18 octobre 2009
prince Jean
C'est le tournant du quiquennat. Et sans doute l'un des symboles qui restera de son fiasco
L'illusion Sarkozy n'aura finalement duré que 6 mois, et sa cote de popularité a perdu plus de 30 points depuis août 2007, pour atteindre 38% deux ans après. La présidence de l'union européenne puis les gesticulations internationales pendant la crise lui avaient accordé un sursis, mais aujourd'hui le roi est nu.
Les deux tiers des français ne supportent plus ses rodomontades et sa gestion brouillonne de l'actualité sociale, qui inquiètent plus qu'elles ne rassurent. Sa dialectique de gauche et ses débauchages ministériels ne masquent plus la brutalité de sa politique ultra-libérale. Jusqu'à la grippe A qui refuse de prendre le pas sur les suicides à France Telecom et les déficits vertigineux du budget de l'Etat. Que s'est-il donc passé ?
La votation citoyenne pour refuser la privatisation de La Poste avait été un signe avant-coureur du climat de résistance qui s'installe dans le pays. Mais il en fallait plus pour calmer la morgue du locataire de l'Elysée, balayant d'un revers de manche la grogne des élus UMP sur la taxe carbone, la taxe professionnelle et surtout la réforme des collectivités locales.
Il a fallu cette folle obstination sur la nomination de son fils à la tête l'EPAD, l'établissement qui gère la manne de la Défense, le plus grand centre d'affaires européen. Un épisode secondaire, somme toute, dans l'histoire de la gestion clanique du département des Hauts-de-Seine, le coffre-fort du RPR puis de l'UMP en passant par le RPF de Pasqua. Secondaire, mais tellement parlant.
Car la maison Sarkozy est en train de chuter non pas à cause d'un dossier mal géré ou d'une injustice de plus, mais sur la question des valeurs. Tout à coup, chacun a pu réaliser le sens profond de la soirée du Fouquet's, au cours de laquelle Sarkozy avait remercié la poignée d'amis patrons - dont la moitié habite Neuilly-sur-Seine et travaille à la Défense - qui l'avait porté au pouvoir. L'exercice solitaire du pouvoir, cette impudeur nouvelle dans les attitudes publiques ou privées, ces discours truffés de "moi je", tout cela a pu séduire un pays qui croit à la force du politique et n'aime rien tant que fabriquer les destins.
L'affaire du prince Jean a ramené la saga Sarkozy à une vulgaire berlusconnerie.
Il n'y a pas que l'image de la France à l'étranger qui souffre de cet épisode lamentable, avec les journaux du monde entier qui font des gorges chaudes sur le "monarque républicain". L'électorat de droite est troublé de découvrir que les valeurs du travail et du mérite mises en avant dans les discours de campagne n'étaient que le cache-sexe du piston et de l'affairisme. Mais ce qui inquiète désormais le plus grand nombre, c'est de découvrir l'utilisation très personnelle qu'un homme fait d'un pouvoir qu'il a méticuleusement concentré entre ses mains. S'il a pu faire nommer son fils à la tête du carrefour européen des affaires, combien d'amis a-t-il déjà placés dans les médias, dans la justice, dans l'administration, dans les entreprises, pour surveiller et faire prospérer les intérêts de son clan ? Combien de loi ou de textes a-t-il fait voter ou décidé, pour satisfaire les intérêts particuliers et s'affidier les puissants ?
Il était temps de dévoiler l'imposture. Finalement, le président du pouvoir d'achat restera comme celui du bouclier fiscal pour les plus riches. Blum parlait des "200 familles", Mitterrand du "mur de l'argent". Demain, on parlera des "conjurés du Fouquet's", démasqués un certain octobre 2009.
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Commentaires
Cette idée de "conspiration" n'est pas un simple argument de propagande : Sarko n'est qu'un instrument aux mains des grans capîtaines du CAC40. Il n'est pas venu fêter sa victoire au Fouquet's , il est venu rendre compte à ses mandants d'une mission accomplie.
Les exemples abondent qui prouvent qu'il continue à exécuter un plan préétabli de liquidation de notre tissu social. Je trouve que notre parti ferait bien d'axer ses campagnes là-dessus. En ce moment il faut mettre le nez des agriculteurs sur leur naïveté d'avoir cru en Sarko.
Bon courage Vincent.
Ecrit par : DEHAY André | 25 octobre 2009
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