19 avril 2007

la gauche, c'est la gauche

A l’heure où les citoyens s’interrogent sur les valeurs et les personnalités en lice pour l’élection présidentielle, je crois qu’il faut aller au-delà des discours et montrer chaque fois que possible la gauche en action. C’est pourquoi j’ai pensé utile de faire intervenir Laurent Fabius, de retour d’une réunion à Bruxelles et en campagne pour les présidentielles, sur le dossier sensible de la pêche artisanale, dont on parle peu, malgré les promesses du gouvernement de mieux défendre ce secteur à Bruxelles. Avec Jean-Marie Krajewski et le maire d’Etaples, Marcel Guerville, aidé de son adjoint Daniel Vandembroucq, je lui ai donc proposé de venir à la rencontre des marins étaplois, qui traversent l’une des crises les plus graves de leur histoire.

 

medium_fabiusetaples.jpgCette rencontre exceptionnelle à Etaples avec l’ancien Premier ministre de François Mitterrand restera dans toutes les mémoires. Sa disponibilité, sa connaissance du dossier, ses analyses lumineuses, ont je crois redonné un peu d’espoir à des acteurs qui se sentent abandonnés. Il faut dire que si le secteur a surmonté beaucoup de tempêtes, grâce à sa solidarité et son organisation coopérative, il s’agit là d’un coup de tabac sans précédent : hausse continue du gazole, baisse de production imposée par les quotas (hareng, maquereau…), dont les bases scientifiques et la répartition sont vivement contestés ; applications de diverses réglementations (quotas, jours de pêche, maillage, aides à la construction…) peu adaptées à la pêche en Manche et prises sous l’influence de lobbies puissants, aspect concurrentiel liés à l’aquaculture et à l’importation.

 

La crise a pris un tour critique avec la venue sur leur zone de pêche de chalutiers hollandais équipés de sennes qui sont 10 fois plus puissants que les chalutiers traditionnels et compromettent à court terme une ressource halieutique fragile. Les revenus des pêcheurs sont en chute libre, et la moitié des patrons seraient prêts à vendre leur bateau. Faute de chiffre d’affaire suffisant et de salaire mensuel minimum garanti, les équipages commencent à être difficiles à trouver, et le conseil général a même du voter des secours d’urgence pour les familles concernées. Le gouvernement a été saisi, sans résultat. Si rien n’est fait, dans un proche avenir, l’ensemble de l’économie maritime et les milliers d’emplois induits sont menacés.

 

J’ai ressenti une large communauté de vues sur le constat d’une dérive technocratique et libérale de l’Europe, et sur la nécessité de mieux défendre nos intérêts. Mais pour porter plus haut les couleurs de la France et le pavillon de la pêche artisanale, il faudra une volonté forte de recadrer la construction européenne, pour qu’elle ne se traduise pas à une concurrence généralisée entre les travailleurs, qui tirerait tout le monde vers le bas. Respectueuse de la volonté du peuple qui s’est exprimée en mai 2005, Ségolène Royal s’y prépare, avec la détermination qu’on lui connaît.

 

Merci à Laurent Fabius de s’être arrêté dans la cité des pêcheurs et d’avoir accepté de faire entendre notre voix plus loin. Merci de la considération qu’il a témoignée à l’égard des acteurs de la pêche ou des papetiers de Maresquel. Merci de redonner des couleurs à la gauche. Merci de la confiance qu’il place en moi et dans le « tandem magique » que je forme avec JMK pour défendre les intérêts vitaux de notre territoire et pour bâtir l’avenir.

 

 

PS : Retrouvez les images, qui en disent plus long que tous les commentaires, de la visite de Laurent Fabius à Etaples sur http://vincent-lena.fr/fabius-etaples.exe

 

18 avril 2007

DSK à Maresquel

A quoi servent les campagnes électorales ? A quoi sert la politique ? Que peut encore la gauche face à une machine économique devenue folle ?

medium_DSK0003.JPGC'est toutes ces questions que les salariés de Maresquel avaient en tête en attendant la venue de DSK que j'avais promise pour soutenir leur blocus de leur usine. Malgré une météo ferroviaire contraire, il a choisi de maintenir coûte que coûte son déplacement à Maresquel, quitte à venir...en hélicoptère !

15 minutes de discussion à bâtons rompus avec un ancien ministre des finances, qui en parle le lendemain sur RTL, et comme par hasard le préfet trouve finalement le temps de recevoir les porteurs du "projet chanvre", le ministre de l'aménagement du territoire en meeting départemental pour l'UMP, accepte de discuter avec eux. L'étau se desserre.

Ce n'est pas encore gagné, mais le ciel se dégage un peu. Le conseil régional accepte de financer une étude de faisabilité et promet de participer à un éventuel tour de table financier. Devant ce front uni, le préfet a accepté d'intervenir auprès de la direction d'International Paper, pour leur demander les conditions dans lesquelles pourraient être cédées les machines nécessaires à la mise en oeuvre du projet.

Il faut tenir, tenir, gagner du temps. Comme l'a dit DSK aux 150 personnes qui l'attendaient devant l'usine : "Vous me demandez d'intervenir auprès du Premier ministre, mais je pense que le mieux serait de changer de Premier ministre !"

La campagne électorale permet de braquer les projecteurs sur les oubliés de la mondialisation, et de révéler le vrai visage de la droite, même quand elle s'efforce de tenir un double discours.

La gauche est là. Aux côtés des salariés et de ceux qui ne baissent pas les bras. Pour défendre leur dignité et l'emploi.

Pas besoin d'en rajouter. Chacun se déterminera et l'histoire jugera.

03 avril 2007

Maresquel, symbole d'une machine économique devenue folle

C'est à devenir fou.

Une histoire tristement banale ? 

medium_2007_0402maresquel0047.JPGUne usine de papier rentable fermée brutalement à Maresquel (Pas-de-Calais), sur décision financière prise à Memphis, Tennessee, au siège du groupe International Paper. 230 salariés sur le carreau, autant de familles en difficulté, sans compter les sous-traitants et les emplois indirects. Vous avez déjà vu ce film détestable ? Attendez, accrochez-vous, ce n'est pas fini.

Un projet alternatif original 

Les salariés d'une autre papeterie du groupe finlandais Stora Enso, eux mêmes licenciés, prennent contact avec eux pour réaliser sur le site de Maresquel le projet alternatif qu'il voulait réaliser à Corbehem. Il s'agit d'un processus innovant de fabrication de papier avec des fibres de chanvre, qui permettrait de fabriquer notamment des sacs de caisse pour remplacer les sacs plastiques qui seront interdits en 2010. Le projet est techniquement au point, commercialement prometteur, et des investisseurs pourraient être intéressés. C'est un projet exemplaire, qui contribuerait à l'emploi et la réindustrialisation ainsi qu'au développement durable, en lien avec les agriculteurs. A terme, il pourrait fournir du travail à plus de 200 personnes.

medium_2007_0402maresquel0049.JPGC'était sans compter la rapacité du groupe, qui refuse de leur céder les machines nécessaires, alors qu'il était prêt à les céder pour l'euro symbolique (avec même 15 millions d'euros de fonds de roulement) à un concurrent. Il commence à déménager le site et à casser les machines pour condamner le projet, sous le regard impuissant de ceux qui ont donné leur vie à l'usine.

L'Etat-UMP complice

Naturellement, les regards se sont tournés vers l'Etat, et un collectif d'élus de toutes tendances a demandé au Préfet de les recevoir pour exiger que l'entreprise applique un moratoire de 3 mois pour finaliser le projet alternatif. Le préfet a préféré laisser les élus, dont de nombreux élus nationaux, à la porte de la préfecture, rompant ainsi toute forme de dialogue. J'ai trop d'expérience, ayant été moi même sous-préfet et directeur de cabinet d'un ministre, pour ne pas savoir que le Préfet a reçu des consignes plus haut. C'est donc l'Etat-UMP qui siffle la fin de la récré : on ne contrarie pas une entreprise puissante, c'est la loi du marché.

medium_2007_0402maresquel0048.JPGDu coup, les salariés, appuyés par leurs élus, ont investi pacifiquement l'usine pour tenter de bloquer le démantèlement de l'outil industriel. Le Premier ministre a été interpellé, puisque le Préfet a renoncé à jouer un rôle. Mais l'espoir s'amenuise, d'autant que certains élus locaux de droite jouent un double jeu.

La morale de l'histoire ? Quand il n'y a plus de contre-poids à la toute-puissance des groupes internationaux, et que l'Etat lui même, qui prétend être mobilisé pour l'emploi, renonce à son rôle, c'est la démocratie qui est en danger. Heureusement que les élections approchent, et que le peuple a l'occasion de trancher.

En espérant que nous tiendrons jusque là pour laisser une chance à l'emploi.

26 mars 2007

La mer monte

medium_360_IMG_0972rrrrrrrrrr.jpgBeaucoup apprécient, au-delà même des rangs du Parti socialiste le talent oratoire et le courage politique d'Arnaud Montebourg, qui l'a conduit à affronter directement Jacques Chirac lorsqu'il était maire de Paris, à mettre en évidence les réseaux de blanchiment de l'argent sale en Europe, à défendre le NON au traité constitutionnel européen, ou encore à défendre la nécessité d'une VIème République.
Je le recevais dans ma circonscription, ce mercredi 21 mars. Au cours d'une conférence de presse à Etaples, il a pu prendre connaissance de certains dossiers locaux, notamment les difficultés du monde éducatif, et le dossier symbolique du "projet chanvre" développé par des salariés licenciés d'une papeterie à Maresquel, dont le groupe International Paper ne veut pas, préférant accélère le démantèlement des machines, avec la complicité de l'Etat.
Au cours de la réunion publique du soir, mon suppléant Jean-Marie Krajewski a accueilli les nombreux élus, militants et sympathisants venus de toute la circonscription, de Berck à Auxi-le-Chateau, en leur confiant avec toute son expérience ses raisons d'espérer dans le succès. medium_250_IMG_0874rrrrr.jpgJ'ai salué en Arnaud Montebourg l'homme de convictions : "Le courage, c'est ce qui redonne espoir dans la politique, c'est ce qui permet de faire bouger les lignes et de rassembler largement". J'ai également évoqué les élections législatives dans la 4ème circonscription, en appelant chacun à prendre ses responsabilités : "J'appelle le candidat de l'UMP aux législatives à montrer davantage de courage, en rappelant qu'il a défendu l'action du gouvernement depuis 5 ans, par exemple le contrat première embauche (CPE), en assumant publiquement ses désaccords avec le député sortant, et en défendant le projet ultra-libéral de son candidat Nicolas Sarkozy".
Arnaud Montebourg a présenté de manière précise et vivante les aspects économiques et sociaux du Pacte présidentiel de Ségolène Royal, pour que le politique reprenne la main sur une machine économique devenue folle. Le seul seul moyen de faire barrage au projet libéral de Nicolas Sarkozy, c'est de voter Ségolène Royal. Il a conclu en présentant l'enjeu de la VIème République, qui traduit l'ambition, non pas seulement de changer de politique, mais de changer la politique.
medium_330_IMG_0942rrrrrrrrrrrrrrrrr.jpgJe savais les militants mobilisés comme jamais pour les législatives. Beaucoup se souvenaient du temps, pas si lointain, où Claude Wilquin était le député socialiste de la circonscription. Mais la venue d'Arnaud Montebourg a permis d'accélérer la montée en puissance de la campagne présidentielle et l'espoir est palpable.
medium_400_IMG_0997rrrrrr.jpgDans la foulée de cette soirée exceptionnelle, le samedi 24 mars, une "vague rose" a déferlé sur la 4ème circonscription, dans les cantons de Berck, Montreuil, Etaples, Campagne-les-Hesdin, Hesdin et Auxi-le-Chateau. Les militants socialistes et sympathisants de la circonscription ont distribué en une matinée dans toutes les boîtes aux lettres le Pacte présidentiel de Ségolène Royal et le tract de présentation de ma candidature aux législatives : "Un député qui saura vous écouter et agir"...

08 mars 2007

salon de l'agriculture : la plus grande ferme de France

Chaque année, le salon de l'agriculture attire des millions de visiteurs, jeunes ou adultes, dans ce qui est devenu la plus grande ferme de France. Je m'y suis rendu moi aussi, pour rendre visite aux stands de notre région, avec notamment Jean-Marie Roussel, le maire d'Hesdin.medium_2007_0307salonagriculture0139.JPG

Cet évènement montre que le monde agricole représente beaucoup plus que les 4% d'actifs qui en vivent directement, et que les Français restent très attachés à leurs racines rurales et aux traditions, dont la chasse fait partie. Ils sont conscient de la chance que représente pour notre pays une agriculture forte, et un environnement d'exception, que l'Europe entière nous envie.

Elections présidentielles oblige, chaque candidat a fait le déplacement, pour séduire un monde agricole déboussolé, et se donner à bon compte, dans la capitale, un vernis rural qui ne fait jamais de mal dans une séquence électorale. Regardons tout çà de plus près.

Contrairement à Chirac, qui a toujours témoigné un intérêt soutenu à l'agriculture, même si on peut contester son bilan, le monde agricole, longtemps étiquetté à droite, se pose des questions sur Nicolas Sarkozy. Il est vrai que c'est un costume difficile à endosser pour un élu de Neuilly-sur-Seine, buveur d'eau. Germinal Peiro, secrétaire national chargé de l'agriculture au PS, me confiait d'ailleurs récemment que Nicolas Sarkozy avait envisagé publiquement la disparition du ministère de l'agriculture, dont il envisageait de rattacher l'administration à un ministère des territoires.

François Bayrou voudrait bien récupérer la mise, mais le monde agricole se méfie à juste titre d'un hobereau éleveur de chevaux de course, pour qui l'agriculture est un hobby. De toutes façons je ne parierai pas ma chemise sur quelqu'un qui a vécu au coeur de la droite, sauf quelques mois avant les élections, pour mieux y retourner après. Le coup de la fracture sociale, on a déjà donné.

Dans ces conditions, Ségolène Royal, qui a vécu en province et préside une région rurale, et le Parti socialiste peuvent faire entendre un message différent. Je peux moi-même constater sur le terrain une ouverture nouvelle à un autre discours, plus mobilisateur et constructif, dans ma circonscription très rurale du Pas-de-Calais. Issu d'une famille rurale, entre agriculture dans le ternois et viticulture en Bourgogne, je suis bien-sûr particulièrement sensible à ces enjeux. Les agriculteurs que je rencontre me font part de leurs angoisses, face à l'hécatombe qui frappe les petites exploitations, et aux difficultés à faire vivre de véritables entreprises, soumises à la dure loi du marché et à une bureaucratie galopante.

Ce qu'ils veulent, c'est tout simplement pouvoir vivre de leur production, et ils démontrent chaque jour leur courage, leur capacité d'innovation et d'adaptation, leur rôle dans la préservation de l'environnement. Beaucoup ont ainsi compris l'enjeu des bio-carburants, qui recèle un potentiel intéressant pour l'agriculture et le développement durable.

Il faudra se battre pour faire entendre ce message, notamment dans la perspective de la réforme de la PAC en 2013, qui risque de mettre à genoux la France agricole, ou d'assurer son renouveau. Si je suis élu, je serai l'avocat inlassable de ce renouveau, car il ne s'agit plus de retarder le déclin et la chute, mais de passer à l'offensive et préparer à nos enfants un monde meilleur, à l'inverse du monde libéral de la mal-bouffe que les grandes multinationales nous préparent.

Tous ces petits citadins qui s'ébahissent chaque année au salon de l'agriculture ne demandent qu'à en être convaincus

En revenant d'une émission de télé hier soir, le chauffeur de taxi m'a demandé quel était mon pronostic pour les présidentielles. Je lui ai demandé le sien et il m'a dit qu'il était certain que c'est la jument (sic) qui allait gagner, et qu'il avait annulé ses vacances pour pouvoir parier sur Ségolène Royal le 22 avril. Comme quoi, le salon de l'agriculture est dans toutes les têtes, à moins que ce ne soit le PMU. Allez la casaque rose !

 

22 février 2007

Une première victoire de la mobilisation citoyenne en faveur d'une "loi Vincent Humbert"

medium_mnlvh_conf_presse_appel_4fe.gifVous connaissez le combat de l'association Faut qu'on s'active ! que je préside, et qui a entrepris aux côtés de Marie Humbert d'obtenir une "loi Vincent Humbert" dépénalisant l'exception d'euthanasie, de manière très encadrée. Notre position pragmatique, modérée, qui vise à la fois à développer les soins palliatifs en France et à trouver des solutions aux impasses médicales ou éthiques, est sans doute la voie qui permettra d'avancer rapidement sur un sujet encore largement tabou. Nous venons d'obtenir de premiers résultats, et la mobilisation continue.

Lors d’une conférence de presse à Paris, le samedi 3 février 2007, Marie Humbert et l’association Faut qu’on s’active !, en présence notamment du comédien Laurent Malet, ont annoncé leur intention d’interpeller les présidentiables, alors que l’objectif de 300.000 signatures pour la « loi Vincent Humbert » se rapproche. Les réactions n’ont pas tardé. Revue de détail avant la poursuite de la mobilisation.

1. Le 11 février : Nicolas Sarkozy (UMP) lance le débat sur l’euthanasie à droite

Voici ce que Nicolas SARKOZY a déclaré à la Mutualité, le 11 février 2007 : "Quand j'entends les débats sur l'euthanasie, je veux me dire, les principes je les respecte, les convictions je les respecte, mais je me dis quand même au fond de moi, il y a des limites à la souffrance qu'on impose à un être humain. J'ai souvent dit le respect que j'avais pour les grandes religions de France, je voudrais simplement qu'on aborde ces questions en partant moins des principes et plus de la souffrance. On ne peut pas rester les bras ballants devant la souffrance d'un de nos compatriotes qui appelle à ce que ça se termine, tout simplement parce qu'il n'en peut plus". medium_sarko.jpgCette ouverture constitue un désaveu cinglant pour tous ceux, de Philippe Douste-Blazy à Jean Leonetti, en passant par Christine Boutin ou Bernard Debré, qui se refusaient à envisager toute évolution après le vote de la loi sur le « laisser mourir » du 22 avril 2005. Cette prise de position ne manquera pas de susciter d’intenses débats au sein du groupe parlementaire UMP, qui ne comptait jusqu’à présent qu’une seule voix favorable, en la personne d’Henriette Martinez, députée des Hautes-Alpes.

Il reste donc à transformer son positionnement personnel en engagement politique de changer la loi, ce qu’il pourrait faire à l’occasion d’une rencontre qu’il devrait demander à Marie Humbert, à laquelle Faut qu’on s’active ! participera.

2. Le 15 février : François Bayrou (UDF) évoque le sujet

Lors de l’émission « A vous de juger » sur France 2, François Bayrou a affirmé : « Je suis pour que l’on ne laisse pas souffrir les gens et que l’on ne prolonge pas inutilement leur vie. Lorsqu’on est au bout du bout, l’acharnement thérapeutique, c’est quelque chose de trop lourd. Je suis pour que cette décision soit prise par les médecins dans le cadre du rapport intime qu’ils ont avec le malade et sa famille ». medium_bayrou.jpgCette position manque de clarté, dans la mesure où François Bayrou n’évoque pas la nécessité d’une nouvelle avancée législative. Sa position peut correspondre à la loi du 22 avril 2005, qui se contente de rappeler l’interdiction de l’acharnement thérapeutique et d’instaurer un nouveau droit au « laisser mourir » qui permet de ne pas poursuivre les médecins « débranchant » leurs malades en fin de vie.

François Bayrou doit s’engager de manière plus claire, à l’exemple des jeunes UDF qui sont favorables à la dépénalisation de l’euthanasie.

3. Le 19 février : Ségolène Royal (PS) s’engage à saisir le Parlement d’un texte de loi

medium_segoTF1.jpgAu cours de l’émission « J’ai une question à vous poser » diffusée sur TF1, Daniel Hennick, par ailleurs adhérent du Mouvement national pour une loi Vincent Humbert, a demandé à Ségolène Royal si elle entendait légiférer sur l’euthanasie : « J’ai été bouleversé, il y a quelques années, par le décès de Vincent Humbert, qui au vu du refus des institutions a vu une mère tuer son propre fils. Pensez vous légiférer sur un droit à aider les personnes demandantes de mourir dans la dignité ?». La réponse de Ségolène Royal a été la suivante : « Oui. Je pense qu’il faut avoir le courage d’ouvrir un débat sur cette question là. J’ai moi-même été confrontée à un drame terrible avec l’un de mes meilleurs amis, décédé dans des souffrances épouvantables, et qui s’accrochait à moi, à ses proches, et demandait de l’aider, ce que l’on ne pouvait évidemment pas faire. Dans le respect des personnes, il faut faire ce qu’ont fait d’autres pays européens, ouvrir le débat et mettre en place une législation pour permettre d’apaiser les souffrances les plus intolérables. Ca se fera en toute démocratie, en toute transparence, avec des débats avec les associations de malades, les médecins, les associations d’usagers de l’hôpital, donc toutes les parties prenantes autour de ce problème là seront conduites à débattre, et le Parlement sera saisi d’un texte de loi »

Le positionnement de Ségolène Royal n’est pas une surprise, dans la mesure où le projet du PS mentionnait déjà l’objectif d’une « loi Vincent Humbert » sur l’aide médicalisée à mourir,et où j'ai eu l'occasion de lui en parler directement. Mais elle s’exprimait pour la première fois sur le sujet. Elle aura l’occasion de préciser encore sa position, lors d’une rencontre qu’elle a demandée avec Marie Humbert et Faut qu’on s’active !

4. Les autres candidats

Certains suivent notre combat depuis longtemps, comme Dominique VOYNET et José BOVE, tous deux signataires de la loi Vincent Humbert. Beaucoup soutiennent également notre position au Parti communiste, à l’exemple d’André Gérin, dans le Rhône, mais Marie-George BUFFET ne s’est pas encore exprimée, pas plus qu’Olivier BESANCENOT ou Arlette LAGUILLER. medium_buffet.jpgA l’extrême droite, Philippe DE VILLIERS et Jean-Marie LE PEN se sont clairement opposés à toute forme d’euthanasie, contestant même la loi Léonetti du 22 avril 2005, au même titre que le droit à l’interruption volontaire de grossesse. Nous allons interpeller prioritairement Marie George BUFFET, afin de connaître ses engagements, dans la mesure où le PCF est un parti de gouvernement, qui comprend de nombreux parlementaires.

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La mobilisation citoyenne commence donc à porter ses fruits, après 200 débats organisés par Faut qu’on s’active ! et Marie Humbert dans toutes les régions de France, et plus de 260.000 signatures. Soyez en une nouvelle fois remerciés. medium_2007_0214campagne0086.JPGL’actualité permettra d’amplifier encore cette mobilisation, avec notamment une l’émission de France 2 « l’Arène de France » animée par Stéphane Bern sur « Faut il légiférer sur l’euthanasie » le 28 février avec notamment Marie Humbert et moi, ainsi que la diffusion prochaine du téléfilm « Marie Humbert : le choix d’une mère » sur TF1. Le procès en assises du docteur Tramois, du 12 au 16 mars prochain, permettra également de sensibiliser l’opinion sur l’euthanasie clandestine et sur les conséquences du silence de la loi. L’association Faut qu’on s’active ! poursuit sa campagne de signatures, pour obtenir le chiffre symbolique de 300.000 avant l’élection présidentielle, et continue notamment de présenter dans toute la France sa pièce de théâtre « Qu’il repose en révolte ou le procès de Marie H. »

Continuez à nous aider, en adhérant au Mouvement ou à l’association, en faisant signer la loi Vincent Humbert autour de vous, en interpellant le monde politique, en étant présents sur les forums internet, en continuant à nous proposer des initiatives. www.fautquonsactive.com

Ce combat, je le mène avec mon association, sans jamais mélanger les genres avec mes responsabilités politiques nationales ou locales. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de m'opposer à certains responsables de mon Parti, et j'ai assumé les risques de ma position. Mais je suis fier que cette mobilisation authentiquement citoyenne et participative trouve un débouché dans le débat politique. C'est un combat exemplaire, qui témoigne de la capacité de mobilisation de la société et d'une nouvelle manière de s'engager.

19 février 2007

Carnaval studieux

medium_2007_0217campagne0088.JPGGrosse mobilisation pour la venue de Ségolène Royal à Dunkerque le 15 février. Près de 10.000 militants et sympathisants sont venus du Nord mais aussi du Pas-de-Calais, obligeant les organisateurs à ouvrir une autre salle pour suivre les discours sur écran géant

La soirée a vraiment commencé avec un grand numéro de Michel Delebarre, qui s'est refusé à parler de Nicolas Sarkozy autrement que "l'Autre" ou "Nénesse", et qui n'a pas son pareil pour faire passer son message avec humour.

Ségolène Royal a ensuite pu présenter ses propositions ambitieuses pour l'Education, dont elle fait la condition et l'aboutissement de son projet de société. Je suis fier que ce soit le premier thème qu'elle ait choisi de développer, et qu'elle ait souhaité le faire dans notre région, où il reste tant à faire pour assurer l'égalité.

La presse aura surtout retenu le fait qu'elle préférait donner à l'Education nationale les moyens que Sarkozy voudrait consacrer à un second porte-avion. Ce n'est pas çà, mais après tout l'image est parlante : l'effort de Défense doit être maintenu, dans un monde dangereux, mais un second porte-avion pourrait s'inscrire dans le cadre d'un projet européen, ou au moins dans celui d'une coopération franco-britannique. En revanche, la société de l'intelligence et de l'égalité réelle suppose que l'on se donne collectivement des moyens considérables. Avec quelles armes allons nous faire face à la déferlante de produits issus du continent asiatique ? Avec l'intelligence. Avec quelles armes allons nous combattre les inégalités et les discriminations dans notre société ? Avec l'accès à la connaissance. Autant dire que notre société doit tout investir dans l'éducation tout au long de la vie, qui sera la condition de notre survie économique et de sauvegarde de notre modèle social.

Finalement, le projet socialiste peut se résumer à son ambition en matière éducative, puisqu'en donnant les moyens à la communauté éducative, on combat les inégalités à la racine, comme la IIIème République a su le faire avec l'instruction obligatoire.

 http://www.dailymotion.com/video/x1833h_discours-de-segol...

Décidemment, l'ambiance sur le terrain contraste singulièrement avec les commentaires microcosmiques. Quelle énergie dans le Kursaal de Dunkerque !

15 février 2007

Ségolène Royal présente son "Pacte présidentiel" aux parlementaires et candidats

medium_segoVL.jpgMardi 13 février, à l'issue du Comité de campagne, Ségolène a présenté aux parlementaires et aux candidats son "Pacte présidentiel", en leur demandant de l'aider à le faire connaître aux français.

Le ton est à la mobilisation, afin de propager l'onde de choc qu'a constitué le discours de notre candidate devant 15 à 20.000 personnes à Villepinte le 11 février. L'accueil est très positif, et les principales mesures proposées rencontrent un écho favorable dans l'opinion.

Une fois passées les polémiques alimentées par la droite sur le coût des mesures, une fois oubliées les petites manoeuvres de Nicolas Sarkozy pour en amoindrir l'impact médiatique, il restera une ambition forte, un vrai discours de gauche, pour que les choses changent dans la vie de ceux qui souffrent et pour que la France retrouve confiance en l'avenir.

Copiez ce lien et retrouvez la vidéo de cette présentation, avec notamment François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Jean-Pierre Bel, et un auditoire attentif : http://www.dailymotion.com/video/x17d6d_le-pacte-presiden....

12 février 2007

C'est parti

medium_2007_0211campagne0066.JPGChaude ambiance, ce dimanche à Villepinte, où au moins 15.000 militants ont accueilli notre candidate aux cris de "Ségolène présidente". Un discours de 2h qui lui a permis de démontrer sa détermination et sa vision de l'avenir. L'exercice était à hauts risques, elle a su le surmonter avec aisance et émotion.

Un grand moment de rassemblement de la famille socialiste, tout entière rassemblée autour de celle qui va défendre ses idées.

Une candidate sereine, une volonté d'écoute, un programme clairement ancré à gauche, avec notamment la priorité donnée au pouvoir d'achat et aux jeunes, tout est en place pour lancer la campagne dans la dernière ligne droite.

Les militants ne s'y sont pas trompés. Ils sont repartis regonflés, plus confiants que jamais dans nos chances de victoire, prêts à en découdre pour dénoncer le projet de Sarkozy de "continuer Raffarin-Villepin, en pire".medium_2007_0211campagne0067.JPG

 

29 janvier 2007

Photo de famille

medium_fedesego.2.jpgC'est rare de voir la plupart des grands élus de la fédération socialiste sur un photo de famille, ici rassemblés avec les responsables du MRC et du PRG pour afficher notre soutien à la candidate du PS. J'en profite pour vous faire les présentations. Au premier rang : (de gauche à droite) Catherine Genisson (Arras), Pierre Georget (PRG), Albert Facon (Courrières), Jacques Napieraj (Isbergues), Jean-Marie Alexandre (MRC), Jean-Pierre Kucheida (Liévin), Laurent Duporge (Liévin). Au deuxième rang : Michel Baudouin, Alain Wacheux (Bruay), Jacques Mellick (Béthune), Odette Duriez (Cambrin), Christel Fauchet (Auchel), Daniel Boys (Daniel Boys), Vincent Léna (Berck), Ghislaine Clin (Lens) et Guy Delcourt (Lens).

Ce sont les acteurs, avec quelques grands élus qui n'ont pas pu se libérer ce jour là, comme Serge Janquin (présent au début de la réunion), Daniel Percheron, président de la région, Dominique Dupilet, président du département, et les autres parlementaires, d'une réussite incroyable, aussi discrète que remarquable. 12 circonscriptions sur 14 sont ainsi détenues par le PS. Les élus du Pas-de-Calais représentaient même 10% des effectifs du groupe socialiste, après la grande débâcle de 1993. Le secret d'une telle réussite : un réseau militant d'une force inégalée et des élus à l'écoute.

C'est une source d'inspiration pour moi, qui aspire à raccrocher le montreuillois à cette dynamique. J'espère qu'à l'avenir les mérites de cette fédération seront davantage reconnus au plan national, pour que le grand Parti populaire auquel aspire la direction nationale reste ancré dans les réalités du militantisme de terrain, immergé dans la réalité sociale d'une population qui souffre.