis (4% de logements sociaux), a même lancé un lobby des villes « moins 20% » pour réviser la loi SRU et défendre l’indéfendable, avec d’autres personnalités comme l’ancien secrétaire d’Etat Henri Plagnol, conseiller général de Saint-Maur-des Fossés (5,5% de logements sociaux), qui n’hésite pas à dénoncer sur son blog la « propagande de gauche qui fait culpabiliser quand nous avons la chance d’habiter dans une commune épargnée par les désastres nés des barres HLM ». D’autres maires, comme à Hyères, Toulon ou Nice, se vantent de payer les amendes prévues par la loi pour préserver leur ville de la mixité sociale.
Certains candidats, qui en tant que parlementaires ont voté contre la loi SRU (Françoise de Panafieu, Dominique Perben, Pierre Albertini,…), préfèrent louvoyer : à Paris, la candidate de l’UMP laisse ainsi entendre qu’il y aura plus de vente de logements sociaux que de constructions si elle est élue à Paris, alors que la ville n’atteint pas encore les 20%, malgré les efforts méritoires de Bertrand Delanoë. Mais le résultat est le même : un programme municipal qui s’affranchit du respect de la loi doit être dénoncé vigoureusement.
Il est temps de considérer les élus qui refusent d’appliquer la loi comme de véritables délinquants, des maires voyous, qui doivent se voir appliquer la tolérance zéro. Ils sont la « racaille » de la République, responsables de la montée de la violence comme de vulgaires incendiaires. Et si l’égoïsme et le manque de courage ne sont pas sanctionnés dans les urnes, il faut que la loi les rende inéligibles, et que la République les mette au ban, en refusant toute aide pour un projet public. C’est ainsi par exemple que la couverture envisagée de l’avenue Charles-de-Gaulle à Neuilly-sur-Seine, ne devrait faire l’objet d’aucun financement public tant que la ville ne s’engage pas à rattraper son retard en matière de logement social.
Chacun doit avoir la conviction que l’avenir de nos villes – l’un des principaux défis de notre société et de notre démocratie – se joue autant au milieu des tours et des barres que derrière les belles façades des centres historiques, ou dans le confort des villas des quartiers résidentiels, dans les égoïsmes des communes qui refusent leur devoir républicain. Chacun d’entre nous a sa part de responsabilité, et détient une partie de la solution à la ghettoïsation rampante de nos villes. La construction de logements sociaux adaptés et éparpillés dans les 750 villes qui en manquent permettra de régler la question des 750 quartiers populaires qui souffrent, et de donner un contenu au "droit opposable au logement". Mais il faut faire vite.
Puisque l’Etat ne joue plus son rôle, il faudra attendre le retour de la gauche pour que voie le jour une véritable solidarité urbaine, et que les maires voyous sortent de l’impunité. En attendant, les électeurs ont l’occasion de sanctionner dans les urnes les apprentis sorciers de la ségrégation urbaine, et de choisir des élus partisans du vivre ensemble plutôt que de la coexistence conflictuelle dans nos villes
11:20 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11 février 2008
Un plan plan-plan de plus
Voici la trame de mon intervention devant la presse vendredi midi, pour réagir au nom du PS au "plan Espoir banlieues" présenté par Nicolas Sarkozy. Malgré l'attente énorme sur le terrain et la dégradation de la situation dans les quartiers populaires, le plan Boutin/Amara est sans doute l'un des plus faibles de toute l'histoire de la politique de la ville :
Le choix d’avoir annoncé le plan Boutin/Amara depuis l’Elysée et non pas sur le terrain résume le malentendu entre Nicolas Sarkozy et la banlieue.
Le Président se trompe de diagnostic. Pour des raisons électoralistes, il a préféré faire de la violence en banlieue un problème d’ordre public, en parlant de « voyoucratie » ou de « racaille » à nettoyer au Kärcher et les principales mesures ajoutées au plan « Espoir Banlieues » concernent l’annonce de renforts policiers. Il a donc aujourd’hui un problème de crédibilité pour dire qu’il va répondre à la détresse sociale et au sentiment d’abandon des habitants. La politique du gouvernement a d’ailleurs considérablement aggravé leur situation, à travers les ponctions de pouvoir d’achat, l’abandon de la police de proximité, la suppression des emplois-jeunes, la faiblesse historique de constructions de logements sociaux, la fragilisation de l’école ou encore les atteintes à la laïcité. C’est donc toute la politique du gouvernement qu’il faudrait changer avant de décider de mesures spécifiques.
Un plan « Espoir Banlieues » homéopathique. Composé de mesurettes en direction des jeunes, il ne comporte aucune proposition immédiate pouvant impliquer les grands ministères, comme le Logement ou l’Education nationale, les arbitrages étant renvoyés à plus tard. Ce plan n’est en fait qu’un recyclage de recettes des plans banlieues précédents, parfois supprimées par la droite elle-même, à une échelle expérimentale que l’on espérait dépassée. Son financement est lui-même issu d’un recyclage de crédits (contrats de ville, Grenelle de l’environnement, collectivités locales), alors que le budget du ministère de la ville sera en baisse de 12% en 2008.
Une très forte déception sur le terrain. Alors que le pays attendant un « plan Marshall » annoncé pendant la campagne, ce mini-plan s’adresse à une petite élite dans quelques quartiers. L’absence de mesures concrètes pour le plus grand nombre conduit à stigmatiser encore plus les 750 quartiers concernés leurs 5 millions d’habitants, voir à laisser penser que la solution n’est plus dans la République et la démocratie. D’une certaine manière, le style clinquant de la présidence et le message « aides-toi le ciel t’aidera » pourra être interprété par certains comme le règne de la loi du plus fort.
Fadela Amara n’a pas gagné son pari. Elle entendait profiter de sa réelle liberté de parole pour peser sur les choix du gouvernement, infléchir la politique suivie, et s’appuyer sur la volonté du Président. Elle n’a pas fait la preuve de l’utilité de sa présence, et se retrouve aujourd’hui face à ses responsabilités.
La gauche exige la solidarité urbaine. Les 5 partis du groupe de liaison de la gauche (PS, PCF, Verts, PRG, MRC) demandent la mise en œuvre de 5 priorités de solidarité urbaine :
· application effective de la loi SRU dans les 750 communes récalcitrantes
· donner à l’école de la République des moyens d’exception, sans supprimer la carte scolaire
· lutter contre les discriminations vers l’emploi (emplois de proximité, fin des zones franches)
· rétablissement d’une police de proximité et nouveaux moyens de médiation et de prévention
· donner aux communes concernées les moyens de désenclaver et de vrais services publics
Le plan « Espoir Banlieues » de la gauche : gagner les élections ! En attendant que la gauche puisse mettre en œuvre cette nouvelle politique, il faut rendre hommage aux professionnels, aux militants associatifs et aux maires de gauche engagés dans cette ambition de solidarité urbaine. Ils sont le dernier rempart contre la société du ghetto et méritent la confiance des électeurs.
14:05 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04 février 2008
le divorce
C'est à n'y plus rien comprendre. Le divorce est consommé.
Le président se montre toujours aussi "énergétique", comme dirait son ami Tony Blair, et pourtant çà ne marche plus. Même l'actualité mondaine de l'Elysée semble mise à la Lanterne. Les sondages sont en berne et le président en chute libre dans l'opinion.
Ne passons pas d'un excès de pessimisme (il est trop fort Sarkozy) à des débordements d'optimisme (que d'erreurs !)Mais çà fait quand même plaisir de voir que les français n'accordent pas un crédit illimité à un pouvoir qui les maltraite et les méprise.
Beaucoup de français risquent de se saisir des municipales pour exprimer leur déception envers le bonimenteur de la "fracture du pouvoir d'achat", et pour calmer les ardeurs dérégulatrices de sa majorité. Le rapport Attali est lourd de menaces, et une victoire de la droite aux municipales serait la promesse d'une purge libérale drastique. L'équivalent de la tornade Thatcher dont les anglais se remettent à peine, 25 ans après.
J'observe que les plus ardents zélateurs de Sarkozy, comme le député de ma circonscription, ont brutalement remisé le drapeau. Je l'ai vu ce week end s'accrocher à la moto du vainqueur de l'enduro du Touquet, dans l'angle des caméras, comme si sa vie en dépendait. Mais où est donc passé le logo de l'UMP sur les affiches de campagne ? Qui a voté le "paquet fiscal" ou les franchises médicales ? Mystère et boule de gomme.
Restons mobilisés, car notre président ne se résoudra pas facilement à cette chiraquisation humiliante. Il reste les otages, que l'on peut faire libérer (Bétancourt) ou prendre au gouvernement (Allègre...). Il reste les attentats à l'explosif ou à la pudeur. Il reste surtout une formidable machinerie économique et médiatique qui n'a pas renoncé à promouvoir son champion.
Si la gauche gagne malgré tout les élections municipales et cantonales, ce ne sera pas seulement sur le rejet du pouvoir en place, ou pour atténuer les conséquences les plus dramatiques de la politique gouvernementale, mais parce que nos candidats aurons su inspirer la confiance au plan local. Ce réseau d'élus et de militants est notre force, et la clé de la reconquête.
J'espère que les français sauront saisir cette occasion de bouder un homme qui les a trompés. Ce ne sera pas pour autant la lune de miel avec la gauche, mais en tout cas le début des explications, après le rendez-vous manqué de mai 2007.
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15 janvier 2008
La flamme vit encore
Ce début d’année restera pour moi marqué par l’image terrible de l’immense cheminée de l’usine de Maresquel foudroyée se tordant dans le ciel puis s’affaissant dans un nuage de poussière. Comme un symbole brutal d’une machine économique devenue folle, pulvérisant dans sa violence le travail de générations d’ouvriers. L’absence des élus de droite et du député – sans doute trop occupé par sa campagne électorale au Touquet -, valait tous les discours. Le village gaulois, capitale de la résistance au libéralisme sauvage, et promoteur d’un autre modèle économique, aurait-il rendu les armes ? Non, 100 fois non. Dans les regards embués des anciens papetiers, j’ai vu cette flamme intacte : celle de la fierté d’un combat exemplaire mené jusqu’au bout, celle du refus de la fatalité, celle de l’espoir d’un monde plus juste.
Cette petite flamme fragile, tapie en chacun d’entre nous, je vous souhaite en 2008 de la voir briller encore plus fort. Malgré les problèmes, la vie chère, les soucis de santé, les incertitudes, gardez en vous cette lumière et offrez la en partage. Tant qu’il y aura des hommes et des femmes pour dire non à l’injustice, pour résister à ce monde trop dur aux faibles, pour montrer sa solidarité, l’espérance d’un avenir meilleur pour nos enfants restera intacte.
En mars prochain, vous aurez à choisir les élus qui vont vous représenter dans votre commune ou le département au cours des prochaines années. Etre élu, c’est une fonction difficile et importante, qui exige des convictions fortes et beaucoup de dévouement. Etre citoyen, c’est une grande responsabilité, et personne ne doit choisir à votre place. Je vous encourage à participer avec passion à ce temps fort de la démocratie, en participant aux réunions publiques, en interpellant les candidats, en parlant autour de vous de cette échéance, en votant massivement.
Quand plusieurs candidats se présentent à vos suffrages, il ne faut pas se tromper. Permettez moi de vous donner quelques conseils pour mieux choisir. Si l’un des candidats affiche ses convictions de gauche, allez y en confiance. En tant que « patron » des socialistes de la circonscription, j’ai veillé avec les élus et les militants à soutenir des hommes et des femmes de grande qualité, humanistes, ouverts, volontaristes. Méfiez vous en revanche de ceux qui défendent ouvertement les idées du Président de la République, qui nous amènent plus de dérégulation en France et en Europe, la fin des services publics, les franchises médicales ou encore les problèmes de pouvoir d’achat.
Mais au-delà des convictions politiques, il est tout aussi important d’apprécier la valeur des hommes, avant de juger leur bilan ou d’écouter leurs promesses. Alors voici un dernier conseil : lorsque vous rencontrez un candidat, regardez le dans les yeux et vérifiez qu’il a lui aussi cette petite flamme, cette étincelle qui montre qu’il ne se résigne pas au monde tel qu’il va. C’est la meilleure garantie qu’il garde la révolte au cœur et qu’il portera vos espérances. A vous de juger !
Je vous souhaite à toutes et tous une année pleine de lumière et d’espoir.
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26 décembre 2007
Bonnes fêtes avec... Yannick Noah
A tous ceux qui n'ont ni mannequin ni Président avec qui passer Noël
A tous ceux qui n'ont pas d'ami milliardaire pour faire du stop en Falcon 900
A tous ceux qui ne peuvent pas se payer une suite au Old Winter Palace de Louxor
Sachez que ce n'est pas un problème de pouvoir d'achat, c'est une question de valeurs
Si vous aviez le choix, vous préfereriez passer vos vacances avec Benoït XVI au Vatican, pour faire croître l'espérance
Ou avec Geneviève de Fontenay à la Réunion pour défendre l'honneur perdu de miss France
Moi je préfère Yannick Noah, le français le plus populaire, qui dit que tout le choque dans Sarkozy. Enfin un qui ne retourne pas sa veste !
Bonnes fêtes à toutes et tous
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13 décembre 2007
Les oubliés des campus
Qui se soucie encore du blocage persistant de nombreuses facultés et lycées ? Le caractère moutonnier de l'information n'explique pas tout. Pas un mot sur les raisons de ce malaise étudiant et sur les risques évidents de privatisation liés à l'autonomie des universités, version libérale. Est-ce un hasard si les fac de Lille et d'Arras sont en pointe, comme d'autres universités de villes moyennes et de sciences humaines, qui savent que jamais Coca-Cola ou Areva ne viendront y dépenser leur argent. Comment s'étonner que les étudiants ne fassent aucun confiance au gouvernement pour que l'Etat joue son rôle de péréquation et de garantie du caractère national des diplômes ?
Décidemment, les étudiants ont raison et leur combat mérite d'être relayé par la gauche, tant qu'ils n'ont pas obtenu des verrous crédibles à la dislocation du système universitaire. le plan du gouvernement pour lutter contre l'échec en 1ère année n'est qu'un paravent pour renforcer la sélection à l'entrée, et les moyens ne sont pas à la hauteur de l'enjeu. Une réforme de ce type se prépare dans la transparence, et l'on sais trop les arrières-pensées de ce gouvernement sur le sujet. Il suffit de se reporter au programme de l'UMP, pour comprendre que la droite poursuit un plan tout à fait clair de privatisation et de sélection par le haut.
Ca me fait penser que les médias ont également été dramatiquement absents pour dénoncer les violences policières qui ont émaillé l'occupation des campus. C'est le cas par exemple de Pierre, de Nantes, qui risque de perdre un oeil à cause d'un tir de flash ball le 27 novembre. Les consignes de fermeté données aux forces de l'ordre disent mieux que tout l'importance de ce projet idéologique, qui a été le premier engagé par le gouvernement, et les pressions qui s'exercent sur les médias pour ne plus relayer ce qui se passe sur le terrain.
Alors bien-sûr qu'il faut faire évoluer le système universitaire, pour qu'il réponde mieux aux aspirations de chacun,et l'autonomie n'est pas un gros mot, si l'Etat donne des moyens suffisants pour garantir à tous les mêmes conditions d'étude et la même reconnaissance. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, ce n'est pas le projet du gouvernement, donc je comprends la vigilance de beaucoup de lycéens et d'étudiants.
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10 décembre 2007
Droits de l'homme ou argent-roi ?
La polémique enfle à propos de la visite d’Etat du colonel Khadafi. La signature de juteux contrats civils et militaires peut-elle justifier que le pays des droits de l’homme oublie les victimes de la torture ou du terrorisme d’Etat ?
Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, a critiqué la venue du leader libyen dans Le Parisien de ce matin : «Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort», a-t-elle encore déclarée
Même gêne du côté du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. «La visite du Guide suprême de la révolution (libyenne) coïncide avec l'anniversaire de l'adoption de la déclaration universelle des droits de l'Homme. Il a précisé sur France Inter que « par une heureuse coïncidence » il ne se trouverait pas à Paris ce soir pour le dîner officiel.
François Bayrou leur demande de tirer les conséquences de leurs propos, en suggérant que la démission est la seule issue pour mettre leurs actes en paix avec leur conscience.
Personne n’est assez naïf pour croire qu’il s’agit de déclarations spontanées. Kouchner, qui a déjà montré qu’il était capable d’indignation sélective, quand il rédigeait au prix fort un rapport blanchissant TOTAL en Birmanie, a vendu la mèche en disant à propos de Rama Yade : « c’est moi qui lui demande de dire çà ». Autrement dit, il s’agit d’un jeu de rôle pour essayer de dégonfler la polémique, et ne pas laisser à la gauche le monopole de la vertu.
Et à ceux qui n’avaient pas encore compris le message sarkozien, malgré son insistance depuis la fameuse soirée au Fouquet ‘s, voici une piqûre de rappel : « Rien n’est au-dessus de l’argent ».
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06 décembre 2007
antisémitisme et islamophobie
Peut-être ces propos du Président en Algérie vous ont-ils échappé : « Quand on menace un Arabe, un Musulman ou un Juif en France, on menace la République. (…) Il n'y a rien de plus semblable à un antisémite qu'un islamophobe. » ?
En dehors de quelques réactions isolées, dont celles de Razzye Hammadi, Jean Glavany, Henri Emmanuelli et Malek Boutih dans le secret (relatif) du bureau national du PS, la classe politique n'a pas beaucoup réagi à ce qui me paraît une atteinte grave à la laïcité, porteuse de dérives lourdes tant pour l'ordre international que pour notre modèle républicain.
En effet, le terme d'islamophobie n'est pas une forme de racisme comme l'antisémitisme, et ce sont les islamistes qui se servent de ce terme, pour interdire toute critique des dogmes et idéologies propagées au nom de l'islam. En l'utilisant une nouvelle fois, Nicolas Sarkozy fait un amalgame douteux entre "arabe" et "musulman".
Le terme d'arabe dans la bouche de Sarkozy prête déjà à confusion, et l'on peut se demander ce qu 'il englobe exactement. Mais la confusion entre arabe et musulman est encore plus grave, comme si tout arabe était musulman, comme s'il s'agissait d'un déterminant évident et premier.
Les propos de Sarkozy seront certainement très apprécié au sein de l'Organisation de la Conférence Islamique, dont l'Algérie est membre. Reconnaitre l'islamophobie au plus haut sommet de l'Etat ne peut qu'encourager l'organisation islamiste à poursuivre son combat à l'ONU pour imposer l'interdiction du blasphème.
Derrière ces confusions sémantiques on retrouve la conviction maintes fois exprimée par Sarkozy que la communauté religieuse doit jouer un rôle plus important pour réguler les rapports sociaux, et servir d'interface entre l'Etat et les individus. Cette conception, étrangère à la tradition laïque et républicaine, doit nous faire réagir, en tant que socialistes attachés à l'émancipation individuelle.
Moi je prône le respect de toutes les identités sociales et culturelles, je respecte la pratique religieuse dans la sphère privée, mais je dénie à la communauté le pouvoir d'enfermer les individus dans une identité collective. Je refuse en tout cas cette régression terrible qui voudrait que l'on se reconnaisse d'abord par son identité religieuse réelle ou supposée, ou encore par sa communauté d'origine.
Il faut être d'une vigilance extrême sur ces attaques plus organisées qu'il n'y parait contre la laïcité et les droits individuels. Sarkozy ne disait-il pas qu'il préfèrait voir les gamins prier dans les mosquées que brûler des voitures ? Qu'il voulait encourager l'enseignement privé confessionnel dans les banlieues ?
Que nous resterait-il pour dénoncer l'extrême droite nationale dont les tristes nazillons comme Bernard Anthony se battent contre le "racisme antichrétien" ?
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27 novembre 2007
Villiers-le-Bel : la vérité doit être établie
Le Parti socialiste dénonce les violences inacceptables qui se sont déroulées après la mort de deux jeunes à Villiers-le-Bel dans une collision avec une voiture de police. Il exprime sa solidarité avec les familles des jeunes, les nombreux policiers blessés dans les émeutes, les habitants sous le choc et le maire irréprochable d’une commune dévastée. Un nouveau cap dans les violences urbaines a été franchi, avec le risque de nouveaux drames.
La priorité doit être au retour au calme. Les cafouillages ministériels, avec par exemple la visite aux familles de la secrétaire d’Etat à la politique de la ville sans prévenir le maire, n’y contribuent pas. Le Président et le gouvernement doivent se garder des provocations, et s’engager à faire toute la lumière sur la mort des deux jeunes, pour que la justice passe.
Ce drame appelle des réponses fermes sur la vente et la circulation des mini-motos et autres engins non homologués. Il souligne également la nécessité de rétablir une police de proximité, davantage présente sur le terrain, pour rétablir le dialogue avec les jeunes.
Mais, au-delà, il met en lumière la situation sociale explosive de ces quartiers et l’inaction de la droite au pouvoir depuis 2002. Avec un taux de chômage et un échec scolaire deux fois plus élevés que pour le reste de la population, avec une santé qui continue de se dégrader, les habitants des quartiers populaires se sentent des citoyens de seconde zone. Ils sont les premières victimes d’une montée sans précédent de la violence.
Les banlieues sont absentes de toutes les priorités du gouvernement, malgré l’annonce maintes fois reportée d’un « plan banlieue » sans moyens. Les crédits de paiement consacrés à la politique de la ville vont baisser de 12,7% en 2008, tandis que la symbolique dotation de solidarité urbaine (DSU), réservée aux communes urbaines les plus pauvres, devrait diminuer de 30 millions.
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