21 octobre 2008

Tourner la page

Hier soir se tenait l'assemblée générale des motions dans le Pas-de-Calais. La salle de Beuvry était comble, pour applaudir notamment Pierre Moscovici pour la motion A (Delanoë-Hollande), Vincent Peillon pour la motion E (Royal), et bien entendu Martine Aubry (motion D).

Magnifique soirée, où chaque orateur a pu en 15 minutes essayer de convaincre les responsables et les militants présents dans la salle. J'ai particulièrement apprécié que Martine Aubry, qui jouait pourtant à domicile, devant une salle largement acquise, ne prenne pas de haut les autres orateurs, et livre une prestation remarquable, unanimement saluée. Un grand moment de politique, dans une actualité économique et sociale dramatique, sur les terres du socialisme.

Mais plus encore que le contenu des interventions, j'ai noté malicieusement quelques silences, qui en disent long. Pierre Moscovici par exemple n'a parlé que de Bertrand Delanoë, sans jamais citer Paris, et le nom de François Hollande n'est venu qu'en creux, comme si c'était en contradiction avec la volonté affichée de changer la direction du PS. Pierre, qui a rejoint tardivement la motion Delanoë-Hollande, après avoir préparé sa propre motion, puis envisagé de suivre ses amis de la "Ligne claire" chez Ségolène Royal, ne semble pas encore très à l'aise dans son nouveau port d'attache. Il a d'ailleurs reconnu oeuvrer dès à présent pour établir des passerelles entre les 2 démarches.

Plus encore, Vincent Peillon a fait un long plaidoyer vibrant pour le réalisme, l'égalité réelle et la démocratie, sans jamais...citer le nom de Ségolène Royal ni la moindre de ses idées contenues dans sa motion. Qui défendait-il vraiment ? Un véritable acte manqué.

Malgré l'intérêt de ces débats, nécessaires pour éclairer les militants, j'ai hâte de sortir de cette période de congrès, pour que le PS retrouve une voix audible, alors que le fiasco du libéralisme lui offre un boulevard pour proposer à l'opinion un modèle alternatif, en France, en Europe et au delà. Le vote à l'Assemblée nationale sur le plan Sarkozy de soutien au système bancaire, qui a abouti la semaine dernière à une abstention peu lisible du groupe PS (certains voulaient voter oui !), a été un nouvel épisode peu glorieux de la vie de notre parti. VLbartoAubryMauroy.jpgPierre Mauroy s'est d'ailleurs mis en colère la semaine dernière au bureau national, en regrettant le temps où les dirigeants du parti décidaient sur les grands sujets d'une ligne politique forte, qui s'imposait ensuite à tous.

Vraiment, il est temps de tourner la page, et je ferai tout pour que les militants prennent conscience de l'importance des enjeux qui se décideront au congrès, pour notre parti, pour la gauche et pour le pays.

Commentaires

slt vincent
je partage tout à fait ta perception de la soirée de Beuvry où chacun des intervenants a su présenter sa motion avec conviction et détermination tout en gardant la convivialité et l'amitié qui doit régner à l'intérieur de notre parti et de notre fédération. Notre seul adversaire est nicolas sarkozy et sa politique de droite socialement injuste et économiquement incohérente.
En ce qui concerne Pierre et les signataires de besoin de gauche qui l'ont accompagné je te rassure nous nous sentons bien dans cette motion où les propositions que nous avons porté en son temps avec Dsk sont largement présentes ( sur l'europe, le socialisme de production, l'égalité réelle, et l'économie de la connaissance...)
Et tout aussi malicieusemnent je te ferai observer que Martine n'as pas non plus cité ni Laurent , ni Arnaud qui malgré tout leur talent ne sont pas des modèles d'esprit d'équipe.
amitiés socialistes
jacques antonio Mellick

Ecrit par : jacques mellick | 22 octobre 2008

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