16 janvier 2009

La bourse ou la vie

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Les annonces de plans sociaux tombent chaque semaine, notamment dans ma région où près de 100.000 emplois dépendent de l'industrie automobile. Les habitants du montreuillois craignaient en particulier pour le sort de l'usine Valéo d'Etaples, qui fait vivre plus de 1.100 familles, et dont le groupe a annoncé en décembre une baisse de 10% de ses effectifs.

 

Finalement, chacun est soulagé de voir que le plan de suppression d’emplois ne concernera « que » 30 à 35 emplois de structure à l’usine Valéo d’Etaples, et il faut y voir un hommage au travail des salariés qui ont su préserver une unité rentable et indispensable au groupe.

 

Il s’agira pour la plupart, espérons le, de départs volontaires, mais il faut aussi penser aux 200 intérimaires dont les contrats n’ont pas été renouvelés depuis cet été, et aux salariés en place, forcés à des cessations d’activité, comme entre le 16 décembre et le 5 janvier, et inquiets pour l’avenir.

 

Mais ce plan social, parmi d'autres, est l’occasion de dénoncer la pression insupportable que les actionnaires et les financiers continuent d’exercer sur la vie des entreprises industrielles. On se souvient de la tentative de prise de contrôle du fonds d’investissement américain Pardus, qui voulait dépecer Valéo et en détient encore 20% . Aujourd’hui, Valéo a perdu les 2/3 de sa valeur en bourse en 1 an, et l’agence de notation Moody’s vient de lui donner la plus mauvaise notation possible, alors qu’elle reste une entreprise solide et rentable.

 

Le plan de 1.500 suppressions d’emplois à Valéo (5.000 dans le monde) ne répond à aucune nécessité industrielle. Il s’agit simplement de faire remonter le cours de bourse. D’ailleurs, le jour même de l’annonce, l’action remontait de 7%. L’équipementier profite de la baisse de ventes de voitures pour sacrifier les parties les moins rentables de son groupe.

 

Faudra-t-il d’autres annonces de suppression d’emplois, pour satisfaire aux exigences des financiers, ceux là mêmes qui ont plongé la planète dans la crise économique ? La crise n’a rien changé, malgré les grands discours du président de la République et un plan de relance qui ne concerne pas l’emploi et le pouvoir d’achat.

 

Le parti socialiste soutient les salariés et les syndicats de Valéo, et demande le vote d’une loi conditionnant l’acceptation par l’Etat des plans sociaux à de véritables nécessités économiques, pour empêcher les grandes entreprises de continuer à sacrifier l’emploi sur l’autel de la finance.

 

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