01 avril 2009
Réformer le capitalisme ?
Encore des rodomontades du Président qui menace de quitter le G20 s'il ne prend pas des mesures susceptibles de "moraliser" le capitalisme. J'ai la faiblesse de penser qu'à l'instar des salariés de Mittal à Gandrange (ou de Caterpillar à Grenoble), plus personne ne croit en la sincérité de ces propos de fier-à-bras. L'exemple récent du scandale de ces grands patrons qui se "goinfrent" en pleine crise était des plus choquants.
Le gouvernement vient en effet d’annoncer la parution d’un décret limitant temporairement certaines rémunérations exceptionnelles de très hauts dirigeants dans quelques entreprises qui ont bénéficié d’une aide de l’Etat, dans le cadre des plans de sauvetage des secteurs bancaire et automobile.
Cette annonce est parfaitement insuffisante et ne répond pas aux abus constatés jour après jour.
La parution d’un décret est en effet inadaptée dans la forme. La soi-disant volonté du gouvernement d’aller vite ne peut servir de justification à cette méthode. La loi de finances rectificative est en ce moment en débat à l’Assemblée nationale. Elle aurait pu faire l’objet d’un amendement sur les rémunérations, ce qui n’aurait pas ralenti l’adoption de ces mesures. Le Président de la République et le gouvernement agissent plus par peur d’un débat transparent et contradictoire, y compris au sein de la majorité, que par volonté de limiter les abus.
Ce projet de décret est également profondément choquant sur le fond. En effet, les mesures du décret ne concernent que quelques rares dirigeants dans quelques rares entreprises. Il ne s’attaque qu’à quelques rémunérations exceptionnelles, les stock-options et les bonus, et non à l’ensemble des rémunérations, et il ne le fait que temporairement, pour les deux années qui viennent. Il ne s’agit au fond que d’un décret alibi qui ne s’attaque en rien aux racines du mal.
Mais comment attendre autre chose que de la poudre aux yeux, de la part d'un Président qui a fêté sa victoire au Fouquets avec ses amis du CAC 40 puis sur le yacht de son copain Bolloré ?
18:59 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




Ecrire un commentaire