10 mars 2009
welcome
J'ai eu la chance de visionner en avant première le merveilleux film de Philippe Lioret, qui retrace l'histoire d'un maître nageur de Calais amené à s'impliquer dans la tragédie des migrants qui cherchent un avenir de l'autre côté de la Manche
Pour connaître beaucoup des responsables associatifs qui s'engagent au quotidien à Calais en faveur des migrants, Jean-Claude Lenoir, Moustache, etc., qu'à l'occasion j'ai soutenus avec les militants de mon association Faut qu'on s'active !, je peux témoigner de la véracité de ce qui est donné à voir dans le film
Alors le traître Besson peut bien s'étrangler, la maire UMP de Calais peut bien s'indigner, nous pouvons avoir honte de ce qui se passe à nos portes, de cette réalité abjecte qui nous saute à la figure. Oui, le quotidien du calaisis, ce sont des centaines de jeunes qui errent et se réfugient dans la "jungle" des bois alentour. Oui, l'Etat français refuse les commodités les plus sommaires, de crainte d'attirer encore plus de monde, oui, les réfugiés n'osent plus venir aux distributions de repas, de peur d'être "rafflés" par la police, omniprésente. Oui, des détecteurs de présence humaine sont installés pour vérifier les camions, obligeant parfois les clandestins à respirer dans un sac plastique. Oui, l'Europe actuelle tolère qu'un de ses membres, la Grande-Bretagne, peu regardant sur le travail clandestin et la main d'oeuvre sous-payée, laisse la France organiser l'étanchéité de sa frontière.
Il faut rendre hommage à ces centaines d'anonymes qui continuent à laisser parler leur coeur, à mépriser les risques qu'ils prennent au regard de la loi, malgré un discours de haine contre l'étranger, véhiculé par le Front national et cautionné par Sarkozy ministre de l'intérieur puis président. Ils sont les meilleurs et derniers défenseurs de notre propre humanité, à travers le combat pour les libertés publiques et la solidarité au quotidien. L'heure est à la résistance. C'est possible, comme je viens de le voir à Berck ou toute la ville s'est mobilisée pour éviter l'explusion d'une famille tchétchène, ou comme le prouve l'action remarquable du réseau education sans frontières (RESF), pourtant menacé par le gouvernement
Alors si vous avez été touchés par le film, rejoignez le combat pour décriminaliser l'aide aux migrants, et soutenez les associations locales, comme par exemple Salam ( www.associationsalam.org )
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