24 mars 2009
parachute doré et colère noire
J’ai déjà eu l’occasion de dénoncer le salaire scandaleusement élevé du PDG de Valéo, le 3ème de France, pour une entreprise qui ne fait même pas partie du CAC 40. Personne n’avait repris l’information, et encore moins le député-maire du Touquet, dans la circonscription duquel se trouve un des fleurons du groupe, qui s’était même offusqué de cette campagne.
Quelques semaines après, alors que Thierry Morin s’est vu accorder le « parachute doré » de 3,26 millions d’euros prévu à son contrat et dont j’avais révélé le niveau invraisemblable, c’est le concours d’indignation. Même le gouvernement et le MEDEF s’y mettent, en pleine polémique sur les stocks options de la Société Générale.
Sachez, messieurs, que cette rémunération scandalise encore plus les salariés du groupe, victimes d’un plan social de 5.000 suppressions d’emplois en Europe, dont 1.600 en France, et une trentaine à Etaples (plus 200 interimaires et de nombreux jours chômés), que la situation de l’entreprise ne justifiait pas.
Malgré les cris d’orfraie du gouvernement, l’Etat n’envisage aucunement d’interdire cette rémunération indécente, alors que les contribuables ont été sollicités pour aider le secteur automobile en difficulté, via la Caisse des dépôts et consignations.
Le « parachute doré » de Thierry Morin est l’occasion de dénoncer haut et fort la pression insupportable que les actionnaires et les financiers continuent d’exercer sur la vie des entreprises industrielles, malgré la crise dans laquelle le libéralisme nous a plongés. On se souvient de la tentative de prise de contrôle du fonds d’investissement américain Pardus, qui voulait dépecer Valéo et en détient encore 20% . Aujourd’hui, Valéo a perdu les 2/3 de sa valeur en bourse en 1 an, et l’agence de notation Moody’s vient de lui donner la plus mauvaise notation possible, alors qu’elle reste une entreprise solide et rentable.
Le parti socialiste soutient les salariés et les syndicats de Valéo, exige la restitution immédiate du « parachute doré » de Thierry Morin, et demande une loi pour moraliser et plafonner la rémunération des dirigeants d’entreprise.
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