23 janvier 2007

Non, la droite ne salira pas la mémoire de l'Abbé Pierre

medium_abbepierre.jpgTrop c'est trop !

Quand j'ai entendu que Jean-Louis Borloo voulait rebaptiser "Abbé Pierre" la loi sur le droit opposable au logement , dernière pirouette de Jacques Chirac pour répondre à l'interpellation des Enfants de Don Quichotte, je me suis dit que vraiment la droite n'avait aucun scrupule.

Quand je pense qu'il y a quelques mois il a fallut que l'Abbé Pierre se mobilise à l'Assemblée Nationale pour empêcher les députés UMP de vider de son contenu la loi SRU votée par la gauche et qui impose 20% de logements sociaux dans chaque commune de plus de 3500 habitants !

Quand je pense que plus de 50 ans après l'insurrection de la bonté il n'y a jamais eu autant de SDF dans les rues, y compris des travailleurs pauvres obligés de vivre sur le trottoir ou dans une caravane.

Quand je pense qu'il y a plusieurs millions de citoyens qui attendent un toit décent, et que la contruction de logements sociaux ne progresse toujours pas, et que de nombreuses villes de droite en refusent le principe. Que Jean-Louis Borloo accepte de détruire des logements dans les quartiers populaires sans obliger les élus et les bailleurs à en reconstruire au moins autant.

Non, la droite ne volera pas la mémoire de l'Abbé Pierre, qui aurait été révolté de se servir de caution à un gouvernement qui a érigé l'égoïsme en principe. L'Abbé, tu vas nous manquer. Nous étions nombreux à te recommander de dénoncer plus fortement le pouvoir, mais tu préfèrais construire la solidarité au quotidien, avec toutes les bonnes volontés. Ton choix était respectable, mais il n'est pas respecté par ceux qui veulent usurper ta mémoire. Heureusement que la relève est assurée, avec des militants de la trempe des Don Quichotte.

medium_pereleon.jpgJ'ai aussi une pensée pour le Père Léon, disparu depuis quelques années, et qui avait fondé Le Relais à Bruay-la-Buissière, dans la mouvance des communautés Emmaüs, et qui se serait étranglé en voyant ce que la droite au pouvoir était prête à faire pour tromper l'opinion.

Je suis révolté.

 

16 janvier 2007

tout est possible

medium_2007_0116irene0027.2.JPGJ'ai participé hier à la cérémonie des voeux à la presse de François Hollande, avec les autres membres de la direction nationale. L'occasion de vider la mauvaise querelle faite au PS de vouloir s'attaquer aux classes moyennes, alors qu'il ne s'agit que de revenir sur certaines des baisses d'impôts les plus injustes, concernant 2% des contribuables les plus riches (12.000 euros par mois pour un couple avec 2 enfants...).

C'était aussi l'occasion de revenir sur la mise en scène mégalomaniaque de Nicolas Sarkozy, qui s'est donné cette fois ci des allures de Berlusconi, en conviant la France à assister à son sacre solitaire.

Censée afficher la grandeur, le rassemblement et la nouveauté, l'évènement n'inspire que la démesure, la solitude et la tradition. Personne ne sera dupe : il ne suffit pas de citer Jaurès pour masquer une politique de classe, et la rupture ne peut s'incarner dans la brochette de tous les anciens Premiers ministres de la droite au pouvoir depuis 15 ans. medium_toutestpossible.2.JPGMême son nouveau slogan, sur un fond de paysage sans vie, n'est qu'un emprunt à un mot d'ordre de 1972...du PS §

Mais il reste une impression de violence, le sentiment que cet homme est prêt à tout pour prendre le pouvoir.

Tout est possible. Mais je veux croire que nous saurons barrer la route à un homme agité, solitaire, violent, dont les idées libérales sont dangereuses pour la France.

 

 

 

05 janvier 2007

En 2007, préparons un avenir meilleur pour les jeunes

medium_getimageactu.2.jpg

Je n’oublie pas, en cette période des vœux, ceux qui n’en reçoivent jamais, ou qui n’y croient plus. Ceux qui sont isolés, malades, handicapés, dans la détresse, mal logés. Ceux qui viennent d’être licenciés, ceux qui vivent la précarité ou le chômage. Notre société n’a jamais été aussi injuste, et c’est révoltant d’entendre le gouvernement proclamer que les choses vont bien. Agissons en 2007 à titre individuel pour tendre la main aux plus fragiles et tous ensemble pour une société plus fraternelle.

2007 est une année électorale décisive, vous le savez. Il faudra tous nous mobiliser pour barrer la route à ceux qui attisent la peur de l’autre et professent la loi du plus fort. Je ne veux pas revivre le cauchemar d’un Le Pen au 2ème tour de l’élection présidentielle. Je ne veux pas non plus de Sarkozy à l’Elysée, car cet homme agité et ses idées libérales sont dangereux. Soutenons de toutes nos forces Ségolène Royal, qui peut seule leur faire barrage, et dont le projet peut rendre l’espoir aux Français après l’échec de la droite qui a tous les pouvoirs depuis 5 ans. J'y contribuerai de toutes mes forces dans les instances nationales du PS et sur le plan local.

 

En juin, les citoyens choisiront leur député. En fonction de sa personnalité, de ses idées, mais aussi de sa volonté d’écouter et d’agir. Je proposerai aux habitants de la 4ème circonscription du Pas-de-Calais de les représenter à l’Assemblée Nationale, mais aussi de tout faire au plan local pour les protéger des dégâts du libéralisme et raccrocher notre territoire au train du développement régional. Ces derniers mois, j’ai passé beaucoup de temps à rencontrer des citoyens, à écouter des responsables politiques, syndicaux ou associatifs, à visiter des entreprises, dans les cantons d’Auxi-le-Château, Hesdin, Campagne-les-Hesdin, Montreuil, Etaples et Berck. J’ai acquis la conviction qu’en rassemblant toutes nos énergies, nous pouvons avoir beaucoup plus d’ambition pour ce beau territoire d’Opale Canche Authie, au-delà de la seule ville du Touquet. A 41 ans, j’ai déjà exercé de hautes fonctions comme secrétaire national du PS, magistrat à la Cour des comptes, sous-préfet, élu du Pas-de-Calais et responsable associatif. Je mettrai toute ma volonté et toute mon expérience au service de ce grand dessein, avec mon suppléant Jean-Marie Krajewski, unanimement apprécié, et avec lequel nous formons votre ticket gagnant pour l’avenir.

medium_lenaJMK.3.jpgLa campagne des législatives dans la 4ème circonscription sera dure, car la droite considère que le poste de député lui est acquis, depuis le départ de Claude Wilquin. Je devrai subir des injures, des polémiques, des coups bas, des petites phrases, des manoeuvres de déstabilisation. Rien de tout cela ne me fera dévier de mon objectif : rendre la politique aux citoyens. Je me garderai donc des attaques personnelles, afin de sauvegarder sa dignité au combat politique et pour garder la hauteur nécessaire au rassemblement de toutes les bonnes volontés. Le besoin de renouvellement est là et la dynamique est créée. La victoire sera au bout du chemin. Je vous invite à rejoindre le mouvement en adhérant à mon comité de soutien sur www.vincent-lena.fr !

Je voudrais pour finir m’adresser particulièrement aux plus jeunes d’entre nous, inquiets pour leur avenir et à tous ceux qui consacrent leur vie à leur préparer un futur meilleur, dans leur famille, leurs loisirs, leur éducation ou leur insertion professionnelle. C’est pour eux que l’on doit travailler sans relâche, pour leur léguer une société plus douce, plus ouverte, et un environnement préservé. Ils n’attendent qu’un signe pour nous montrer le meilleur d’eux-mêmes. Au cours de cette campagne citoyenne, j’entends donc leur donner la parole pour qu’ils expriment leurs préoccupations et leur volonté d’agir pour un monde plus juste.

 

Tous mes voeux de bonheur pour 2007.

04 décembre 2006

Citoyen Frédéric

medium_chaussoy.jpgToute la france connaît le docteur Chaussoy, "docteur courage" qui a su braver la loi pour soulager les souffrances du jeune Vincent Humbert et éviter à Marie, sa mère, d'assumer seule les conséquence de l'hypocrisie de notre société. Je l'ai défendu avec mon association Faut qu'on s'active !, et il continue à nous apporter sa force de conviction, pour qu'un jour existe une "loi Vincent Humbert" et une prise en charge humaine de la fin de vie.

J'ai eu la chance de connaître l'homme Frédéric Chaussoy, dont j'ai apprécié l'indépendance et la sensibilité, mais aussi le sens de l'engagement et le courage. Après les épreuves qu'il a vécues, c'est un homme libre.

medium_Lena-touquet.jpgAujourd'hui, il a souhaité m'apporter son soutien dans un autre défi que j'entreprends, pour les élections législatives de juin 2007. Son engagement à mes côtés me permet de battre le rappel des citoyens, parfois écoeurés par des moeurs politiques moyenâgeuses. C'est ainsi que le député-maire du Touquet et son adjoint donnent en spectacle leur division pour obtenir l'investiture de l'UMP, comme s'ils se disputaient un héritage, un gros gâteau, un fromage.

Lui ne partage peut être pas toutes mes idées politiques, mais il sait que la valeur de l'homme a parfois autant d'importance que la couleur de son drapeau. Son soutien m'est d'autant plus précieux et il me touche particulièrement.

Merci Frédéric, pour avoir rappelé que les citoyens demandent à leurs représentants de rassembler, de faire bouger les choses, de les associer, de leur rendre compte. La politique leur appartient, j'entends leur rendre cette liberté. Merci de me faire confiance.

19 novembre 2006

Les militants ont tranché

Les militantes et les militants du Parti Socialiste ont voté massivement et donné un grand exemple de démocratie interne.  L’ensemble des Français en ont été témoins et en seront juges. De cela, nous pouvons collectivement être fiers.

Les militants ont tranché de la manière la plus claire et ont demandé à Ségolène Royal medium_carte_sego.jpgde mener le Parti à la victoire. Il lui revient désormais d’assurer le rassemblement de tous les socialistes.

Il convient également de saluer la belle campagne de Dominique Strauss-Kahn et de ceux qui l'ont soutenu, qui ont tenté de faire partager aux militants leurs idées.

Je voudrais quant à moi remercier les militants, particulièrement ceux du Pas-de-Calais, qui se sont mobilisés pour faire vivre les idées défendues par Laurent Fabius, pour l’emploi et les salaires, pour la laïcité et les services publics, pour la réorientation sociale, économique, environnementale et démocratique de l’Europe. Qu’ils n’en doutent pas : ces combats sont justes. Ils devront être au cœur de la campagne présidentielle et du prochain quinquennat. Ils seront le ciment de l’indispensable rassemblement de la gauche.

Je jetterai toutes mes forces dans cette bataille pour faire gagner la gauche en 2007.

14 novembre 2006

A la ville et en campagne

medium_fr3.jpgRude journée, ce mercredi 8 novembre. Après le secrétariat national, j'organisais à Solférino avec la Fédération nationale des élus socialistes et républicains, ainsi que le MJS, une rencontre avec les maires socialistes de banlieue. L'objectif était de leur donner l'occasion de dénoncer tous ensemble les promesses non tenues du gouvernement après les émeutes de novembre 2005 et de commencer à faire connaître dans l'opinion nos propositions en matière de Solidarité Urbaine, dont j'ai coordonné la rédaction au sein du projet (Cf. http://parti-socialiste.fr/tiki-download_file.php?fileId=....

Malgré les grèves à la SNCF, une cinquantaine d'élus avaient répondu présent, et n'eurent pas de mots assez durs pour dénoncer l'abandon par le pouvoir des quartiers populaires. Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, pouvait même parler de "machine à fabriquer des émeutiers". D'autres comme François Pupponi, maire de Sarcelles, insistait sur la nécessité pour la gauche de mettre l'égalité des territoires au coeur de notre projet, tandis que Gilbert Roger, maire de Bondy, mettait en avant le refus des maires de jouer le rôle de "shérif" comme le prévoit le projet de loi de "prévention de la délinquance" de Sarkozy, actuellement au Sénat.

Grosse affluence également à la conférence de presse avec François Hollande. Pour la première fois, les journalistes se sont intéressés à autre chose qu'aux violences, et m'ont questionné sur la réponse du PS à la crise sociale et urbaine. J'ai ainsi pu rappeler que la violence ne peut prospérer que sur fond de désespoir et de d'injustice. Il faut bien sûr afficher la fermeté nécessaire quand la ligne jaune est franchie, mais aussi empâcher le plus grand nombre de passer du mauvais côté. C'est l'honneur du PS de défendre un vrai projet de solidarité urbaine, pour éviter de basculer dans la France des ghettos.

medium_LFVLLens.jpgChangement d'ambiance l'après-midi, où je rejoins Laurent Fabius pour qui j'ai organisé avec Dominique Dupilet, président du conseil général, un déplacement "royal" dans le Pas-de-Calais : 250 militants à Boulogne, 100 à Calais, 150 à Barlin, près de 500 à Lens. Nous avons sorti le grand jeu pour accueillir celui qui est dans ce département comme chez lui, et dont le positionnement à gauche rencontre un écho particulier, malgré les pressions diverses. Je suis toujours impressionné par la force de l'homme, et par le décalage entre l'image qu'il donne dans l'opinion et la proximité chaleureuse qu'il entretient avec les militants. Je ne veux pas croire que le PS et la gauche puissent se passer d'une telle personnalité, capable de réhabiliter la volonté politique en France et en Europe. Ce n'est d'ailleurs pas ce que je ressens ici, loin de Paris et des jeux d'appareil. Mais chut, il paraît que c'est plié depuis longtemps.

Retrouvez le résumé de ma journée dans un reportage de France 3 national réalisé par Serge Cimino http://www.dailymotion.com/video/xmkf8_vincent-lena-sur-f...

 

04 octobre 2006

L'esprit de Lens doit souffler sur les sections de France

Mardi 3 octobre. 3 candidats restent en lice pour porter les couleurs du PS à la présidentielle, 3 lignes politiques, 3 personnalités, 3 talents légitimes. Les militants du PS, anciens ou nouveaux, vont avoir la lourde responsabilité de choisir, peut-être le prochain Président de la République. Loin des sondages sur les "sympathisants" dont les instituts nous abreuvent, chaque militant se pose les mêmes questions : qui peut mieux rassembler la gauche pour gagner, qui est en mesure d'affronter le probable candidat Sarkozy, qui peut porter notre projet socialiste et changer la vie des Français ? 200.000 militants vont décider du sort de la gauche et de la France.

Ce contexte posé, il est facile de comprendre pourquoi notre Parti a besoin d'un débat approfondi, respectueux mais sans concession, pour donner aux militants tous les éléments du choix sur les idées et la personnalité de notre candidat, armer notre candidat pour la suite, et créer les conditions du rassemblement de toute la famille socialiste derrière celui ou celle qu'il aura choisi.

Notre Parti a toujours défendu les idées avant les hommes susceptibles de les porter. Il est donc important de connaître la ligne politique que chaque candidat entend défendre, au-delà du socle commun du projet voté par les militants. Nous connaissons le positionnement social-démocrate de Dominique Strauss-Kahn, la volonté de rassembler à gauche de Laurent Fabius. Celle de Ségolène Royal va progressivement se clarifier. Ce sera aux candidats et à leurs représentants de défendre la ligne politique de leur champion, et peut-être de les faire évoluer.

medium_lens.2.jpgLes grands chantiers, organisés par la fédération du Pas-de-Calais le 16 septembre 2006 ont montré que ce débat était possible, utile et nécessaire. Le débat fut respectueux, d'une grande densité, et les militants ont vécu un grand moment, dans une fédération attachée plus que n'importe quelle autre à l'unité du Parti. Il a permis de clarifier les choses et à sélectionner les candidatures les plus utiles au Parti. Ce fut une grande leçon donnée à l'ensemble du Parti et aux nombreux médias présents. Le Parti, après avoir mené le débat au fond, saura se rassembler, encore plus fort, derrière le candidat qu'il aura choisi.

C'est pourquoi, avec les élus et responsables fabiusiens de cette grande fédération ouvrière, j'ai jugé utile de lancer un appel pour que "l'esprit de Lens" continue de souffler sur l'ensemble des sections de France, au moment où certaines fédérations annoncent déjà les scores de tel ou tel candidat, comme si les choses étaient jouées d'avance.

Cet appel est susceptible de trouver un écho auprès de nombreux responsabiles et militants, quelles que soient leurs sensibilités, soucieux qu'on ne leur vole pas leur débat, que l'UMP ou les relais d'opinion ne leur imposent pas leur choix. Souvenons nous du débat sur le traité constitutionnel, qui n'a pas pu aller au bout dans le Parti, et que les Français ont prolonté à leur manière en votant NON. Nous seront très regardés par l'opinion, alors donnons l'image d'un parti démocratique, transparent, qui fait du débat une force pour l'avenir.

Aidez-nous à faire vivre l'esprit de Lens. Soutenez l'appel de Lens et propagez partout la force de nos idées.

18 septembre 2006

Le grand oral de Lens

medium_pic_nic_2006_070.2.jpgJ'ai participé ce samedi au grand oral des présidentiables socialistes à Lens, auquel assistaient plus de 400 journalistes prêts à noter la moindre faute pour discréditer un exercice à hauts risques, voulu par Serge Janquin et le secrétariat fédéral. L'enjeu était double : montrer que le débat politique est possible et indispensable avant de confier les clés de la gauche à notre candidat ; faire la preuve que tous les socialistes se rassembleront derrière celui ou celle qu'ils auront choisi.

De fait, ceux qui ont eu la chance de participer à cet évènement exceptionnel ont vécu un grand moment de démocratie et d'unité, autour des principaux talents du Parti.

Comme le reste de la salle, j'ai été très impressionné par la prestation de Laurent Fabius, qui a conclu la matinée avec des accents présidentiels, pour faire passer à une assistance fascinée ses idées et sa détermination. Cet homme est clairement au-dessus du lot, et l'ostracisme dont il fait l'objet est un vrai gâchis pour la gauche et pour la France. J'ai la conviction qu'il fera tomber le mur de verre qui empêche le plus grand nombre de le voir tel qu'il est.

Mais j'ai aussi apprécié la performance des autres ténors du Parti, qui chacun à leur manière ont expliqué les raisons pour lesquelles ils pensent pouvoir incarner nos espoirs.

J'en suis sorti pleinement rassuré sur la capacité du Parti à s'unir pour la victoire, heureux d'avoir vécu un grand moment politique, et confiant en l'avenir. On devrait écouter plus souvent ce qui vient du Pas-de-Calais...

11 septembre 2006

Qui a peur du débat ?

Instinctivement réticente à la médiatisation, viscéralement attachée à son identité, la "puissante fédération du Pas-de-Calais", forte de ses 15.000 adhérents, va être malgré elle sous les feux de la rampe.
400 journalistes inscrits pour 1500 participants attendus le 16 septembre pour les Grands Chantiers du Pas-de-Calai ! Que nous vaut un tel intérêt ? Tout simplement - vous n'allez pas me croire - parce que Serge Janquin et son secrétariat fédéral ont décidé d'inviter les "présidentiables" du Parti à venir présenter leurs priorités devant les militants.
Tout çà pour çà ? Quoi de plus normal pourtant, à l'heure où le Parti va devoir choisir son champion pour défendre les couleurs de la gauche devant le danger sarkozyste. Les militants entendent participer activement au débat, et se déterminer par eux-même. A quoi servirait de payer une carte, s'il suffisait de regarder la télé et de se fier à ce qu'écrivent les éditorialistes.
Bien-sûr, il faut que le débat soit maîtrisé et respectueux. Chaque candidat doit respecter le contenu du projet arbitré et approuvé par les militants, même s'il peut le valoriser selon sa propre sensibilité. Le débat ne doit pas conduire à dénigrer son propre camp, ni à en faire une question de personne.
La vraie - la seule ?- question, est de savoir quelle ligne politique est bonne pour la gauche et pour la France. Pour permettre le rassemblement nécessaire à une dynamique, mais aussi pour changer vraiment les choses, inscrire dans la durée notre action.
medium_mitrocard.jpgOn peut résumer le débat au choix entre deux lignes politiques possibles : une ligne social-démocrate assumée, dans la droite ligne d'autres partis socialistes européens, et une ligne de renouveau de la gauche, qui considère que les excès récents du libéralisme appellent un regain de volontarisme politique. Deux lignes qui ont leur légitimité, mais qui apportent un éclairage différent sur le projet socialiste, qui laisse pourtant la part belle aux idées défendues par les tenants du non à la constitution européenne. Il n'y a pas d'autre choix, et le flou va progressivement se lever.
Les questions de personne, n'en déplaisent aux sondologues systématiquement démentis, apparaissent secondaires aux militants socialistes. Bien-sûr, il y a des fans clubs, des comités de soutien, et la personnalisation de la fonction présidentielle, dans une société médiatique, n'épargne pas le PS. Mais ce serait une erreur de croire que les militants se détermineront uniquement en fonction des courbes ou de la petite lucarne.
Chacun sait que notre candidat fera au moins 48% des voix contre le candidat de la droite, quel qu'il soit. Il reste donc à choisir celui ou celle qui sera capable de faire 2%+1 voix. La capacité à rassembler à gauche sera déterminante, l'épaisseur du cuir pour tenir le choc et assumer la plus haute charge, la perspective politique pour vraiment changer les choses. Autant de qualités que nous aurons l'occasion d'apprécier.
C'est un privilège rare, une lourde responsabilité pour notre fédération. Croyez bien que les militants n'entendent pas se laisser voler le débat.
Mais chut, ne dites rien, il parait que notre choix est déjà fait...

14 août 2006

carte postale du Touquet Paris-plage

medium_propriotouquet.jpgA ceux qui pensent que l'alternance de 1981 et la chute du mur de Berlin ont apaisé notre démocratie et remisé au placard les idéologies, je recommande un stage au Touquet Paris-Plage, ou entre deux baignades, dans un cadre magnifique, malgré un front de mer livré aux promoteurs immobiliers, vous pourrez faire une piqure de rappel.

Si vous aviez été là le 11 août, vous auriez pu par exemple assister comme moi à l'assemblée générale des propriétaires du Touquet, au cours de laquelle 1100 personnes (à quelques exceptions près) ont ovationné le député-maire proposant de supprimer l'impôt sur la fortune, au nom des valeurs de liberté, de justice et de solidarité...Il s'est également vanté d'avoir obtenu des aides publiques pour renforcer le cadre exceptionnel de vie des résidents et les protéger d'un environnement social difficile, le tout sans augmenter les impôts locaux.

J'ai ressenti à cette occasion un réel malaise, comme si la démocratie au XXIème siècle pouvait encore s'accomoder de comportements datant de la Restauration ou du second Empire, comme si le suffrage censitaire existait encore. Difficile se sentir représenté par un élu qui s'approprie froidement et depuis tant d'années les votes d'une circonscription qui souffre socialement, au profit quasi-exclusif des 3000 électeurs de droite d'une jolie station balnéaire.

Il est temps d'arrêter ce multi-récidiviste du hold up électoral (en casquette de marin et bottes de chasse, gros bras à ses côtés, distribuant sans compter les promesses et les largesses, capable d'entonner le chant des damnés et de recevoir Jean-Marie Le Pen en son hotel de ville), dont l'ambition est dorénavant le titre de doyen de l'assemblée nationale.

La campagne très dure que j'ai entamée aura ainsi une valeur exemplaire, en ce qu'elle témoignera des obstacles au renouvellement de la classe politique, et de la nécessité d'une plus grande transparence des choix démocratiques. Ces enjeux là dépassent largement, pour le coup, le clivage droite-gauche, et concernent tous les citoyens.

Je profite de cette carte postale estivale pour vous inviter à découvrir Le Touquet, les autres stations balnéaires de la Côte d'Opale, et son magnifique arrière-pays, qui méritent d'être mieux connus et développés, à seulement 2 heures d'autoroute de Paris et de Lille. Laissez-vous surprendre !