02 février 2009

la République défigurée

Dans son discours de clôture du rassemblement des secrétaires de section, Martine Aubry a dressé la feuille de route des socialistes pour les mois qui viennent : expliquer et populariser notre plan de relance, lutter contre la remise en cause des libertés démocratiques, contre le "big bang institutionnel" que prépare la commission Balladur, se battre pour sauver l'école publique, préparer la méthodologie et le calendrier du Projet des socialistes pour 2011 et bien sûr, gagner les élections européennes. 

Partout, dans la salle et dans les couloirs de la Mutualité, j'ai rencontré des amis responsables ou secrétaires de section venus de toute le pays, et qui témoignaient du plaisir de retrouver un PS sur le terrain des luttes sociales, aux portes des entreprises.

Manif_Lille03.jpgLa journée du 29 janvier a servi de déclencheur. Près de 2,5 millions de personnes ont manifesté contre la politique du gouvernement. Un mouvement massif auquel ont participé, dans tous les cortèges en France, les socialistes. J'étais à Lille, avec de très nombreux élus et camarades du Nord ou du Pas-de-Calais. Ca faisait longtemps que l'on avait pas vu une telle mobilisation. Une partie de notre délégation, qui s'était donnée rendez-vous avec Gilles Pargneaux, le 1er fédéral du Nord et Daniel Percheron, président de la région, a du attendre plusieurs heures pour rejoindre la fin du cortège. Tous les manifestants sont passés devant nous, en témoignant de leur joie de voir le PS présent en masse, ou sans témoigner d'hostilité. Plus personne ne pose la question de Josiane Balasko : mais ils sont où les socialo ?

Demain, nous continuerons à être présents sur le terrain. A expliquer qu'une autre politique est possible, en s'appuyant sur le "contre-plan de relance" du PS, qui montre les limites du plan de relance de Sarkozy, timorré, faisant la part belle aux banques, et surtout faisant l'impasse sur la consommation, l'emploi et le pouvoir d'achat.

Vous avez remarqué, quand l'opposition se fait entendre fortement, le climat change. Les gens se sentent moins résignés, et parfois capables de colère. Prenez le limogeage d'un préfet et de son directeur départemenal de la sécurité publique. Il y a quelques mois, nous aurions eu une brève dans le Canard Enchaîné. Aujourd'hui, Martine Aubry en a fait un scandale qui "défigure la République" et l'opinion se révolte sur les agissements du Prince.

Un mouvement social puissant, une opposition de retour, ca ne changera rien vous croyez ? Je prétend que nous pouvons informer l'opinion sur la réalité des choses. Nous pouvons peser sur le pouvoir, pour éviter le pire, bloquer les réformes les plus dangereuses, parfois imposer le dialogue, proposer des idées, montrer autre chose dans nos régions, nos départements, nos mairies. Ce n'est pas rien, pour ceux qui sont en première ligne. C'est beaucoup, pour retrouver la confiance des classes populaires et moyennes, et préparer le grand retour de la gauche au pouvoir.

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