02 décembre 2008

Saura-t-elle se faire aimer ?

martinezapatero.jpgAlors que son équipe renouvelée n'est pas encore en place, Martine Aubry impose déjà son style et sa poigne. Le rassemblement, à travers les premières discussions politiques avec Ségolène Royal pour lui laisser le choix de rentrer dans la majorité, si elle en accepte les principes (dont l'ancrage à gauche et la nature militante du parti), et l'offre de participer à la direction du Parti. Le souffle, à travers la réunion de Madrid du Parti socialiste européen, dont elle a su orienter le cap vers l'Europe sociale.

Sarkozy a du souci à se faire, et son silence sur l'élection de Martine Aubry en dit long. J'ai eu la chance de travailler auprès d'elle lorsque j'étais directeur adjoint de Claude Bartolone, son ministre de la ville. J'ai pu mesurer la puissance de conviction et la force de travail de celle qui était alors n°2 du gouvernement de Lionel Jospin. J'ai vu ce qu'elle savait faire à Lille, dans des conditions difficiles. Ceux qui s'attendent à une 1ère secrétaire sans pouvoir vont en être pour leurs frais.

Saura-t-elle se faire aimer ? semblent s'interroger les éditorialistes de la presse parisienne, en notant férocement que la presse populaire ne lui consacre pas le 10ème ce qu'elle a écrit sur Ségolène Royal, même après sa défaite.

Se faire aimer n'est pas une fin en soi pour elle, et on ne la verra jamais mettre en scène son intimité, ou jouer de la pipolisation et des médias. Les français attendent du principal parti de gauche une crédibilité, une combattivité, une perspective, plutôt qu'une image ou des anecdotes. Parce qu'elle représente à elle seule la question sociale, ministre des grandes conquêtes sociales, figure d'une région emblématique du peuple de gauche, porteuse d'une ligne politique clairement à gauche, elle sera l'espoir de tous ces français qui souffrent de la politique libérale de Sarkozy et désespéraient du parti socialiste. Martine ne veut pas l'amour des français, mais leur confiance. Elle aura les deux.

Fini de se moquer du parti socialiste. La peur change de camp.

Commentaires

Pour toutes les qualités que tu as décrites au sujet, la peur gagne même ceux qui avaient déjà des prétentions électorales nombrilistes sur 2012 ou même pour les futures échéances locales ....
Les Ségolénistes qui optaient pour une refonte des statuts et du fonctionnement, veulent se raccrocher au pouvoir qui leur échappe, en s'appuyant sur des statuts ringardisés qu'ils souhaitaient eux-même supprimer ...an cas de victoire bien sûr !
Un fait important est de savoir que Martine Aubry a tendu la main à des hommes et des femmes, partisans royalistes. Martine Aubry reconnaissait en certains d'entre eux de nombreuses compétences. Je pense à Guillaume Garot (Mayenne) ou encore Delphine Batho (Indre-et-Loire). Mais ces derniers qui ne nient pas les qualités de la nouvelle première secrétaire se sont vu empêcher par Royal d'accepter des postes dans la Direction du PS ou au Conseil National ....
Soyons aujourd'hui tous en ordre de marche derrière Martine, et il est évident que ceux qui hésitent encore doivent se poser la question pourquoi ils sont aujourd'hui encore socialistes et surtout militants au PS. Plus clairement, aujourd'hui, il faut s'interroger si on est dans les nouvelles orientations, dans le futur projet d'émancipation du PS ou si on en sort ?....

Ecrit par : François DAVELUY | 16 décembre 2008

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