30 juin 2009

procès d'intention ?

La fédération socialiste du Pas-de-Calais a dénoncé en avril dernier la loi Hopital, patients, santé, territoires, dite "loi Bachelot", en lançant à Berck une campagne de mobilisation en lien avec les syndicats et en distribuant des tracts devant les hôpitaux. Procès d'intention nous disait-on. La démonstration n'a pas traîné.

 

hopale.jpgQuelques semaines plus tard, et juste après les élections, la Fondation Hopale, l'un des établissements les plus importants de Berck, annonce des déficits abyssaux liés en particulier à la mise en place de la "tarification à l'activité" aux courts et moyens séjours, en lieu et place d'un financement global et forfaitaire. Plus de 150 contrats à durée déterminée ne sont pas renouvelés et ce n'est qu'un début. Les conditions de travail vont se durcir tandis que certains projets de développement risquent d'être remis en cause.

 

Les salariés du groupe Hopale sont les premiers à faire les frais de cette loi qui instaure une logique d'entreprise dans tous les établissements de santé, et laisse l'organisation du système de santé à des technocrates et des financiers.

 

Cette logique comptable expose les établissements de santé, y compris ceux qui comme Hopale participent au service public hospitalier aux mêmes contraintes libérales de court terme qui ont conduit à la faillite de notre économie et aux licenciements à la chaîne. Est-ce de ce modèle dont nous voulons pour nos salariés et nos malades ?

 

Les postes supprimés à Hopale, ce sont des familles dans la détresse et des patients qui auront moins confiance dans la qualité des soins. C'est un affaiblissement insupportable du pôle d'excellence berckois, reconnu au niveau national, au moment où il s'apprête à prendre un nouvel élan, avec le regroupement d'une partie de ses activités avec l'hopital public, le retour de la recherche et des formations en développement.

 

Le parti socialiste soutient les salariés concernés et leurs organisations représentatives dans leur combat pour l'emploi, la qualité de la santé et les hôpitaux berckois. L'Etat ne doit pas fuir ses responsabilités et ceux qui ont proposé et voté la "loi Bachelot" devront en répondre.

 

22 juin 2009

Faites du bruit

wooze.JPGLa fête de la musique avait cette année un goût amer. L'arrivée des beaux jours est bien la seule musique agréable dans un concert de fausses notes

La crise continue ses ravages et le bout du tunnel n'est pas attendu avant la mi-2010. Les plans sociaux se succèdent, et des familles entières basculent dans la précarité ou l'angoisse. Toujours rien en vue, à Paris ou à Bruxelles, pour renverser la vapeur et soutenir le pouvoir d'achat et l'emploi. Le paquet fiscal est toujours là, tout comme les bonus, parachutes dorés et autres paradis fiscaux

Pendant ce temps, très fier de son hold up européen du 7 juin, le président s'apprête à nous infliger une nouvelle purge libérale, à peine allongée d'un peu d'édulcorant social devant l'organisation internationale du travail (faites ce que je dis, pas ce que je fais) et d'une pincée d'ouverture (recherche traître télégénique activement)

Je ne suis coupable d'aucune indulgence envers une gauche éparpillée et un PS dans le doute. Je soutiens sans réserve les efforts de Martine Aubry pour faire renaître le grand parti d'opposition dont les français ont besoin. Je connais sa volonté farouche de nous faire retrouver un chemin plus collectif, même si je suis parfois effaré de la montée de l'individualisme dans les comportements de nombreux responsables. Je ne doute pas de sa réussite.

En attendant, j'aimerais que le PS "fasse du bruit", que les "quadras" trouvent les mots, les chants ou les cris pour dénoncer ce qui se passe en France, plutôt que de penser à voix haute à leur propre avenir. Faites du bruit ! Ou taisez-vous. D'autres relèveront le drapeau.

09 juin 2009

combat du siècle

Personne ne peut se réjouir d’une élection qui n’a mobilisé que 4 électeurs sur 10. L’UMP, qui clame victoire, n’a mobilisé en réalité que 12% des électeurs potentiels. Cela pose un problème sérieux de légitimité démocratique au parlement européen, et plus largement aux institutions européennes. Cela rend d'autant plus indécente l'auto-satisfaction de Sarkozy qui annonce l'accélération des réformes libérales en France.

 

Le PS tient le choc dans le Pas-de-Calais, grâce à une campagne spécifique, menée avec pugnacité avec Jean-Louis Cottigny, 3ème de liste qui rate son élection à 300 voix près. Dans la 4ème circonscription du Pas-de-Calais, le vote a été assez proche du niveau national, à quelques différences près :   le parti socialiste pâtit de son image au national, mais fait 2% de mieux, avec des variations allant de +5% à Berck, +8% à Auxi, +9% à Hesdin,  +11% à Beaurainville ou +13% à Campagne les Hesdin. Le record est à Maresquel, où le PS fait 38% des voix ;  l’UMP fait moins légèrement moins qu’au plan national. Hormis le Touquet, dont le vote est particulier, même s’il est plus faible que d’habitude, le vote de droite représente 25% dans la circonscription, soit 3% de moins que nationalement ; c’est un désaveu pour le député-maire du Touquet, qui voulait être tête de liste de l’UMP aux européennes et s’est engagé fortement dans la campagne ;  le vote écologique est moins important qu’ailleurs, même s’il constitue ici comme ailleurs le fait politique majeur de ce scrutin, avec 11% du total des électeurs pour les deux listes concernées.

Les citoyens veulent une Europe plus proche des citoyens et agissant davantage pour protéger l’avenir de nos enfants. Ils ont sanctionné par l’abstention ou le vote de colère une campagne qui n’a pas été à la hauteur de l’enjeu. Le président de la République a détourné l’attention des électeurs en parlant immigration, sécurité, en masquant son programme libéral, en créant des polémiques stériles et en suscitant une actualité favorable. Le PS n’a pas su afficher son unité et défendre ses propositions élaborées avec ses homologues des 27 pays pour que l’Europe soit la réponse à la crise économique, sociale et écologique. En réalité, comme presque partout en Europe, la droite a comme d'habitude joué sur les peurs pour susciter les réflexes conservateurs qui ont profité à la droite et aux gouvernements en place. La social-démocratie a échoué à porter l'alternative à un système libéral à bout de souffle et c'est préoccupant.

 

metaleurop.jpgLe succès des listes Europe-écologie est une bonne nouvelle, s'agissant d'un vote de gauche, dont une partie s'est déterminée après la diffusion opportune le vendredi 5 du film Home (financé par le milliardaire Pinault, ami de Chirac et Sarkozy) sur une chaîne de service public. Il devient urgent pour le PS de s'approprier totalement le message écologique, qui doit être au coeur de son projet. Réchauffement climatique, biodiversité en danger, menaces sanitaires : il est question de l'avenir de l'homme et de la justice sociale. Comment faire confiance à des libéraux pour imposer les régulations nécessaires ? Comment ne pas voir qu'il s'agit là du combat du siècle pour le socialisme ?

 

Il faut remercier tous ceux qui se sont mobilisés pour cette élection, élus, militants ou citoyens. Le vote des électeurs peut être jugé sévère, il ne doit pas moins être entendu. Je m’y attacherai pour ce qui me concerne, en œuvrant à la rénovation en profondeur du PS et à l’unité de toute la gauche, et en construisant patiemment une alternative crédible à la politique libérale poursuivie aujourd’hui sur le plan local et national.

02 juin 2009

sanctionner les briseurs de rêves

Difficile de mobiliser autour de ces élections européennes, dont l'enjeu parait à certains obscurs et le scrutin complexe. pargneauxberck.JPGJ'ai pu le mesurer lors de la venue à Berck de Gilles Pargneaux, notre tête de liste régionale, ou au cours des nombreux tractages de fin de campagne.

En appelant à voter contre Sarkozy, on nous accuse de faire de la politique hexagonale. Mais qui avait promis avant les élections de supprimer les quotas de pêche ? Qui était au commandes de l'Union européenne quand la crise a éclaté ? Qui a multiplié les rodomontades contre les patrons voyous et promis de "refonder" l'ordre économique mondial ? Comment s'étonner dès lors qu'on demande des comptes sur l'Europe à notre président, et que les 3/4 des électeurs envisagent de le sanctionner ? Car les quotas de cabillaud sont toujours là, les paradis fiscaux et parachutes dorés aussi. L'Europe n'a pas voulu de plan de relance, et même pas de coordination des (petits) plans de relances nationaux.

En pleine tourmente de l'économie financière, l'Europe avait l'occasion d'imposer un autre modèle de développement, régulant le capiltalisme sauvage, imposant des normes sociales et environnementales élevées. A côté de ce que fait Obama aux USA, avec un plan de 800 milliards de dollars (2 fois plus proportionnellement à la population que la somme des plans en Europe), avec des mesures fortes comme la nationalisation de General Motors, l'Europe parait comme tétanisée, craintive, incapable de se projeter dans l'avenir.

Oui, la droite a rétréci l'Europe depuis Mitterrand et Delors, et il faut la sanctionner pour çà. Elle n'a eu de cesse, avec la majorité libérale européenne, de réduire son champ d'intervention, de l'ouvrir à la concurrence, de casser les protections sociales et les services publics. Nicolas Sarkozy est d'autant plus coupable que son agitation cache des desseins encore plus tragiques pour l'Europe, qui serait à terme banalisée dans le capitalisme mondial comme la France dans l'OTAN.

Le PS apparaît curieusement sur la défensive par rapport à l'enjeu, au moment où la crise fait triompher ses idées. Il est vrai qu'il n'a pas beaucoup d'espace, et que la presse nationale se complait à le présenter comme divisé (alors que l'on sait que toutes les figures de droite, Bertrand, Copé, Villepin, Bayrou, s'entendent comme larrons en foire). Pourtant, personne d'autre que le PS (avec ses partis frères en Europe, qui ont enfin accepter de "gauchir" leur programme commun) ne portera cette ambition pour une Europe sociale et écologique : l'UMP ne démord pas du libéralisme, Bayrou encore moins, malgré ses accents humanistes, et l'extrême gauche est divisée et craint le pouvoir. Les votes éparpillés se perdront dans le sable, sans élus pour battre la majorité de droite. Le comble peut même arriver si la dispersion permet à l'UMP d'arriver en tête, même avec un quart des voix : Sarkozy appuiera sur l'accelérateur à réformes libérales !

Finalement, ce qui manque dans cette non-campagne voulue par le gouvernement, c'est l'occasion de réinventer le rêve européen, de parler de culture européenne, d'arrêter d'opposer les travailleurs les uns aux autres, d'en appeler aux peuples contre les gouvernements libéraux, et de leur dire : vous n'avez pas le droit de casser la dernière utopie qu'il reste aux peuples, le dernier rêve d'un monde qui ne serait pas régi par le dieu argent, mais par l'aspiration au progrès social et à la préservation de la planète. Appelez çà vote sanction, vote révolutionnaire ou vote efficace, comme vous voulez, mais allez quand le dire dimanche 7 juin le plus fort possible. Vive l'Europe de gauche !

12 mai 2009

Dis papa, c'est encore loin l'Europe de gauche ?

La crise que nous vivons est l’illustration même des insuffisances de l’Europe libérale défendue par la droite, et du besoin vital d’une Europe de gauche. Reveillons cette campagne que le pouvoir cherche à endormir, car après le 7 juin ce sera trop tard !

 

L’Europe libérale, c’est de laisser faire les marchés, en favorisant la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux. Les interventions européennes sont limitées au maximum, tout comme celles des Etats. On a vu le résultat : aucune réaction coordonnée des gouvernements ou de l’Europe pour contrer la crise. Malgré les moulinets de Napoléon Sarkozy, l’évasion dans les paradis fiscaux pourra continuer, tout comme la concurrence déloyale entre Etats qui ne respectent pas nos normes sociales ou environnementales.

 

L’Europe de gauche, concrétisée par un programme commun à tous les partis socialistes ou socio-démocrates des 27, c’est l’Europe du volontarisme, pour lutter efficacement contre la crise (programme de grands travaux, soutien à la recherche, à l’industrie, coordination des plans de relance), c’est l’Europe des travailleurs, contre les délocalisations et le moins-disant social.

 

JLCMaresquel1.JPGL’une des figures de la liste socialiste de notre liste du grand Nord s’appelle Jean-Louis Cottigny (ici en campagne avec moi à Maresquel, le 1er mai). Député européen sortant, issu de l’arrageois, il incarne cette volonté d’une Europe plus sociale. Ancien ouvrier, syndicaliste, il n’a cessé au Parlement européen de défendre le monde du travail et les droits sociaux. Avec d’autres, il a besoin de vos suffrages pour pouvoir s’appuyer demain sur une vraie majorité de gauche.

 

Je ferai tout pour que les citoyens réalisent l’importance du scrutin du 7 juin. Le vote socialiste leur permet de dénoncer la politique de Nicolas Sarkozy face à la crise, qui gesticule mais ne change rien, et de tous ceux qui le soutiennent, comme le député-maire du Touquet. Le vote socialiste leur permet d’envoyer à Bruxelles des députés qui défendront leurs droits et construiront une Europe plus solidaire, pour que nos enfants connaissent autre chose que la crise, le chômage ou le déclassement.

05 mai 2009

zéro pointé

sarkozéro.jpgNicolas Sarkozy ne veut pas fêter le deuxième anniversaire de son arrivée au pouvoir, depuis la mémorable soirée du Fouquets en mai 2007, avec ses amis patrons du CAC 40 et des médias. Vous vous demandez pourquoi ?

Tout simplement parce qu'il craint que les électeurs lui donnent un zéro pointé à l'occasion des élections européennes du 7 juin. De fait, la situation de la France en mai 2009 est pire qu'en mai 2007, et pas seulement à cause de la crise. L'absence de résultats est le principal trait de sa présidence. C'est un échec du point de vue même des objectifs qu’il s’était fixés publiquement, en témoignent la baisse du pouvoir d’achat, l'augmentation du chômage, la hausse de la délinquance violente, les difficultés à se loger, à se soigner, etc. Aucune des grandes promesses de 2007 n’a été tenue.

Alors puisque l'UMP souhaite passer cet anniversaire sous silence, le PS a entrepris de faire ce bilan des 2 premières années, dans un document de 32 pages accablant, chiffres et faits à l’appui. Je vous en recommande vivement la lecture sur :http://www.box.net/shared/static/ngggepbxer.pdf

Oui, les élections européennes doivent être l'occasion de sanctionner ce bilan. Et ce n'est pas se tromper de scrutin, puisque dans beaucoup de pays européens, et au coeur même du pouvoir européen, dominés par la droite, les réformes libérales se poursuivent. Comme si la crise n'avait finalement rien changé, et qu'il fallait seulement faire le dos rond en attendant des jours meilleurs, à l'image du G20 qui n'a été qu'un écran de fumée.

La mobilisation exceptionnelle du 1er mai, partout en Europe, a été un signal fort de colère et d'attente d'un véritable changement de politique, symbolisé en France par l'abandon du bouclier fiscal et le lancement d'un vrai plan de relance pour répondre à la crise. Le 7 juin doit être l'occasion d'un carton rouge aux incorrigibles libéraux qui mènent l'Europe dans le mur, et d'un feu vert aux 27 partis socialistes ou sociaux-démocrates qui proposent une Europe de gauche, puissante et solidaire.

30 avril 2009

l'aubépine le muguet et la rose

1ermai8.JPGNé d'un double bain de sang à Chicago (la ville de Barack Obama !) en 1886 et à Fourmies dans le Nord en 1891, le 1er mai est profondément enraciné dans la mémoire ouvrière internationale.

Il témoigne de la violence des luttes pour la conquête des droits sociaux, et nous permet de rendre hommage aux grandes figures du socialisme et du syndicalisme, comme Jean Jaurès, Jules Guesde, Emile Basly, Arthur Lamendin, ou encore Leo Lagrange et Roger Salengro, que le Front national a l’indécence de vouloir enroler.

Au titre de la fédération socialiste du Pas-de-Calais, j'ai proposé une série de réunions pour rappeler l'histoire du mouvement social à travers le 1er mai, souvent dramatique mais toujours vivante. Le succès de ces réunions témoigne du besoin de retrouver le sens de nos valeurs de gauche, y compris sur le plan international, en cette veille d'élections européennes, pour mieux reprendre demain le drapeau tombé à terre en 2002.

Je signale à votre attention une magnifique exposition réalisée par les historiens Guy et Michèle Crépin sur les origines du 1er mai, à partir de documents inédits en France, visible à l'hotel de ville de Berck-sur-Mer durant la 1ère quinzaine du mois de mai, et qui a donné lieu à l'édition d'un magnifique livre.

Car le 1er mai reste plus que jamais d’actualité, dans le monde et en France, où les acquis sociaux sont gravement menacés et où la colère monte. Avec la crise et la politique antisociale de la droite au pouvoir, le travail n’est pas à la fête. Le gouvernement refuse de légiférer sur les bonus extravagants de certains dirigeants d’entreprise, et de renoncer au « paquet fiscal » accordé aux plus riches. Le 1er mai doit redevenir la « Fête des travailleurs », pour rappeler que ce sont les salariés du privé comme du public qui font la richesse d’un pays.

 

Le 1er mai 2009 sera pour la première fois dans l’histoire l’occasion d’une manifestation unitaire de toutes les confédérations syndicales. Ce signal doit être entendu par tous, pour témoigner de la force du mouvement social, après les manifestations géantes du 29 janvier et du 19 mars sur l’emploi, le pouvoir d’achat et les services publics, restées sans réponse. Soyons nombreux, très nombreux, à nous mobiliser !

27 avril 2009

Rencontres autour de cerfs-volants

vlricv.JPGIl n'y a plus de mots pour décrire le gigantisme des rencontres internationales de cerfs-volants (RICV) de Berck-sur-Mer, certainement le plus grand rassemblement mondial de fous du vent, et qui bat cette année des records d'affluence, avec plus de 500.000 visiteurs.

Quel est le ressort d'un tel succès ? Certainement le talent des organisateurs, autour de Gérard Clément, et la volonté de la nouvelle municipalité de continuer à développer la manifestation. Bien-sûr la météo, souvent clémente en Opale Sud, et cette année particulièrement favorable. C'est encore la cote d'amour de Berck, qui rappelle tant de bons souvenirs de vacances. Mais le plus puissant moteur je crois, c'est le besoin ressenti par tous d'oublier un peu les difficultés de la vie quotidienne - particulièrement dans cette période terrible de crise -, et de retrouver le bonheur d'être ensemble et de rêver la tête dans le ciel.

"Le rêve est la seule énergie renouvelable"a joliment dit Serge Orru, le directeur général de WWF- France, que j'ai invité à Berck avec toute l'équipe du Festival du vent de Calvi. Mais le rêve peut tourner au cauchemar, si nous ne prenons pas la mesure des périls qui menacent à court terme notre planète et ses habitants. Péril climatique, libéralisme sans frein, crise alimentaire, appauvrissement de la biodiversité, nouvelles maladies, tout indique que nous n'avons plus beaucoup de temps pour sauver la planète et la société humaine.

Les rencontres internationales de cerfs-volants ont une responsabilité à assumer dans cette bataille contre l'indifférence ou le fatalisme. Parce qu'elles se vivent sur le sable, dans le vent, au bord de la mer, dans la convivialité et le plaisir. Parce que les cerfs-volistes sont de grands rêveurs qui nous permettent de garder nos yeux d'enfant sur le monde. En ouvrant à partir de l'année prochaine ces rencontres à tous ceux qui agissent, institutions, associations, entreprises ou citoyens, nous pouvons apporter une contribution importante à la mobilisation pour un développement plus soutenable. L'appel est lancé.

J'ai pu mesurer à travers le mouvement Colère Noire lancé il y a quelques années avec mon association citoyenne Faut qu'on s'active ! que l'enjeu du développement durable - à la fois environnemental, économique et aussi social - peut faire naître de nouvelles formes d'engagement, autour de valeurs plus collectives. Tout n'est donc pas perdu, mais il faut faire vite ! 

22 avril 2009

bonjour le dialogue

valeo-golden-parachute2.jpgLes salariés de Valéo-Etaples, en grève pour le pouvoir d’achat et pour l’emploi, ont été soutenus dès le premier jour par le Parti socialiste. Informé en temps réel de l’évolution du conflit, je me suis rendu sur place le vendredi 17 au matin, avec Jean-Bernard Cyffers, secrétaire de la section de la baie de Canche, pour manifester ma totale solidarité, bien avant que le député-maire du Touquet ne se préoccupe enfin de la situation et fasse pression sur les salariés à la demande de Valéo.

 

La direction de l’usine, sourde aux aspirations des ouvriers, porte la responsabilité d’un passage en force qui laissera des traces. Le protocole qu’elle a concédé apporte quelques avancées concrètes, d’autres sont encore en discussion. L’entreprise aurait pu à l’évidence faire davantage, surtout quand on connait la rémunération scandaleuse de son PDG et les conditions de son départ, que j’ai été seul à dénoncer depuis longtemps. Mais à quelques jours du 1er mai, qui s’annonce comme une grande journée de mobilisation contre la politique du gouvernement, il faut pourtant mettre de côté l’amertume et se réjouir de voir la mobilisation et le dialogue déboucher sur quelques progrès pour les salariés.

 

Je tiens à saluer l’attitude particulièrement courageuse et digne des syndicats et des salariés, très attachés à leur usine et à leur emploi. Ce sont eux qui ont su, depuis longtemps, en faire une unité productive et rentable pour le groupe, y compris en acceptant de nombreux sacrifices. Ils n’ont pas fait de surenchère, refusant toute violence, recherchant simplement à ouvrir le dialogue avec une hiérarchie retranchée, et à obtenir la juste rétribution de leurs efforts.

 

La mobilisation unitaire exemplaire a permis une première victoire, et la direction sait désormais que les syndicats et les salariés ne se laisseront pas faire quand leur emploi, leur salaire, leurs conditions de travail, seront injustement remis en cause, ou quand la discussion ne pourra pas se nouer. Halte au chantage, bonjour le dialogue !

 

16 avril 2009

pêche aux voix en eau trouble

blocageports.jpgJe viens d'apprendre la venue à Etaples de Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, accompagné de Dominique Riquet, maire de Valenciennes et tête de liste pour les européennes dans la grande circonscription nord-ouest

Venir faire la campagne de l’UMP pour les élections européennes, sur le dos des marins pêcheurs étaplois, confrontés à la plus grave crise de leur histoire, relève de l’inconscience ou de la provocation. L’invitation de Pierre-Georges Darchicourt et Daniel Fasquelle, le député maire du Touquet, pourrait bien se révéler un cadeau empoisonné pour Xavier Bertrand et l’UMP.

 

En effet, la pêche artisanale est directement menacée dans son existence même par le choix de la commission européenne actuelle de privilégier le libéralisme et les grands lobbies industriels. Elle ne se sent pas défendue à Paris, ni par le gouvernement, qui veut envoyer à la casse la marine étaploise, ni par l’UMP, malgré les promesses électorales de Nicolas Sarkozy de revoir le système des quotas.

 

Il est temps de réviser la conception de la politique communautaire et nationale de la pêche, en sauvant notre flotille artisanale, qui fait vivre de nombreuses familles et constitue la seule garantie que la ressource sera préservée.

 

Il est temps de garantir les salaires des marins pêcheurs, dont le rôle va bien au-delà de la seule pêche, et qui ne peuvent dépendre des diktats de Bruxelles et des lâchetés de Paris.

 

Il est temps de revoir l’équilibre économique de la filière, pour que les cours du poisson et la répartition des revenus reflètent davantage la rareté de la ressource, la difficulté du métier, et la solidarité nationale. Celle-ci doit par exemple trouver à s’exercer pour éviter de faire supporter au consommateur les surcoûts liés aux prix du gazole, alors que le pouvoir d’achat n’a jamais été aussi faible.

 

Il est temps de changer l’Europe, pour qu’elle rime désormais avec solidarité, en attendant de changer demain de gouvernement.