21 juillet 2009

Valls des égos

aubryroyal.jpgComme de nombreux militants, je suis exaspéré par les commentaires ironiques ou alarmistes, après l'avertissement lancé par Martine Aubry à Manuel Valls. Les mêmes qui déploraient son impuissance à neutraliser les francs-tireurs condamnent aujourd'hui sa fermeté vis-à-vis du plus turbulent d'entre eux. Les mêmes qui raillaient les faux-semblants de Reims prétendent aujourd'hui qu'au PS les conflits se règlent à travers le débat d'idées pendant les congrès, et non pas par la discipline interne

Il est où le débat d'idées qui va régénérer le PS et la gauche ? Je cherche en vain la contribution au débat des "quadras", qui paraissent plus obnubilés par leur surface médiatique que par la capacité de la gauche à répondre aux attentes de son électorat. Les primaires sont elles la priorité pour remotiver les militants ? L'antisarkozysme pavlovien est-il le mal dont souffre la gauche ? En vertu de quelle analyse politique devrions nous renoncer au beau mot de socialisme, qui porte depuis si longtemps les aspirations du peuple de gauche ?

Je prétends qu'une immense majorité de militants approuve la fermeté de Martine Aubry, et qu'il est temps, plus que temps, de siffler la fin de la récré. Les militants doivent être pris à témoin du travail de rénovation engagé, et conscients qu'il lui faut un peu de temps. Je connais la détermination de Martine et la volonté de ceux qui l'entourent pour redonner un peu d'esprit collectif à un parti rongé depuis longtemps par l'individualisme. Elle n'a rien à perdre, et tout à gagner, à remettre la machine en route, y compris en assumant toute l'autorité qu'elle détient de par le vote des militants. Plutôt qu'une union de façade, qui se fendille à chaque crise (il n'est que de voir ceux qui ont volé au secours de Valls), il faut au parti une majorité dynamique et ferme qui le remette sur les rails.

Plus encore que de la discipline, les militants réclament davantage d'humilité de la part des leaders qui jouent l'opinion contre le parti. Qui sont ils pour piétiner ainsi notre histoire et nos pratiques militantes, devant des médias avides de sensationnel ? Qu'ont ils prouvé, sinon un sens aigü du placement devant les caméras ? Au nom de quelle éthique donnent-ils des leçons de cohérence idéologique, quand ils ont défendu tout et son contraire ? Comment porter à l'extérieur les valeurs de solidarité quand la fraternité entre camarades n'est plus pour eux qu'un mot creux ?

Espérons que les vacances permettront une remise en cause de ces pratiques mortifères, et que le parti entamera sa mue à l'université d'été de La Rochelle. Ceux qui creusent la tombe du PS en seront pour leurs frais.

Commentaires

En effet, ils sont nombreux à ne plus supporter les propos des lieutenants de Ségo, Dray, Valls ...Il faut que ces gars assument leurs responsabilités. On ne peut pas se servir du partir pour sa cause nombriliste et en même le dénigrer !
Valls était déjà le premier à vouloir trainer le PS devant la Justice au lendemain de l'élection du premier Secrétaire national, il est aussi celui qui parle de "blancos" pour égayer l'image du parti sans que quiconque au national ne condamne et/ou ne sanctionne.
Dans un parti en pleine remise en cause, il n'y a pas de place pour les individualistes, ni même dans chacune de toutes les sections du pays. A bon entendeur ! En effet, vivement la rentrée et ses universités !
Bonnes vacances à tous les militants "socialistes" !

Ecrit par : François DAVELUY | 21 juillet 2009

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