19 septembre 2008
aveugle et clairvoyante
Assia El'Hannouni, l' athlète malvoyante aux 4 médailles aux jeux paralympiques avait été déçue de l'attitude de Sarkozy et de Bachelot qui n'ont pas été présents aux jeux paralympiques ni accordé de l'intérêt aux athlètes (on se rappelle pourtant certaines promesses du candidat Sarkozy ...).
Finalement Assia El'Hannouni est quand même allée à l' Elysée pour le pince fesses d'aujourd'hui mais en en sortant, elle a confirmé que Sarkozy est "le président que l'on sait", qu'il fait semblant d'écouter et qu'au mieux il entend, ne s'intéressant finalement qu'à SA comm..
Les électeurs ont-ils été à ce point aveugles qu'il faut une malvoyante pour voir clair en Sarkozy ?
Au-delà de cette polémique, je partage l'idée que le pouvoir et les médias n'ont pas accordé toute l'importance que méritaient ces jeux paralympiques, qui étaient l'occasion de parler de ces athlètes et des valeurs qu'ils portent. Je suis persuadé que la diffusion des compétitions aurait rencontré un succès public, comme c'est le cas par exemple en Allemagne.
Quand je pense que Jean-Marie Krajewski, le maire de Berck-sur-Mer, dont l'engagement en faveur des handicapés est connu, a été critiqué par des esprits étroits pour s'être rendu à Pékin afin d'assister aux compétitions et "vendre" l'idée que le Nord et le Pas-de-Calais soient une base arrière pour les JO de 2012, notamment pour les jeux paralympiques...
En tout cas, merci encore de cette leçon de courage et d'humilité que nous ont offert nos athlètes tricolores, dont nous pouvons être fiers
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10 septembre 2008
touche pas à ma Poste
Parmi les projets les plus néfastes de la rentrée sociale figure celui de privatiser La Poste, après changement de statut et ouverture de son capital en bourse. Je crois qu'il faut se mobiliser fortement pour la défense farouche de l'un des derniers services publics, dont rien, pas même l'ouverture au plan européen à la concurrence, ne justifie la privatisation. La Poste est un établissement rentable, et son développement peut être financé, sans devoir verser des dividendes à des actionnaires privés qui ne manqueront pas de renoncer à toute présence postale non bénéficiaire.
Pour ce qui concerne le Parti socialiste, j'ai plaidé, tant au niveau national que dans la fédération, pour que l'on fasse de ce dossier un symbole. Je crois avoir été écouté, parmi d'autres, et nous allons avec nos élus et nos militants soutenir l'action des salariés et des syndicats, notamment en prévision de la grande journée d'action du 23 septembre.
Une pétition nationale a été élaborée par le PS, avec le Parti communiste (PCF), le mouvement républicain et citoyen (MRC) et le parti radical de gauche (PRG), qu'il faudra largement diffuser, pour montrer la mobilisation et créer les conditions d'un vaste débat public. Si un jour nous pouvons réclamer un réferendum d'initiative populaire sur le sujet, nous le ferons, même si les textes ne le permettent pas encore.
Mais au-delà, j'en appelle à tous les élus, quelles que soient leurs convictions, et à tous les citoyens de bonne volonté, qui pensent qu'il faut stopper la dégradation du service postal, en milieu rural ou dans les quartiers populaires. L'urgence n'est pas de privatiser La Poste, mais d'améliorer les conditions de distribution du courrier et d'accueil des usagers, de garantir le prix unique du timbre, de pérenniser la distribution 6 jours sur 7, et de permettre aux foyers les plus modestes de trouver encore un partenaire bancaire au sein de La Poste.
Non, le service public n'est pas une idée dépassée, un poids insupportable pour la nation, comme voudrait nous le faire croire le pouvoir. C'est une force, une fierté, un atout pour l'avenir. C'est la dernière richesse de ceux qui n'ont rien. C'est ce qui cimente encore notre communauté républicaine. Alors, touche pas à ma Poste !
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08 septembre 2008
Big sister EDVIGE
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Sans débat public préalable, comptant sans doute sur la trêve estivale pour faire oublier ce dossier, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).
A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.
En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l’ordre public ».
Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que : état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives …
La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois.
Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans et cela sans qu’aucune infraction n’ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée, tandis qu'aucune procédure ne permet le "droit à l'oubli" après un certain temps. On en revient à la "fleur de lys" marquée au fer rouge.
Cette initiative gouvernementale, porteuse à l’évidence de nombreuses dérives, s’inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d’une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.
Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.
Le parti socialiste s'est engagé dès le mois de juillet pour contrer cette initiative dangereuse pour les libertés publiques, et la pétition d'un collectif de 700 organisations, avec la ligue des droits de l'homme, http://nonaedvige.ras.eu.org/ ,a recueilli des dizaines de milliers de signatures. Si vous ne l'avez pas encore fait, signez cette pétition, et faites la signer autour de vous.
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04 septembre 2008
La Rochelle - acte I du congrès
Je ne suis pas le seul à ne pas partager le pessimisme complaisamment relayé après La Rochelle. Lisez par exemple ce qu'en dit Claude Bartolone :

"Le 3 septembre 2008
Chère camarade, cher camarade,
Mais que s’est-il donc passé à la Rochelle ? C’est la question que se posent les militants, sympathisants, électeurs qui ne s’y trouvaient pas et qui sont souvent déboussolés, voire dégoûtés. On les comprend : à lire les commentaires, les trois jours de l’université d’été n’auraient été que pugilat, divisions, repli du parti sur lui-même… Pour démêler le vrai du faux, j’ai pensé utile de te dire comment, avec Laurent Fabius et les camarades de notre sensibilité, nous avons vécu cette université d’été.
A la Rochelle , nous avons combattu la politique de N. Sarkozy en faisant des propositions pour une alternative crédible en France et en Europe. Dans « université d’été », il y a « université », autrement dit réflexion collective. Celle-ci a été riche, vivante, et il est regrettable que les médias n’aient pas davantage mis en avant la participation active de 4 000 militants, élus locaux, cadres fédéraux, responsables nationaux au sein des 21 ateliers qui ont rythmé le week-end. De nombreux amis ont participé aux tables rondes : Pervenche Berès (« le Manifeste du PSE 2009 »), Bariza Khiari (« le projet socialiste de coopération franco-méditerranéenne »), Guillaume Bachelay (« ce que les sociaux-démocrates peuvent faire du traité de Lisbonne »), Henri Weber (« où en est la présidence française de l’UE ? »), Alain Vidalies (« le code du travail en miette : le vrai projet Sarkozy-Fillon »), André Laignel (« Comment l’UMP étrangle les collectivités locales »), Claude Roiron (« l’école, la recherche, l’université : la droite contre le savoir »), Vincent Léna
(« la solidarité urbaine : l’impensé de la droite »), Didier Mathus (« l’audiovisuel selon Sarkozy-Fillon »), moi-même (« quelle politique économique et sociale de gauche ? ») et d’autres encore. Avec conviction, nous avons fait partager aux camarades les analyses et les réponses de « Reconstruire à gauche ».
Je veux tout particulièrement attirer ton attention sur la séance plénière consacrée à l’Europe qui s’est déroulée dès l’ouverture de l’université d’été. Dans le grand auditorium, Laurent Fabius en était le grand témoin. Il a pu développer son diagnostic de la crise de la social-démocratie européenne, sa volonté de substituer le « juste échange » au libre échange pour développer nos économies et protéger nos modèles sociaux, sa critique de la politique européenne de N. Sarkozy qui préfère le magma institutionnel à la relance des politiques concrètes pour les Européens. Afin de mettre le PS et le PSE sur les bons rails en vue des élections européennes de juin 2009, Laurent Fabius a avancé cinq propositions précises sur l'Europe : une clause de sauvegarde sociale, une coopération renforcée en matière de recherche et d’innovation, une véritable communauté européenne de l'énergie, un programme européen d'investissements massifs et un espace Schengen de la défense. Dans la salle, les 400 militants présents ont, semble-t-il, approuvé ces orientations précises, tournées vers le futur, qui permettent de dépasser les oppositions du Oui et du Non au traité constitutionnel européen. Car tous les socialistes sont des pro-européens convaincus. Et la crise du modèle libéral exige un sursaut de la gauche européenne. Les médias, sans surprise, se sont fait peu l’écho des propositions concrètes formulées par Laurent. A chacune et chacun de nous, maintenant, de les marteler dans nos sections et nos fédérations. Et poser une question simple : à la Rochelle , quels autres dirigeants socialistes ont fait de même, c’est-à-dire voulu donner à nos militants des outils pour convaincre et tourner le PS vers les Français et vers l’avenir ?
Bien entendu, la Rochelle fut aussi l’acte I du Congrès de Reims. Pour toutes les sensibilités présentes, ce fut le moment d’échanger avec d’autres. Pour tous les animateurs des contributions générales, ce fut la possibilité de promouvoir leurs analyses et leurs propositions. Pour les militants et les dirigeants, ce fut aussi l’occasion de discuter des candidats possibles au poste de premier secrétaire. Et c’est normal ! Dans un peu plus de dix semaines, les militants du Parti socialiste auront à se prononcer sur la ligne politique, la stratégie d’alliances, la direction chargée de mettre le parti en ordre de marche pour préparer l’alternance. Cela mérite que des sensibilités expriment leurs souhaits ! Les projets politiques s’incarnent dans des femmes et des hommes, que départagent les adhérents. On peut se moquer de la passion socialiste pour le débat, comme le font les dirigeants de l’UMP. On peut aussi y voir une richesse, la marque de notre histoire, la preuve de notre vitalité démocratique.
Nous sommes allés à la Rochelle avec la volonté de participer au pôle des Reconstructeurs qui constitue le véritable espoir d’un changement du PS. Voilà près d’un an, lors de notre réunion à Sciences-Po le 29 septembre 2007 , nous avons fait le choix de rencontrer et de débattre avec d’autres sensibilités socialistes pour tenter, dans la fidélité à nos convictions, de reconstruire ensemble notre parti. Nous avons continué le travail et, au fil de nos réunions (en janvier 2008 au Sénat et le 1 er juin lors de la journée nationale des reconstructeurs), un rassemblement possible s’est dessiné. Nous avons publié des textes communs et des tribunes qui ont montré notre convergence sur l’avenir de l’Europe, sur la nécessité d’inventer de nouvelles réponses à l’heure de l’épuisement de la social-démocratie traditionnelle et sur la conception du parti. Au début, notre initiative a suscité l’incrédulité et a été accueillie par une certaine indifférence. C’est sans doute parce qu’elle apparaît maintenant comme plus crédible que certains se déchaînent contre elle !
Le week-end dernier nous avons donc échangé avec Martine Aubry et ses amis, avec les partisans de Dominique Strauss-Kahn, avec Arnaud Montebourg et ses camarades, ainsi qu’avec les membres du NPS, notamment Benoît Hamon , avec lesquels nous avons beaucoup de convergences. Nous l’avons fait dans un souci de double transparence : transparence à l’égard des membres de notre sensibilité (en conviant Martine Aubry, Jean-Christophe Cambadélis et Benoît Hamon à notre réunion plénière de sensibilité pour qu’ils nous disent ce qu’ils attendent du Congrès) et transparence à l’égard de la presse (en participant à un large déjeuner auquel tous les responsables avaient été conviés). Là aussi, je pose une question simple : y a-t-il une autre sensibilité du parti qui a, en marge de l’université de la Rochelle , ouvert ses portes à des camarades de sensibilités différentes ? Seuls les reconstructeurs ont fait véritablement le choix de l’ouverture, du dialogue, de la camaraderie, en privilégiant le débat sur le fond aux aventures médiatiques personnelles.
Dans ces réunions, il a été surtout question de l’avenir de la gauche . Nous partageons aujourd’hui un même diagnostic : après 20 ans sans victoire présidentielle et 11 ans sans victoire législative, il est vital de changer en profondeur le PS. C’est l’intérêt général du parti qui nous motive. Les Français comprendraient-ils qu’après ces échecs, on maintienne à peu près les mêmes personnes, les mêmes candidats, les mêmes synthèses et les mêmes orientations politiques ? Nous voulons un nouvel Epinay entre des sensibilités et des responsables qui partagent l’essentiel, c’est-à-dire l’ancrage à gauche du PS, le refus de la peopolisation de la vie politique et de la présidentalisation du parti, l’opposition vigoureuse au sarkozysme, et l’exigence d’une refonte de la social-démocratie européenne. Certes, nous ne sommes pas d’accord sur tout. Mais pour gagner des élections, il ne faut pas simplement rassembler des gens qui pensent la même chose. Il faut être capable d’entraîner des sensibilités diverses. Et pour cela, il est indispensable de réunir des militants qui peuvent avoir des approches différentes sur telle ou telle question. Vouloir rassembler uniquement « ceux qui pensent la même chose », comme le proposent certains, est la meilleure recette pour rester éternellement minoritaires dans le pays .
Allons plus loin et regardons, là aussi, les faits. Où est le sectarisme ? Où se niche l’incohérence ? Le sectarisme est du côté de ceux qui, ces derniers jours, ont multiplié dans les médias les exclusives, voire les injures à l’égard de notre sensibilité. Que nous reprochent-ils ? D’avoir vu souvent juste, qu’il s’agisse de la laïcité en 2003, de la crise européenne en 2005, de la nécessité d’augmenter le pouvoir d’achat et d’abord le Smic en 2006, du refus de la TVA sociale en 2007 ou encore de la prise de conscience début 2008 d’un virage atlantiste et bushiste de la France en Afghanistan ? Pourquoi un tel rejet à notre égard ? On nous dit : les fabiusiens ne sont pas fréquentables parce qu’ils ont fait un choix différent en 2005. La manœuvre est un peu grosse. Pourquoi étions-nous fréquentables lors du Congrès du Mans, quand nous étions nécessaires à la synthèse, et pourquoi ne le serions-nous plus aujourd’hui ? Pourquoi d’autres responsables qui ont fait le choix du non, sont-il aujourd’hui des interlocuteurs acceptables, alors que nous ne le serions pas ? Tout cela montre bien qu’il ne s’agit que d’arguments de façade. L’ostracisme envers Laurent Fabius traduit avant tout la peur de certains de perdre le confort de la direction du parti ou de devoir se mesurer à l’un des seuls responsables socialistes qui a été capable jusqu’à présent de s’opposer efficacement (60 députés lui doivent leur siège) et de proposer positivement (voir ci-dessus les propositions sur l’Europe) ?
Quant à l’incohérence, on se pince pour y croire ! Ceux qui dénoncent les rencontres au grand jour entre socialistes n’oublient-ils pas que certains, entre les deux tours de la présidentielle, se rendaient, à la nuit tombée, au domicile de F. Bayrou pour quémander son soutien ? Sans oublier ceux qui se proclamaient au printemps « socialistes et libéraux » et qui veulent aujourd’hui donner des exemples de cohérence idéologique.
Nous ne sommes pas dupes de ces manœuvres qui consistent, par médias interposés, à installer la confusion dans l’esprit des militantes et des militants. Au fond, deux destins s’offrent au Parti socialiste :
- soit on réédite les recettes déjà essayées et qui ont conduit à l’échec (la présidentialisation du parti, la droitisation des analyses, la tentation de l’alliance au centre droit, la sous-estimation de la crise de la social-démocratie européenne, ainsi que la prétendue ritournelle de l’unité aux dépens du travail de fond et de la clarté de l’orientation politique). Ce sont des impasses.
- soit on change en profondeur – c’est l’autre destin possible pour le PS – pour affirmer un socialisme décomplexé. C’est ce qu’appellent de leurs vœux, chacun avec ses mots, son histoire, sa personnalité, notamment Martine Aubry, Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Paul Huchon, Benoît Hamon , d’autres, et bien sûr nous toutes et tous, autour de Laurent Fabius. A ces responsables d’être à la hauteur du moment historique dans lequel se trouve le Parti socialiste en réussissant à bâtir, avec d’autres comme le pôle écologique de notre ami Géraud Guibert , un projet de reconstruction à vocation majoritaire. Y a-t-il aujourd’hui au sein de notre parti une autre proposition de changement à la mesure de celle-ci ? Y a-t-il une autre perspective collective aussi innovante ?
Une dernière question : parmi ces deux offres, laquelle redoutent à la fois N. Sarkozy , notre adversaire de droite, et O. Besancenot, notre concurrent d’ultragauche ? Poser la question, c’est y répondre.
Refusons la confusion et contribuons à la clarification réclamée par les militants qui s’apprêtent à lire les motions en septembre, à choisir une orientation, puis à désigner une direction nouvelle avec un ou un(e) premier(e) secrétaire courant novembre. Soyons fidèles à notre volonté de « rassembler à gauche ». A ce stade, Martine Aubry présente de nombreux atouts qui font d’elle un pivot de ce rassemblement. Elle symbolise la gauche qui réussit localement. Elle porte une ligne politique qui ne confond pas la gauche et la droite. Elle refuse la présidentialisation et se place sur le terrain collectif. Elle est capable, nous l’espérons, de rassembler largement.
Nous sommes déterminés plus que jamais à changer le PS pour éviter qu’il se brise sur ces deux récifs que sont l’immobilisme et le libéralisme. Au cours de ce congrès, nous débattrons dans la sérénité et la clarté, proposerons à gauche, agirons avec d’autres pour bâtir une majorité de renouveau. Je t’invite à suivre cette feuille de route dans ta section et au sein de ta fédération. A nous de montrer l’exemple et le chemin. Pour que Reims soit le début du renouveau socialiste qu’attendent nos camarades, nos électeurs, notre pays et l’Europe.
Amicalement,
Claude Bartolone"
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01 septembre 2008
Rentrée des classes, retour des classes
Rien de bien encourageant pour cette rentrée. Après un été maussade, sur le plan de la météo et du porte-monnaie, qui a desespéré les vacanciers et les professionnels du tourisme, peu de bonnes nouvelles pour se redonner du baume au coeur. En tout cas pas cette réunion convoquée par le Premier ministre fin août pour dire que la situation n'était pas si grave et qu'il était urgent d'attendre. Quel culot d'oser dire çà à des familles qui ont du mal à remplir le cartable des enfants, après avoir souvent renoncé aux vacances rêvées, et qui chaque mois font mille sacrifices pour joindre les 2 bouts !
En réalité, les nouvelles sont mauvaises, la France a fait les mauvais choix et les nuages noirs qui s'amoncellent sur l'économie mondiale ne présagent rien de bon. Faiblesse de la demande (le nom savant des économistes pour le pouvoir d'achat), effondrement des exportations avec l'euro cher et la chute des investissements, baisse de la construction et de l'immobilier, fragilité du secteur bancaire, tous les moteurs de l'économie sont au ralenti. Et le gouvernement a épuisé ses marges de manoeuvre, en dilapidant son paquet fiscal pour les plus riches, et en créant chaque mois un nouvel impôt pour remplir les caisses. Chacun sent la responsabilité du pouvoir dans cette situation, qui se traduit par des niveaux d'impopularité toujours aussi grands pour le Président, malgré une situation internationale qui le met en avant.
Pourtant, le retour de nos bambins dans les classes des écoles pourrait bien être aussi le retour dans le débat public des classes sociales. L'illusion du "travailler plus" s'est dissipée, et la politique du gouvernement apparait dans toute sa brutale simplicité. Elle démantèle systématiquement les outils de protection collective (code du travail, services publics, retraite, sécurité sociale...) comme autant de chaînes empêchant les individus de courir plus vite. Ce faisant, elle les abandonne à leur sort. Vous voulez un boulot ? Acceptez la précarité ou l'éloignement. Vous voulez plus d'argent ? Demandez à votre patron des heures sup. Une retraite ou des soins ? Payez-vous une mutuelle. Vous voulez que vos enfants réussissent ? Choisissez les meilleurs établissements et offrez leur des cours de soutien.
Beaucoup commencent à se rendre compte que cette liberté nouvelle n'est en fait accessible qu'à quelques uns, toujours les mêmes. Et l'on redécouvrira bientôt que c'est ensemble qu'il faut défendre des droits, et non pas chacun dans son coin. Et que c'est l'honneur d'une civilisation, et la force d'une économie, de parier sur l'humanité, plutôt que de vouloir retourner à la guerre du feu. La droite s'est appuyée sur la critique - souvent légitime - du marxisme pour nous ressortir toujours ses vieilles recettes et ses mêmes purges sous un autre nom, aujourd'hui "la rupture sarkozyenne". Il est temps de redécouvrir l'esprit de classe, pour que le plus grand nombre s'oppose à une régression sociale brutale, dont seul une minorité profite. Et ce n'est pas le RSA, maigre rustine, d'ailleurs pas sans dangers, qui permettra de colmater les brèches béantes ouvertes dans le contrat social.
J'ai conscience qu'un PS durablement affaibli ne facilite pas cette prise de conscience, et que les syndicats ont du mal à mobiliser. Mais j'ai confiance. Il y a quelques jours, j'étais l'invité du "barbecue de la rose" des jeunes socialistes du Pas-de-Calais, et, croyez-moi, il y dans leurs regards une lueur de farouche détermination. Cette génération nous réserve de bonnes surprises. La classe !
Même La Rochelle, où je me rends chaque année pour plancher à l'Université d'été des socialistes, m'a redonné l'espoir. Contrairement aux observateurs extérieurs, qui ne mettent pas les pieds dans les ateliers et ne s'interessent qu'à ce qui se passe aux terrasses du vieux port, j'ai ressenti chez les militants et de nombreux élus un besoin fort de se retrouver, de dire "nous". Une volonté de regarder de l'avant en oubliant certains clivages du passé, un plaisir à retrouver la discussion sur le fond, une urgence à renconstruire une gauche forte et crédible. Bien sûr, ce n'était pas nécessairement l'état d'esprit général, et il y a fort à faire pour brider les individualismes qui s'expriment dans les "écuries"présidentielles. Mais j'ai l'espoir qu'on y parvienne, et qu'au PS aussi ce soit le retour des classes !
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23 juin 2008
La montagne accouche d'une souris
C'était à moi de monter au front pour le PS, après l'opération de communication de Fadela Amara à Meaux, en présence de nombreux ministres, et de nouvelles annonces sur les banlieues. Décidemment décevantes.
Il fallait annoncer quelque chose avant l’été, pour tenter de prévenir les risques d’explosion dans les quartiers populaires, traditionnellement forts durant la période. Dans la douleur et la confusion, après de multiples reports, le « plan Marshall » promis par le candidat SARKOZY a définitivement laissé la place à un ensemble de mesurettes sans vision ni financement. La montagne a accouché d’une souris.
La dégradation de la situation sociale dans les quartiers, directement liée à la politique du gouvernement, rend d’autant plus dérisoires, les effets d’annonce de la secrétaire d’État :
- Éducation : ce ne sont pas 50 bus[1] qui vont arrêter la catastrophe annoncée de la carte scolaire. Au contraire, cette politique–alibi donne le signal de la fuite, ceux qui n’ont pas le choix, restant dans des écoles publiques ghettoïsées.
- Santé : la faillite organisée du système de santé publique, les problèmes de pouvoir d’achat, les franchises médicales et les déremboursements réduisent à néant les efforts de prévention et ne font qu’accentuer les inégalités les plus choquantes,
- Sécurité : Après avoir supprimé les emplois-jeunes, les médiateurs, les correspondants de nuit et la police de proximité, le gouvernement veut des milices et des gardiens d’immeuble qui soient des vigiles. Les caméras de vidéo surveillance et les drones ne remplaceront jamais la présence policière et le dialogue avec la population.
- Emploi : le contrat d’autonomie est la reprise du parcours TRACE de Aubry-Bartolone. Pourquoi l’avoir abandonné et recréer un dispositif réduit et moins bien financé ? les engagements de grandes entreprises sont toujours les mêmes et sont des annonces sans lendemain, tandis que chaque jour des chômeurs sont rayés des listes.
- Logement : la maison à 15 €/jour échouera comme la maison à 100 000 € de BORLOO. La construction de logements sociaux n’a jamais été aussi faible, son financement par le livret A est fragilisé et rien n’est fait contre les maires –de droite- qui refusent d’en construire 20 %.
- Transports : l’enveloppe de 500 M€ prélevée sur le Grenelle de l’Environnement ne servira qu’à financer 3 lignes de tramway, quand plusieurs centaines de quartiers souffrent d’enclavement.
Au total, le Parti Socialiste, qui prône une nouvelle politique ambitieuse de Solidarité urbaine, juge dérisoires et stigmatisantes les quelques mesurettes annoncées. Il s’interroge sur le crédit à accorder à Fadela Amara, qui prétend avoir obtenu ce qu’elle voulait alors qu’elle n’a eu que des miettes du gâteau fiscal de 15 Mds € offerts aux plus favorisés il y a tout juste un an.
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19 juin 2008
Des citoyens d’Hesdin à l’hôtel Matignon !
Quand Jean-Marie Roussel, le maire d’Hesdin, a lancé l’idée d’une visite à la Cour des comptes à Paris, Muriel Dumont, la dynamique président d’Accueil Villes Françaises a tout de suite dit oui. Avec ma complicité (j'avais déjà animé – en robe de magistrat – une conférence sur le sujet à Hesdin), un bus entier est ainsi parti en expédition pour visiter le prestigieux palais Cambon et découvir les secrets des gardiens de la bonne utilisation de l’argent public. Il y ont même croisé Philippe Séguin, qui fait beaucoup pour cette institution. Mais d’autres portes, d’ordinaire peu accessibles au citoyen, se sont ouvertes ce jour-là. Après un déjeuner sur le pouce dans les jardins du musée Rodin, le groupe s’est rendu l’après-midi à l’hôtel Matignon, siège des gouvernements depuis 1935. Accueillis en grande pompe par les gardes républicains, ils ont visité les magnifiques salons et la terrasse du jardin de 3 hectares. Ils ont tout appris – ou presque – du fonctionnement de la machine gouvernementale, dans le salon du conseil où plane encore le souvenir de Léon Blum, de Pierre Mendès-France ou du général de Gaulle. Car Matignon, véritable bijou architectural dans son écrin de verdure, est aussi une véritable ruche, où se prennent chaque jour des décisions importantes pour la vie du pays. Cette journée exceptionnelle ne fut troublée que le malaise sans gravité d’une hesdinoise, immédiatement prise en charge par le médecin militaire de Matignon, et par quelques gouttes de pluie. La visite s’est terminée dans la salle de cinéma du Premier ministre, où le groupe fut chaleureusement accueilli par un gendarme originaire…de Maresquel. Ce jour là , Paris appartenait décidemment à Hesdin et au Pas-de-Calais ! Ce fut décidemment un grand moment, et j'ai été heureux de contribuer à mieux faire connaître nos institutions, et à rappeler à ceux qui les occupent qu'ils travaillent pour le plus grand nombre.
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10 juin 2008
reconstruire le PS
Convention fédérale du Pas-de-Calais, ce vendredi à Lens, pour préparer la convention nationale du 14 juin à Paris. Au menu des travaux, faire remonter les amendements issus des travaux en section, pour les faire porter le cas échéant par la fédération. Nous avons retenu deux amendements : le premier, sur l'éducation, est issu du MJS lors de la réunion que j'ai organisée avec Alain Bergounioux à Berck, l'autre porte sur les statuts, pour défendre le droit de procuration et permettre au plus grand nombre de militants de voter lors des grandes échéances. Serge Janquin m'a demandé de les défendre au nom de la fédération au bureau national puis à la convention.
Harlem Désir avait été invité à participer à cette convention, exceptionnellement ouverte à la presse. Dommage qu'il n'y ait pas eu plus de monde, car les échanges furent intéressants. Peut-être que les militants ont considéré qu'il s'agissait d'un mélange des genres, dans la mesure où le lieutenant de Bertrand Delanoë ne s'est pas contenté de parler de la déclaration de principes. Son plaidoyer pour défendre un congrès utile à l'émergence d'un leader, et pour éteindre la polémique sur le "libéralisme politique" revendiqué par son chef de file, ne manquait pas d'intérêt. Mais j'ai le sentiment avec d'autres que le congrès est parti trop tôt, et que le choc frontal annoncé par les médias entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë risque de mettre à mal notre unité. Beaucoup, parmi les partisans des uns et des autres, les incitent à la prudence, et je suis moi-même avec grand intérêt la démarche transversale des "reconstructeurs", qui tente d'imposer un débat de fond et une logique plus collective.
Le grand intérêt manifesté par les militants pour la nouvelle déclaration de principes, même s'ils ne sont pas sentis suffisamment associés, m'incite à penser que l'aspiration à l'unité et la nécessité de travailler sur nos fondamentaux, pour engager la bataille idéologique avec la droite, pourraient prévaloir lors du prochain congrès. Alors que les français souffrent, il ne faudrait pas donner l'impression que le PS ne s'occupe que des enjeux de pouvoir. Fourbissons nos armes, organisons nous, nous avons encore le temps de désigner notre champion pour porter l'estocade !
Lors de la commission des résolutions, qui s'est tenue le mardi jusqu'à minuit avec les membres du bureau national, ou lors de la Convention nationale, où je suis intervenu au nom du Pas-de-Calais, j'ai réussi à faire accepter les différents amendements souhaités par la circonscription ou la fédération sur la déclaration de principe, que j'ai ainsi votée. J'ai insisté pour qu'elle ne reste pas lettre morte, parce qu'elle peut éviter à l'avenir de nombreux faux débats sur des sujets qui ne font pas partie de nos valeurs (ordre juste, libéralisme, par exemple). Par contre, François Rebsamen n'a pas souhaité modifier le texte sur les statuts, pour y intégrer le droit au vote par procuration que demande la fédération, pour permettre à ceux qui ont un empêchement (militants âgés, ou étudiants, par exemple) de participer à la vie du Parti, comme le droit leur en est ouvert pour d'autres élections. Une commission sera installée d'ici le congrès pour étudier cette question. Pour cette raison, et parce que les modifications de statut (plus importantes qu'il n'y parait), auraient du se faire à l'occasion d'un congrès et dans la transparence, j'ai voté contre le texte "vivre ensemble". J'ai terminé mon intervention en souhaitant un congrès qui ne ressemble pas à "réglement de compte à OK Corral", mais plutôt à "Bienvenue chez les ch'tis"....
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03 juin 2008
Déclaration d'amitié
Alain Bergounioux, secrétaire national aux Etudes, nous a fait l'amitié de répondre à l'invitation des socialistes de Berck et de la circonscription à venir débattre de la nouvelle déclaration de principes du Parti socialiste, dont il a présidé la commission de rédaction. Ce fut un moment fort, intense et convivial, ce ceux que l'on aimerait partager plus largement, et qui résume davantage la vie du PS que les batailles rangées qui font les gros titres des journaux. Pendant plus de deux heures, nous avons pu échanger avec lui, lui proposer des amendements. Surtout, nous avons réfléchi à notre identité, notre idéologie (ce n'est pas un gros mot), notre positionnement par rapport à nos partis frères en Europe, mais aussi la droite et l'extrême gauche. Une forte délégation du MJS 62, avec notamment Pierre Ferrari et Sofian Gomis, nous a montré l'intérêt que les jeunes portent à l'exercice, qui permet à la fois de redéfinir notre carte d'identité, mais aussi de parler autour de nous de ces valeurs, et d'encourager tous ceux qui s'y reconnaissent de venir nous rejoindre.
Voici un petit resumé des enjeux :
1) La déclaration de principes est un texte important.Elle fixe les bases idéologiques, historiques et même philosophiques de notre parti. Ni texte d'orientation politique (une motion de Congrès) ni relevé de propositions sur tous les sujets (un programme électoral), elle énonce les valeurs qui nous rassemblent. C'est une charte.
Par-delà les époques et les dirigeants, les femmes et les hommes qui se réclament du socialisme sont animés d'un idéal commun (préambule). Socialistes, nous sommes les héritiers de l'humanisme des Lumières et de la Révolution française (18ème siècle), de la critique du capitalisme et du combat pour l'émancipation par l'éducation (19ème siècle), de l'universalisme qui s'oppose au totalitarisme et au colonialisme (20ème siècle).
Pour être vivante, notre déclaration de principes doit s'adapter aux grands mouvements de l'Histoire. Ses précédentes révisions en témoignent : 1905 lors de l'unification des courants socialistes ; 1945 après la Seconde guerre mondiale ; 1969 avec l'après-De Gaulle ; 1990 après dix ans d'expérience du pouvoir. En 2008, il s'agit d'inscrire le socialisme dans les défis de la mondialisation.
2) Au 21ème siècle, le socialisme est plus que jamais d'actualité.
A l'inverse des conservateurs qui se résignent au monde tel qu'il est - ou qui s'en réjouissent -, les socialistes refusent le fatalisme. Nous croyons à la puissance du politique face aux injustices de la nature ou de la société (article 1).
Contre le creusement des inégalités, le PS poursuit le combat de Jaurès pour la République sociale. Nous voulons bâtir une démocratie qui étend les traditionnels droits civils et politiques des citoyens, mais qui leur garantit des droits économiques et sociaux réels. Pour nous, liberté et égalité sont indissociables (article 2), démocratie politique et démocratie sociale sont inséparables (article 5), citoyenneté et esprit critique vont de pair (article 11), droits et devoirs sont une même réalité (article 15), résistance à la marchandisation et soutien à la culture un même combat (article 16).
Face aux obscurantismes et aux intégrismes de toutes sortes, les socialistes croient dans la force de la science, de la technologie, de la culture, de l'éducation. C'est pourquoi nous mesurons le progrès humain à l'aune de l'amélioration effective des conditions de vie, et non des seuls indicateurs quantitatifs de la croissance économique (article 4).
Loin de la vaine croyance des libéraux dans les capacités autorégulatrices du marché, les socialistes croient dans l'intervention de la puissance publique face au marché. Nous sommes partisans d'un Etat présent et moderne, protecteur et redistributeur, entrepreneur aussi en cas de carence de l'initiative privée (article 8). C'est cet Etat régulateur qui, en garantissant l'équilibre entre les territoires et l'intérêt général, permet une décentralisation positive (article 14).
Devant la montée du communautarisme ethnique et du fondamentalisme religieux, les socialistes revendiquent leur attachement à la laïcité et au respect de la liberté de conscience (article 12), ainsi qu'à la lutte contre les discriminations (article 10).
Refusant le repli sur soi et la logique du choc des civilisations, les socialistes demeurent internationalistes. Nous assumons le choix de l'intégration européenne (article 17), oeuvrons au rapprochement des peuples et à la défense des droits de l'homme (article 9), inscrivons notre action dans le cadre des institutions internationales (article 18).
3) Au 21ème siècle, le socialisme doit intégrer une part fondamentale de nouveauté : l'économie sociale et écologique de marché.
Dans la mondialisation, chacun le sait, notre rapport au marché doit être précisé. Mais attention au contresens ! Ce n'est pas la reconnaissance de l'économie de marché qui est inédite pour les socialistes, mais notre volonté explicite de l'orienter dans une perspective sociale et résolument écologique.
En affirmant son attachement à une économie mixte (article 6), combinant un secteur privé dynamique, des services publics de qualité, un tiers secteur d'économie sociale, la déclaration de principes traduit notre pratique depuis 25 ans ! Le texte ne fait que reprendre dans les mots en 2008 ce que nous avons collectivement traduit dans les faits depuis 1983, au plan gouvernemental comme à la tête des collectivités territoriales.
En revanche, il est clairement nouveau - même si certains poussent en ce sens depuis longtemps, par exemple Laurent fabius - d'inscrire l'exigence du développement durable au coeur de notre doctrine socialiste et non plus à sa périphérie (article 3). Cette évolution aura un impact majeur quand viendra le temps d'élaborer notre projet et de choisir nos moyens d'action. Une économie sociale et écologique de marché signifie qu'il n'y a pas de croissance durable sans prise en compte de l'emploi, de la protection sociale ou de l'écosystème (article 7). Inversement, compte tenu des coûts à supporter, aucun progrès social ni aucune amélioration environnementale durable ne seront possibles sans une croissance économique soutenue. Les pays européens les plus prospères - en Europe du Nord, notamment - ne sont-ils pas aussi les plus écologiques et ceux où la justice sociale est la plus forte ?
Cette approche conjugue toute la gamme de l’action politique - innovation, production, régulation, protections. C'est pourquoi elle peut permettre à la France et à l’Europe de retrouver le chemin de la croissance, de la justice et de l’influence. "L'économie sociale et écologique de marché" n'est pas un slogan, mais une vision de la société et de l'humanité : elle peut être le socle d’une alternative au simplisme dangereux du laisser-faire, peut rassembler la gauche (article 21) et bien au-delà en faisant prévaloir l'intérêt général sur la somme des intérêts particuliers ou privés (article 19).
4) La déclaration de principes doit précéder le débat et non le clôturer ou l'empêcher.
Ce texte est le rappel de nos valeurs pour le 21ème siècle. C'est beaucoup, mais ce n'est pas tout. Au moins trois enjeux ne sont pas abordés qui devront l'être lors de notre Congrès à l'automne.
- Le PS est-il un parti de transformation en profondeur du monde capitaliste ou voulons-nous seulement le réformer à sa marge ? Le concept de "réformisme de transformation sociale radicale" est trop flou pour être retenu.
- Le PS confirme-t-il sa stratégie sociale et électorale du rassemblement de la gauche élargi à d'autres forces ou, au contraire, lui substitue-t-on une autre démarche, privilégiant le centre et le centre droit ? Dans un cas, on peut gagner les élections (mars 2008), dans l'autre cas, on les perd (2007).
- Le PS reste-t-il attaché à l'exigence d'une Europe ouverte, mais sociale ou se résigne-t-il à l'Europe libérale et offerte à tous les vents du dumping et du laisser-faire ? Dans la perspective des élections européennes de 2009 et des échéances de 2012, nous devrons dire aux Français quelle Europe, donc quelle France, nous voulons construire.
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28 mai 2008
les pêcheurs menés en bateau
La crise structurelle que traverse le monde de la pêche est inquiétante. Les promesses de Nicolas Sarkozy en novembre dernier n’ayant pas été tenues, les pêcheurs ont reconduit leur mouvement. Redémarré en France il y a deux semaines, ce mouvement s’étend à d’autres professions et à d’autres pays européens.
Les défis auxquels sont confrontés les pêcheurs sont nombreux : concurrence des élevages piscicoles et des importations, gestion erratique des quotas de pêche, endettement lié au coût des navires d’occasion et surtout prix du gasoil. Pour les étaplois, on peut ajouter la concurrence des senneurs hollandais, qui disposent de solides relais à Bruxelles.
Les solutions annoncées par le ministre Barnier ne permettront pas de résoudre les problèmes de fond. Le Parti socialiste déplore que le gouvernement ait attendu que la crise prenne de l’ampleur pour agir. Malheureusement, les mesures annoncées ne répondent pas à l’ensemble des problèmes structurels auxquels sont confrontés les marins pêcheurs. Pourtant, un nouvel échec du gouvernement signifierait le risque de voir disparaître une partie de la pêche française. On peut se demander si le pouvoir ne s'appuie pas sur les aides financières importantes accordées aux patrons pêcheurs mettant leur bateau à la casse, pour acheter d'une certaine manière leur silence, en oubliant les matelots et leurs familles. Le gouvernement serait ainsi le fossoyeur de la pêche française et de ceux qui en vivent difficilement.
Lors du dernier bureau national du Parti socialiste, Isabelle Thomas, en charge de ce dossier, a longuement analysé la situation et rappelé les principales propositions avancées lors de la dernières campagne des présidentielles :
- aides incitatives et contractualisées aux marins pêcheurs dans le cadre d’une gestion équilibrée de la ressource et protectrice de l’espace maritime (sorte de « CTE de la mer »). Ces aides permettraient de lisser les revenus des équipages, et de leur permettre d'avoir un minimum garanti par l'Etat, les collectivités locales éventuellement, et les patrons de pêche
- refonte de la politique des quotas au niveau européen fondée sur un dialogue constant avec les pêcheurs et les scientifiques.
- régulation du marché notamment grâce à l’instauration d’un prix plancher tenant compte du prix de revient.
C'est l'épreuve de vérité pour Barnier, et tous ceux qui le soutiennent, comme dans ma circonscription MM. Fasquelle et Darchicourt, aux abonnés absents et de plus en plus contestés par les marins pêcheurs étaplois. Ces derniers, d'habitude en pointe sur les mobilisations, ont l'impression de s'être faits...mener en bateau
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