18 novembre 2008

Nuit des bonnes résolutions

aubrydelanoe.jpgJe ne me retrouve pas dans la lecture catastrophiste que certains font du congrès de Reims, dont les gagnants seraient Sarkozy et Bayrou.

Bien sûr, le congrès arrive à un moment où l'on aurait aimé une parole forte du principal parti d'opposition, sur l'analyse de la crise financière et pour dénoncer les gesticulations de Nicolas Sarkozy cherchant à s'exonérer de ses responsabilités dans la faillite des idées libérales. Au moins cette crise a-t-elle rendu toute son actualité aux idées socialistes et de gauche, présentées hier comme ringardes et dépassées, parfois même par certains des nôtres.

Pour l'avoir vécu de l'intérieur, je peux témoigner que le congrès de Reims est l'un des plus politiques qu'il m'ait été donné de vivre, où orateurs et délégués de motions ont été au bout du débat, sur l'essentiel : les valeurs fondamentales, les priorités d'action, le système d'alliances, la nature du parti ! Les enjeux de pouvoir n'en étaient pas absents, mais les idées ne traversent pas les salles sans qu'elles soient portées par des hommes et des femmes capables d'en convaincre les autres.

Ayant participé à la fameuse commission des résolutions qui a travaillé dans la nuit du samedi au dimanche pour essayer de trouver une majorité au PS, je veux rétablir quelques vérités. Je confirme tout d'abord que Ségolène Royal n'est pas parvenue à réunir une majorité autour de son projet, jugé trop flou (par exemple sur les salaires, ou sur la cohérence générale) et dangereux sur la stratégie politique d'alliances. Une bonne partie des échanges a été consacrée à cette fameuse éventualité d'un accord national avec le MODEM, dont la perspective changerait le contenu de notre projet et notre capacité à rassembler toute la gauche. Il a également été question de la nature de l'engagement militant au parti socialiste, et de sa transformation inévitable en parti de supporters si l'on permet à des sympathisants d'adhérer à faible coût pour y soutenir la personne de leur choix. Bref, deux visions cohérentes se sont opposées, sans l'ombre d'une ambiguité. J'ai d'ailleurs eu le sentiment, largement partagé, que Ségolène Royal savait déjà qu'elle n'aurait pas de majorité, et qu'elle a un peu mis en scène son isolement, avec un discours très offensif l'après-midi, et une sortie de commission des résolutions très théâtrale, dont les journalistes avait été prévenus. Elle s'adressait déjà aux militants, en prenant à témoin l'opinion. C'est de bonne guerre, même si je suis toujours gêné d'entendre des socialistes qui doivent tant à leur parti le vouer aux gémonies.

Autre précision importante à connaître : si une majorité alternative n'a pas été officialisée au sortir de la commission des résolutions, un rassemblement entre les motions A (Delanoë), D (Aubry) et C (Hamon) s'est clairement esquissé. Un texte commun a d'ailleurs été établi entre les 3 motions, qui montre les convergences sur les points essentiels. L'accord a achoppé sur le choix d'un candidat unique. Pour ne pas fragiliser cet équilibre politique, Bertrand Delanoë a refusé que ce soit Benoît Hamon qui le porte, tout comme ce dernier a refusé que ce soit quelqu'un de la motion A, comme Harlem Désir. Chacun a donc pris ses responsabilités, et Benoît Hamon, en accord avec Henri Emmanuelli, a cru bon de maintenir sa candidature, malgré les ouvertures dans sa direction de Martine Aubry. Je veux souligner l'attitude exemplaire de Martine Aubry, qui depuis des mois et jusqu'au bout, n'a jamais évoqué sa candidature, au grand désespoir de certains de ses soutiens, pour ne pas que les questions de personnes fassent obstacle au rassemblement des idées. Elle n'en est arrivée là que le dimanche matin, voyant que Bertrand Delanoë renonçait à présenter la sienne, et sachant que par sa position centrale, entre les motions C et A, elle détenait la clé du scrutin.

Il faut également saluer l'attitude de Bertrand Delanoë, qui a finalement choisi de s'engager massivement derrière Martine Aubry, pour défendre la conception du parti et des alliances qu'ils ont en commun, et pour demain constituer une majorité dans le parti. Benoît Hamon a d'ores-et-déjà annoncé qu'il en ferait autant s'il n'est pas devant Martine, compte tenu de leurs convergences évidentes.

Compliqué tout çà ? Finalement, la situation s'est éclaircie de manière considérable depuis le vote des militants et le congrès de Reims. Deux lignes politiques s'opposent, l'une, portée par Martine Aubry, majoritaire, qui veut la rénovation du PS. L'autre, défendue par Ségolène Royal, minoritaire, qui recherche la transformation du PS. Parti socialiste contre parti démocrate ; parti d'union de la gauche contre parti de centre gauche ; parti de militants contre parti d'adhérents. Rarement les choix auront été aussi clairs et cruciaux.

Cette vision plus politique est sans doute moins simple à raconter que les histoires à dormir debout d'un "front TSS" ("Tout Sauf Ségolène"), qui ne correspondent pas à la réalité, ou alors le conte de fées des modernes contre les archaïques. Le parti est en mouvement, et le congrès de Reims accouchera quoi qu'il arrive d'un réel changement. Reste à savoir si les militants confirment, et dans quelle proportion, l'ancrage à gauche du parti et sa nature militante. Réponse jeudi et vendredi soir.

Commentaires

Quel parti en effet peut s'enorgueillir de compter tant de talents, ...tout congrès a toujours étéun régulateur d'idées, des hommes, et forcément pousse au débat, parfois malheureusement aux déchirures ..mais si on ôte le scénario hollywoodien de ségolène quittant la commission des résolutions sur l'escalator qui descend vers de plus bas pourcentages de votes, ..on trouve ue martine déterminée, un Benoit à la stature possible de premier secrétaire ...Tout invite aujourd'hui les militants à se rassembler autour de ces deux leaders ...

Ecrit par : François DAVELUY | 19 novembre 2008

Qu'ajouter à cette claire remise en place de la vérité ? Qu'il est difficile de lutter contre l'interêt médiatique savamment orchestré autour de Ségolène, sans doute. La réalité d'un Parti qui tente de retrouver ses marques, à un moment effectivement où la pertinence de ses analyses éclate au grand jour malgré les tentatives de ringardisation, est sans aucun doute beaucoup moins "vendeuse" que l'histoire de la pauvre Segolène en butte aux vieux cassiques du Parti.
Pourtant, le congrés de Reims aura permis ce que celui du Mans avait raté: une clarification indispensable pour redevenir le parti d'opposition dont le peuple français a viscéralement besoin !
à suivre ...

Ecrit par : Olivier | 19 novembre 2008

Puisque nos élus font campagne, je ne vois pas pourquoi nous n'en ferions pas autant..

Copinnage, tractations de dernières minutes, distribution de postes sous la table, leadership, j'en passe et des meilleurs...

Apres nous avoir fait croire pendant plusieurs mois que les idées devaient etre mise en avant aux congres de Reims, mais ou sont -elles aujourd'hui?? Les militants on s'en fout completement, ce qui compte, c'est d'avoir des places a la tete du parti.. Le PS n'est actuellement qu'un parti d'élus qui défendent leur place d'élus et qui aspirent uniquement à etre ministrable, alors on teste d'abord dans quelle motion on a le plus de chance de jouer une place à l'avenir et apres on fait campagne !!

Ouvrez les yeux camarades, nous sommes devenus des moutons, parce que Frédéric Cuvillier (que j'admire beaucoup) a décidé de faire compagne pour son ami Bertrand sur Boulogne.

Résultats, sur 300 votants je crois et bien plus de 200 pour Delanoé, 50 pour Aubry (ceux qui ont suivis le troupeau de la fédération), des miettes pour Ségolène et seulement 3 ou 4 voix pour Benoit Hamon. Nous ne sommes absolument pas représentatif des résultats nationnaux car comme partout nous avons été dirrigés.

Avec une couverture médiatique puissante Les 3 tetes de listes n'ont réussi a convaincre et rassembler largement , pourquoi? parce qu'elles ne sont pas assez audacieuse. A l'heure ou l'ump pratique le socialisme au gouvernement en période de crise et que nous avons tous les arguments pour dénoncer les failles de l'ultra libéralisme et du capitalisme non maitrisé, c'est nous qui sommes pret a y rentrer davantage...

Hamon rejette depuis le départ cette idée, il est pour moi le candidat qui rassemblera toute la gauche, il n'a appartenu a aucun gouvernement ou systeme alors on evitera de ressortir des vieilles querelles des placards.. C'est qui lui? Combien de personne ne connaissent pas Benoit Hamon?? beaucoup trop!! il n'a pas eu beaucoup de place dans le débat mais à réussit a faire entendre ses idées et il finit avec presque 19% des suffrages autour de sa motion.

Je reste persuader que s'il avait eu la meme médiatisation pour défendre son projet, il serait sorti en tete aux votes des motions!

Si ségolène est élu, on aura un modem assez fort, un parti socaliste pas trop de gauche assez fort, et du coup un Besancenot plus fort.. Ce qui fait trop de monde pour combattre Sarkozy et lui-meme c'est ce qu'il attend.., que l'on aime ou que l'on aime pas, voyez deja comment on recommence a tirer dans "les pattes " de Ségo depuis une semaine! Si elle est élue, elle va se reprendre plus de coup dans son propore parti que celui adverse.. Et on a vu ce que ça donne aux dernières éléctions.., c'est peut etre idiot mais il faut aussi penser tactique, et Ségolène, meme si elle represente un espoir pour certains et des idées différentes, ne réunira pas l'ensemble, c'est faux.

On se doit d'abord de revenir à gauche, les alliances s'est apres le premier tour d'un vote ce n'est pas avant le vote.

Le modem a été puissant dernièrement uniquement parce que ses élécteurs sont déçus du socialiste. Le Modem c'est un parti dirigé par la droite et élu par des electeurs de gauche. Nous ne les récupérerons que si nous donnons d'avantage de solutions aux salariés !

Ne votez pas Martine uniquement parce qu'elle est de notre fédération !!! C'est ridicule! Elle se dit completement a l'inverse de ségolène et beaucoup plus a gauche, alors pourquoi n'a-t-elle pas rejoins Benoit Hamon qui l'affirme haut et for depuis le départ.

Lui seul représente la nouveauté, lui seul n'a pas changer de ligne, lui seul va au bout de ses idées, lui seul n'a pas chercher a faire des alliances en dessous de la table !!

Alors maintenant qu'a boulogne, on a tout fait pour la gagne de Bertrand Delanoé, il faudrait ressuivre le troupeau et voter Martine?? Et ainsi aller a l'encontre de toute l'argumentation qui nous a été démontré pour nous opposer à elle? (on nous a bien dit que cette coalition Aubry-Fabius-strauss-Khan ne marcherait pas et aujourd'hui ce sont les memes qui la rejoignent..) Et bien allez-y mais sachez que personne ne peut savoir pour qui vous votez! Vous ne serait pas considérer comme un(e) "traitre).

Martine a fait de belle chose mais je vois deja qu'elle sera considéré comme celle qui a utilisé le modem dans sa ville et agglomération celle qui est coupable des 35h.. Je vois deja tout ce qu'on va lui mettre sur le dos a cette femme, sans compter toute les rumueurs imbéciles et infondées sur sa séxualité ou son alcoolisme.. Là aussi je pense qu'elle va se prendre beaucoup de coups dans notre parti..

Martine a beaucoup de chance de l'emporter mais il faudra qu'elle prenne en compte le vote de Benoit Hamon et donc de s'encrer completement à gauche si ce dernier n'arrive pas en tete. Sachez l'importance que peut avoir votre voix!



BENOIT HAMON A BESOIN DE VOTRE SOUTIENT! CROYEZ MOI SINCERE JE NE SUIS QU'UN JEUNE CON DE 27 ANS QUI EN A MARRE DE TOUTE CETTE MACHINERIE ANCIENNE ET QUI VEUT DE NOUVELLE TETE ET DE NOUVELLES IDéES!! je n' ai rien a y gagner moi à vous donner moins point de vue, je n'ai pas de poste à récupérer. JE PENSE JUSTE A NOS PARENTS , GRANDS PARENTS ET ENCORE PLUS LOIN QUI POUR CERTAINS SONT MORTS POUR AVOIR NOS DROITS FONDAMENTAUX COMME L'EDUCATION LA SANTé,LE CODE DU TRAVAIL... TOUt CE QUE SARKOZY EST EN TRAIN DE DEGAGER SANS QUE NOS ELUS NE LEVENT LE PETIT DOIGT!! PENSEZ A EUX!! PENSEZ A EUX !! IL FAUT UN GRAND PARTI DE GAUCHE MAIS PAS D'UNE GAUCHE CENTRALISéE? UNE GAUCHE CAPABLE DE REUNIR LES COMMUNISTES, LES DéçUS QUI SONT CHEZ BESANCENOT AUJOURD'HUI, ET LES DEçUS QUI VOTENT BAYROU!!

Pour le fédéral je fonctionnerais pareil avec la jeunesse de Vincent Léna, un mec extra avec qui nous avions parlé pendant plus de 5 heures en juin 2006, lui seul avait réuni tous les MJS de la région au Touquet en juin 2007 pour débattre et nous organiser une fete! (nous étions 200 venus en bus, voiture..) Il a des convitions tres fortes et une envie incroyable mais encore une fois, on ne lui laissera pas sa chance, on est reparti dans le copinnage et on refait campagne à Boulogne pour Guy Delcourt qui a défendu Delanoé. Mais que foutre, voyez les idées et l'homme avant tout! De toute façon il faudra s'allier derrière lui apres la décision fatale..

Delcourt c'est celui qu'on voit plus faire de vent pour une simple banderole dans un stade de football plutot que défendre l'interet des travailleurs..

ON EST SOIT DISANT UN PARTI DEMOCRATIQUE QUI DONNE LA PAROLE A SES MILITANTS ALORS PRENEZ-LA.. NE SOYONS PAS DES MOUTONS!

N'hésites pas camarade à faire tourner ce message au plus de personnes possible si tu crois en ce que je viens d'expliquer.

Amitié d'un jeune con socialiste de 27 ans mais qui connait la politique depuis de 15 ans sans sortir de l'ENA et qui connait tres bien les failles de notre parti.

Vincent

PS. Dans ton commentaire tu précises qu'il est dommage que HAMON se maitienne alors que Delanoé n'en voulait pas comme premier secrétaire mais qu'il voulait qu'en meme bien prendre ces 19%... et pourquoi Martine est-elle plus légitime?? Avec 5 points de plus ça ne justifie pas sinon dans ce cas c'est ségolène qui devra etre la seule en lice.. ;)

Ecrit par : VINCENT CLAPTIEN | 20 novembre 2008

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