19 mai 2008

tristesse

2066739740.jpgVraiment, un tel public ne méritait pas la relégation en ligue 2 des "sang et or"

 

15 mai 2008

contamination à l'UMP

1837462682.jpgL’Assemblée nationale a rejeté hier le projet de loi relatif aux organismes génétiquement modifiés, lors d'une séance historique présidée par Catherine Genisson, députée du Pas-de-Calais. Cette victoire de la gauche traduit le malaise qui règne au sein de la majorité, mais ne doit en aucun cas être considérée comme définitive : la bataille politique continue.

La loi proposée par le gouvernement constituait dès le départ une erreur politique. Allant bien au delà de la seule transposition en droit français de la Directive européenne de 2001 relative à la dissémination volontaire d’OGM dans l’environnement, le texte soumis hier au vote avait en effet pour effet d’entériner le principe d’une agriculture dépendante des OGM.

Ce projet de loi prétendait organiser une coexistence que l’on sait difficile entre cultures conventionnelles et cultures OGM. Ainsi, les demandes renouvelées de l’opposition pour fixer le seuil « avec OGM » à 0,1 % dans l’alimentation avaient toutes été balayées d’un revers de main. Le texte, tel qu’il devait être voté, validait donc le seuil communautaire controversé des 0,9 %.

L’amendement à l’article 1er adopté en deuxième lecture au Sénat, et qui devait être maintenu par les députés de la majorité lors du second vote à l’Assemblée, annulait la portée des dispositions issues du fameux amendement 252, relatif à la protection de l’environnement, de la santé publique des écosystèmes et des filières non OGM.

Le Parti socialiste, très attaché au principe de précaution, rappelle que la grande majorité des consommateurs français et des agriculteurs sont opposés au développement généralisé des OGM en France. Il dénonce la volonté du gouvernement de faire passer en force, par l’intermédiaire d’une commission mixte paritaire, un texte de loi qu’il faut désormais considérer comme mort et enterré.

Au-delà des péripéties de ce texte, où l'on a vu le lobby des semenciers faire ouvertement pression sur le groupe UMP à l'Assemblée et au Sénat, c'est toute la crédibilité du "Grenelle de l'environnement" qui s'effondre. Espérons que cela ouvrira les yeux de ceux qui, à l'instar de Nicolas Hulot, pensaient que l'enjeu du développement durable n'était ni de droite ni de gauche !

06 mai 2008

Starko I

751088774.jpgTriste anniversaire. 

Jamais un président n’avait connu une telle impopularité sous la Vème République. Jamais un président n’avait été autant sanctionné.
1 an d’illusion, 1 an de régression que les Français sanctionnent très durement. 1 an de non respect des engagements et en premier lieu la question du pouvoir d’achat.

Les Français sanctionnent une politique injuste et vécue quotidiennement comme une injustice. Avec le paquet fiscal, le financement du RSA par les plus démunis, les franchises médicales, l'augmentation sans frein du prix de l'énergie et des matières premières…, tous les jours les Français vivent ces régressions.

L’année passée, ce sont aussi des mauvais moments, vécus comme une humiliation : le discours de Dakar, la visite de Khadafi, le soutien à Poutine ou Ben Ali, ou encore le discours de Latran et la remise en cause de la laïcité. Plus généralement, nous vivons comme une honte le style présidentiel, fait d'étalage de sa vie privée et de son goût pour l'argent. Ce côté hâbleur et populiste, qui heureusement ne prend plus.

Nous dénonçons tout cela, mais nous faisons aussi des propositions concrètes et nous nous battons, notamment sur la question du pouvoir d’achat, qui intéresse les Français.

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que le PS relève le gant et empêche ce président de nuire à la France et aux plus fragiles pendant un autre mandat. Cela supposera de travailler dans l'unité sur des propositions clairement de gauche, et de renoncer à mener bataille sur le terrain de l'adversaire.

P..., encore 4 ans

29 avril 2008

ma ptite Danièle

1323497791.jpgC’est une salle François Mitterrand comble, à l’Hotel de Ville de Liévin, que Danielle Darras a reçu la Légion d’Honneur, accompagnée de nombreuses personnalités politiques de la région Nord Pas-de Calais, et en la personne de Laurent Fabius, ancien premier ministre, en famille.

La municipalité de Liévin avait convié la population à rendre hommage à une femme qui a longtemps oeuvré pour la ville de Liévin et pour le département du Pas-de-Calais. Dominique Dupilet, président du Conseil Géneral du Pas-de-Calais, a rappelé son parcours, notamment Conseil Géneral et au parlement européen. Avec culture et humour, chacun a pu comprendre la place primordiale qui a été celle de cette "sacrée bonne femme", comme l'a qualifiée Jean-Pierre Kucheida.

Dans un de ses discours dont il a le secret, Laurent Fabius a su trouver les mots justes pour parler de Danièle, et rappeler la fidélité de son engagement. Avec beaucoup d'émotion, il a fait revivre la voix de François Mitterrand, dans cette même salle, au soir de sa vie et avant le congrès de Liévin, en 1994.
L'ovation qui a suivi la remise de la légion d'honneur par Roland Huguet valait tous les hommages. Les larmes de Danièle ne l'ont pas empêchée de remercier chacun, du plus petit au plus grand, comme elle a toujours su le faire. Elle a le talent très rare de faire grandir les autres, sans jamais chercher à se mettre en avant. Depuis qu'elle a laissé ses mandats à l'âge de 60 ans, comme elle s'y était engagé, de nombreux militants continuent à s'inspirer de son action, et de sa manière d'être.

J'ai eu la chance de cotoyer Danièle lorsque j'étais sous-préfet dans le Pas-de-Calais. J'en ai conçu un grand respect, devenu amitié fidèle. Danièle, qui est aussi parfois berckoise, m'a donné de précieux conseils et a participé à ma campagne des législatives, ainsi qu'à celle des municipales. Danièle a toujours porté bonheur à ceux qu'elle aime, qui le lui rendent bien. J'espère l'entendre encore longtemps m'appeler son "ptit Vincent"

07 avril 2008

Lhassa-sur-Mer

1278535205.jpgLe drapeau tibetain flotte sur Berck-sur-Mer, pendant la durée des 22èmes rencontres internationales de cerfs-volants, le plus grand rassemblement de cerfs-volistes de France, qui va accueillir pendant 10 jours près de 500.000 personnes.

Une contribution, certes modeste, pour que l'enjeu des droits de l'homme ne soit pas sacrifié sur l'autel de la diplomatie, à l'occasion des JO de Pékin cet été.

C'est en Chine qu'ont été inventés les cerfs-volants, élevés au rang d'un art. Comment ne pas faire le lien avec l'actualité de la répression au Tibet, alors que le cerf-volant est un symbole de liberté, au gré du vent ?

Je suis de ceux qui se félicitent que les JO aient été attribués à Pékin, car c'est un moyen inespéré de faire pression sur les autorités chinoises pour y renforcer la démocratie et les droits de l'homme. La répression au Tibet n'est qu'une facette d'un régime plus totalitaire que jamais, où la violence d'Etat, naguère utilisée par la folie d'une idéologie, est aujourd'hui au service de l'argent-roi.

En renforcant la pression, en donnant la parole aux citoyens, nous ferons des JO une nouvelle place Tiananmen, avec les caméras du monde entier braquées sur eux.

Les tentatives pathétiques des autorités chinoises pour orienter l'information et faire pression sur les gouvernements occidentaux, afin d'éviter une "politisation" des JO, sont parfaitement vaines. A la fois parce que les valeurs de l'olympisme ne doivent plus s'accomoder du totalitarisme, et parce que les téléspectateurs sont aussi devenus des citoyens.

Les tibétains ont besoin de la démocratie. A la fois pour se libérer d'une occupation étrangère, et pour éviter ensuite une théocratie, fut-elle non violente. Je n'ai jamais compris le grand cas que l'on fait du dalaï lama, qui à ma connaissance n'est pas un démocrate. Le pouvoir ne doit pas basculer des gardes rouges aux moines safrans. Mais on est pas encore là.

Les chinois ont aussi besoin de la démocratie pour se défaire de l'étau du libéralisme sauvage, qui fait la fortune indécente des grands capitaines d'industrie et des politiciens corrompus, sur le dos des plus faibles, sous-payés, déplacés, exploités, et dont plusieurs milliers meurent chaque année dans les mines de charbon.

En ouvrant la Chine à la démocratie, nous oeuvrons pour les travailleurs chinois, mais aussi pour ceux des autres pays, comme par exemple les ouvriers français victimes de délocalisations brutales. Comme rivaliser avec des travailleurs chinois souvent plus proche de l'esclavage que du salariat ?

Je n'envisageais pas une seconde que Sarkozy puisse entendre et soutenir ce message. Mais quelle tristesse de voir Bernard Kouchner, naguère promoteur inlassable du droit d'ingérence humanitaire, se faire l'avocat de la diplomatie bling-bling...

02 avril 2008

répugnant répulsif

2085328044.jpgOn se souvient du scandale du Maldorore, pulvérisé à Argenteuil pour faire fuir les SDF, qui a sans doute coûté la municipalité à l’UMP aux dernières élections.

Aujourd’hui, de manière encore plus discrète, des collectivités, des bailleurs ou des syndics s’apprêtent à mettre en place un répulsif contre les jeunes, sous la forme d’un boîtier émettant des sons suraigus perceptibles par leurs seules oreilles. Le but est d’empêcher les regroupements de jeunes, par exemple dans les cages d’escalier, dans la rue ou devant des commerces.

Ces boîtiers, commercialisés sous la marque Mosquito ou Beethoven, présentent des risques évidents pour la santé, par exemple pour les femmes enceintes ou les jeunes enfants.

Surtout, ce type de dispositif tend à criminaliser la jeunesse, en assimilant tous les jeunes à des voyous ou des délinquants, et compromet le dialogue entre générations, entre voisins et entre quartiers. Sa généralisation est susceptible d’augmenter encore la violence des rapports sociaux et la dégradation des relations avec les jeunes.

Il s’agit d’une stigmatisation supplémentaire pour les jeunes des quartiers populaires, à qui ce dispositif infamant est principalement destiné. Faute de réussir à répondre à la détresse sociale et à la montée de la violence, ce nouveau dispositif participe à la stratégie du gouvernement de séparatisme social et de mise sous surveillance des quartiers populaires.

Au nom du PS, j'ai demandé au gouvernement d'interdire sa commercialisation.

01 avril 2008

La République perd le Nord

Ce qui devait être samedi soir une grande fête du football au stade de France a tourné au drame moral pour les habitants de notre région.

904263487.jpg« Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch’tis », en référence au film de Dany Boon voilà ce qui été inscrit sur cette banderole déployée après l’égalisation du Racing Club de Lens en début de seconde période du match disputé au stade de France à Saint-Denis.

Avec d’autres, j’ai apporté dès dimanche mon soutien le plus total à l’action menée par Guy Delcourt, le maire de Lens pour condamner cet acte intolérable et exiger réparation. Sur ma proposition, Jean-Marie Krajewski, qui était présent dans les tribunes samedi soir, a d’ailleurs fait voter au conseil municipal de Berck-sur-Mer une motion de solidarité.

Je crois nécessaire de traiter cette affaire avec la plus grande fermeté. Car ce n’est pas seulement l’insulte à notre région et sa population qui est grave, même si nous souffrons de cette image infamante, souvent propagée par les médias, comme à l’occasion de l’affaire d’Outreau. Mais ce qui choque aussi, c’est la lâcheté des responsables face à la montée de la violence et de l’intolérance. La République perd le Nord !

Tout d’abord, il est impardonnable de ne pas avoir eu de réaction instantanée des autorités. Le Président de la République aurait du immédiatement quitter le stade, avec les membres du gouvernement, et l’arbitre interrompre le match. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? Même si la banderole infamante n’était restée visible qu’une seule seconde, le mal était fait.

Pour leur défense, ils invoqueront sans doute un acte « isolé ». Mais dans cette affaire, 70 personnes au moins ont été impliquées dans le déploiement de cette banderole, devant 80000 témoins et des dizaines de caméras de surveillance. Il y a forcément une association de supporters derrière ce délit. Elle doit être dissoute comme toute organisation raciste. La responsabilité des forces de sécurité, comme du club, est également engagée.

Face à un mal qui ronge le sport, et envers lequel certains clubs affichent une tolérance coupable, comme à l’égard des nazillons du PSG, il faut des mesures fortes, sportives, financières et judiciaires, comme le proposent Guy Delcourt et Gervais Martel.

995233380.jpgIl s’agit rien moins que de laver l’affront envers toute une région, redorer le blason du foot Français, et envoyer à l’opinion un message de fermeté face à l’intolérance et le racisme. Et qui peut mieux que le Racing Club de Lens peut incarner les valeurs éternelles du sport, sur le terrain et dans les tribunes ? Bienvenue au stade Bollaert !

31 mars 2008

Handicap et citoyenneté

617853824.jpg"C'est la révolte des handicapés, c'est la révolte de millions de personnes pour dire qu'il y en a assez de toucher 628 euros par mois (montant de l'allocation adultes handicapés), qu'avec ça, on ne peut pas vivre", a déclaré Arnaud de Broca, président de la FNATH (accidentés de la vie), une des associations organisatrices de la manifestation des handicapés de samedi.

Pour cette manifestation "historique" rebaptisée "Marche sur l'Elysée", le collectif, qui regroupe une centaine d'associations, avait affrété 13 trains, 5 avions et 700 autocars et minibus. Certains manifestants se déplaçaient en fauteuils roulants, d'autres arboraient des cannes blanches, beaucoup avaient revêtu les couleurs du mouvement "Ni pauvre, ni soumis", le jaune et noir, avec des panneaux portant les slogans: "628 euros par mois, pouvoir d'achat, pouvoir de rien!", ou encore "Handicap, maladie = pauvreté".

Parmi eux, de nombreux berckois avaient fait le déplacement, grâce au bus organisé par l’association des paralysés de France et la dynamique Marie-Jeanne Pruvost, avec Franck Meresse, le copain kiné aveugle qui vient d’être élu avec nous au conseil municipal. Jean-Marie Krajewski, le nouveau maire PS de Berck, avait d’ailleurs tenu à participer à cet évènement historique, et moi aussi, avec plusieurs autres élus.

Il était temps de montrer la capacité du monde du handicap à s’organiser pour peser sur les grands choix de société, y compris à travers le rapport de force. Face à la souffrance et aux difficultés de vie, trop de personnes concernées ou de familles ont tendance à se replier. A l’inverse, le pouvoir (et particulièrement ce pouvoir) traite les handicapés comme s’ils relevaient de la charité publique, alors qu’ils ne demandent que le respect de leurs droits et une plus grande intégration dans la vie économique ou citoyenne.

J’en profite d’ailleurs pour évoquer le cas d’ Emmanuel le D., prof mal-voyante d’économie sociale et familiale, qui vient d’être licenciée de l’Education nationale, parce que son handicap nécessitait quelques adaptations que l’institution n’a pas voulu et su faire. C’est révoltant de voir l’écart entre les grands discours intégrateurs et la réalité cruelle des pratiques discriminatoires. On va se battre pour elle, parce que son combat est symbolique.

A travers le combat des handicapés, c’est la capacité de notre société à favoriser le vivre ensemble qui est en jeu. C'est aussi un certain modèle de solidarité, à l'opposé de la charité, qu'il nous faut défendre.Aux valides de prendre le relais ! Merci de nous montrer le chemin.

 

19 mars 2008

vague rose ou vote-sanction ?

345675764.jpgTout à ma joie d'avoir pu aider Jean-Marie Krajewski et le PS à reprendre Berck-sur-Mer, perdue en 2001, j'ai tardé à prendre la souris pour commenter le résultat historique de ce dimanche 16 mars : Les français vivent aujourd'hui en majorité dans une municipalité de gauche, sans parler des départements et des régions !

Cette donnée politique majeure ne résulte pas seulement d'un phénomène de "boboïsation" des grandes villes, puisque la gauche progresse également dans les villes moyennes et petites, quoique plus faiblement. Elle ne peut pas non plus s'expliquer seulement par le rejet du pouvoir en place au niveau national, même si Sarkozy a beaucoup fait pour nous aider...

De plus en plus, au fil des élections locales, les habitants de nos villes et de nos villages, quand ils ont le choix, choisissent le projet proposé par la gauche, plus fédérateur. La gauche n'a plus besoin de faire la preuve de sa capacité à gérer efficacement. Elle est devenue la référence pour inventer de nouvelles solidarités locales, pour développer les territoires.

La dimension politique nationale de cette élection est une évidence, et la nier relève de la plus parfaite mauvaise foi. Le carton jaune a été sorti. Bien sûr, il ne faut pas laisser penser que les élections locales remettent en cause la légitimité du président et de sa majorité au niveau national. Les collectivités de gauche ne peuvent que tenter d'atténuer les effets les plus dévastateurs de la politique gouvernementale, même si le pouvoir risque de leur couper les vivres, en diminuant les dotations de l'Etat.

Mais lorsque les français vont se rendre compte que le gouvernement, loin de tempérer ses projets, entend les accélérer et infliger à la France un plan de rigueur et une purge libérale drastique, je crains que ce soit la démocratie qui en sorte affaiblie. Pas de remaniement ministériel (seulement quelques maroquins ministériels distribués en plus, et quelques conseillers remerciés), pas de changement de cap. Les Français n'ont pas voté seulement pour que Sarkozy endosse mieux les habits présidentiels, mais pour qu'il s'occupe de leurs préoccupations, et en premier lieu du pouvoir d'achat, au lieu de distribuer cadeaux et prébendes. Certains, notamment les plus jeunes, finiront par se demander à quoi il sert de voter si le pouvoir n'entend rien changer. N'oublions pas que les manifestations contre le CPE et les émeutes dans les banlieues ont suivi les élections régionales et cantonales de mars 2004, où le pouvoir, alors incarné par Raffarin, avait fait mine de ne rien changer après sa grave défaite.

Nous sommes dans une impasse. Savez vous que malgré les victoires historiques remportées ce dimanche, l'alternance n'est toujours pas en vue au Sénat, ni en 2008 (renouvellement d'un tiers), ni en 2011 (renouvellement de moitié) ? Cette anomalie démocratique n'a jamais été aussi criante et scandaleuse.

Le PS doit prendre la mesure de la tâche qui l'attend, et ne pas retomber dans ses vieux démons. Ce sera aux militants d'imposer plus d'autorité, là où des dissidences nous ont coûté des victoires, et plus de travail collectif, là où d'autres voudraient présidentialiser le parti et en changer la nature.

Pour le moment, goûtons la victoire, et pensons à nos amis qui ont été défaits et qui reviendront demain.

06 mars 2008

Qui sème le vent récolte la tempête

Le 1er tour des élections municipales et cantonales approche

Je me méfie des sondages, qui annoncent une défaite sévère pour l'UMP. Ils sont largement destinés à remobiliser l'electorat de droite. Il ne faut pas crier victoire avant l'heure, et si celle-ci semble en effet probable, son ampleur dépendra de la mobilisation de l'électorat de gauche

Pourtant, au fil des marchés, du porte-à-porte, et des réunions publiques, c'est vrai que je me laisse gagner par l'optimisme. Pour trois raisons en particulier :

- le soin que l'ensemble des candidats de droite mettent à gommer leur étiquette politique en dit long sur leur crainte de subir le mécontentement de l'électorat vis-à-vis du pouvoir. Ces efforts pathétiques pour s'offrir une nouvelle virginité politique ne trompent personne : ceux qui soutenaient avec enthousiasme Sarkozy il y a encore quelques semaines sont tenus comptables du grand tour de passe-passe sur le pouvoir d'achat, et seront rendus complices du plan de rigueur qui se prépare dans le secret après les municipales ;

- la colère est là, profonde. C'est plus que de la déception, c'est le sentiment d'avoir été trompé. Quand la vie devient de plus en plus difficile, et que l'on vous dit d'attendre patiemment votre tour, devant le spectacle des favorisés qui se servent à pleines mains, il y a de quoi. Montée de la précarité, bidonnage des chiffres du chômage, petites retraites, franchises médicales, inflation, c'est le sort du plus grand nombre et la situation va encore s'aggraver, avec une croissance prévue en 2008 de 1,4%. Cette colère est silencieuse, déterminée, et beaucoup ont décidé de sortir le carton jaune pour le "président du pouvoir d'achat".

- l'agressivité de la droite est à la hauteur de ce qui se prépare. Dans plusieurs communes, comme dans ma ville de Berck-sur-Mer591663979.jpg, on me signale des tracts injurieux, diffamatoires, lâches, parfois anonymes, attaquant les hommes, on voit des affiches arrachées, salies, jetées à terre, on entend des violences verbales, des insultes, à l'image du fameux "casse toi, pauvre con" de celui qui a été élu président. Ces attaques indignes ne font que renforcer les élus et candidats de la gauche, qui bénéficient souvent d'une image positive auprès de la population, compte tenu de leur engagement et de leur bilan, car pour eux la solidarité n'est pas un vain mot.

Alors oui, j'en viens à croire que si les citoyens se mobilisent, la victoire de la gauche les 9 et 16 mars aura une vraie portée politique, susceptible de freiner les projets les plus néfastes du gouvernement, de redonner de l'air à ceux qui n'en peuvent plus, et de permettre à des élus de gauche de faire de leurs villes, de leurs départements, des territoires de résistance et d'innovation sociale.

Le premier rendez-vous du pouvoir avec le peuple sera orageux. Et salutaire.