11 octobre 2009
ballets roses
Le canard enchainé a révélé les dessous des journées parlementaires de l'UMP, où un spectacle de strip tease avait été organisé jeudi 24 septembre à l'hotel Mercure du Touquet. La petite gâterie a tourné court, devant les craintes que l'affaire ne s'ébruite, mais la folle soirée a duré jusqu'à 5 heures du matin.
Cette affaire, plus pitoyable que scandaleuse, a pourtant profondément choqué les citoyens d'une région qui se serre la ceinture en période de crise et qui subit de plein fouet les conséquences du libéralisme de la droite au pouvoir. Voir le gouvernement et la majorité UMP s'amuser dans les hotels 4 étoiles du Touquet Paris-Plage avait quelque chose d'indécent, qui a fait réagir vivement les élus PS dans une lettre ouverte sur la "droite Touquet's".
Le strip tease du Touquet n'est pas sans rappeler la fameuse affaire des ballets roses, qui avait mis en cause en 1959 le président de l'Assemblée Nationale (déjà). La comparaison s'arrête là, mais cette affaire de moeurs avait aussi choqué à l'époque parce qu'elle intervenait dans un contexte de crise, politique et économique.
Alors que Frédéric Mitterrand s'est défendu d'avoir fait l'apologie du tourisme sexuel et la pédophilie dans son livre "la mauvaise vie", après sa réaction maladroite à l'arrestation du réalisateur Roman Polanski, le trouble est perceptible à l'UMP. D'autant que l'affaire du violeur récidiviste et la recrudescence des violences aux personnes fait ressortir les limites de la politique repressive affichée par Sarkozy depuis 2002.
Nicolas Sarkozy avait donné le ton d'une droite décomplexée, lors de la fameuse soirée du Fouquet's en 2007. La réussite et l'argent remplaçaient le mérite et travail dans l'ordre des valeurs. On avait alors parlé de la droite "bling bling", en voie de berlusconisation. La crise et les parachutes dorés des patrons ont conduit notre président à cacher sa Roleix et à afficher une volonté de "moralisation du capitalisme", dont on voit les brillants résultats, à l'heure où les banques aidées par l'Etat servent de généreux bonus à leurs dirigeants.
Retour à l'ordre moral ? La tentation est toujours grande pour la droite en période de crise. Mais en l'absence d'exemple au plus haut niveau de l'Etat, il ne faut pas y compter. Retour aux valeurs de solidarité ? C'est un gros mot pour le gouvernement du bouclier fiscal et de la suppression de la taxe professionnelle. Tout au plus peut-on souhaiter un peu de décence...
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