17 février 2009

plan de relance du dialogue social

Ca craque de partout

Faute de plan de relance digne de ce nom, l'inquiétude s'installe (110.000 postes supprimés l'année dernière) et la confiance dans les pouvoirs publics s'affaisse. Entre le "président du pouvoir d'achat" promis en 2007 et le refus jusqu'à l'absurde de toute mesure de relance par la consommation en 2009, il y a une immense méprise, que l'opinion commence à mesurer. Les accents jaurèssiens du candidat Sarkozy apparaissent pour ce qu'ils sont, depuis la soirée de victoire au Fouquet's et l'abandon des métallos de Mittal Arcelor à Gandrange : le produit d'un cynisme rarement atteint en politique.

guadeloupe.jpgEn Guadeloupe et dans les DOM, l'impuissance auto-organisée de l'Etat a fini par générer la violence tant redoutée. A peine masqué par les gesticulations piteuses d'Yves Jego, qui parle de "problème sociétal", le conflit social aux Antilles bascule dans l'affrontement colonial. Quel gâchis.

La révélation de nouvelles suppressions d'emplois dans l'Education nationale pourrait bien rallumer le feu chez Xavier Darcos, contraint de retirer précipitamment sa réforme du lycée. Sur le front universitaire, le mouvement des enseignants-chercheurs a trouvé dans le malaise étudiant un terrain propice à la contagion rapide. Valérie Pécresse montre une belle combattivité, mais elle est la seule à ne pas savoir que son décret est enterré, et que la loi sur l'autonomie des universités va suivre. Déjà, certains députés UMP, bons camarades, s'acharnent sur la ministre, espérant sans doute se partager les reliefs du festin, alors qu'ils ne récolteront que les deniers de Judas. Il est vrai que la grogne gagne les rangs de l'UMP, si j'en juge le député-maire du Touquet, qui n'obtient rien de son gouvernement, pas même une mesurette issu du plan de relance, et perd arbitrage sur arbitrage. Il en est à revendiquer le bilan de la région et du département, tous deux PS, pour faire encore croire à son utilité.

La loi Hopital, santé et territoires, dont l'examen a commencé au Parlement, pourrait également s'avérer dangereux, compte tenu de l'état dans lequel se trouve l'hopital public, étranglé par la logique d'entreprise imposée par la droite, par les franchises médicales, et par le refus d'imposer à la médecine libérale des contraintes de santé publique. Quand les patients ne peuvent plus se faire soigner, parce que c'est trop cher ou qu'il n'y a plus de médecine de ville, les inégalités les plus scandaleuses se font jour au coeur de la civilisation. J'en sais quelque chose, dans ma région Nord-pas-de-Calais où l'on vit 10 ans de moins qu'au sud de la Loire.

Ces difficultés ne sont pas réjouissantes. A la fois parce que l'absence de pare-feu expose la France à tous les mauvais vents de la crise internationale. Et le gouvernement s'applique à supprimer les derniers remparts, comme si la violence de la crise dans les pays les plus libéraux (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Espagne, ...) ne suffisait pas à démontrer de la nécessité d'une régulation de l'économie de marché

Mais ce qui m'inquiète le plus, c'est la perte de confiance dans le système démocratique, qui pourrait faire le jeu des populismes de droite ou de gauche, notamment à l'occasion des prochaines européennes.

C'est pour cela qu'il faut souhaiter que le pouvoir comprenne après les manifestations monstres du 29 janvier qu'il faut donner du grain à moudre aux partenaires sociaux, pour atténuer les effets de la crise, entretenir le dialogue, et surtout garder en tête qu'une autre politique est possible.

Qui sème le vent récolte la tempête

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