22 septembre 2008
Dénouer le congrès de Rennes
Le paysage du congrès de Reims se met en place et c'est tant mieux. N'en déplaise aux observateurs qui se complaisent à décrire un PS impuissant, empêtré dans ses querelles intestines, je constate que le débat s'installe sur des bases solides et j'ai la conviction que nous en sortirons la tête haute, en évitant les pièges qui nous étaient tendus.
Premier piège : faire de ce congrès celui de la désignation de notre candidat aux présidentielles. La presse, qui aime toujours les enjeux simple, voulait un match Delanoë / Royal. Celui-ci n'aura pas lieu, car ce n'est pas le moment, et qu'aucun des deux ne parviendra à imposer son leadership. Beaucoup de camarades, parmi leurs partisans, ont d'ailleurs essayé de les décourager de se lancer dans une guerre d'écuries, ne serait-ce que pour préserver leurs chances futures.
Deuxième piège : faire de ce congrès un moment de transition, qui acterait la vacance du pouvoir, après le départ de François Hollande. Je ne crois pas, malgré ses qualités personnelles, que Pierre Moscovici, aurait eu l'autorité pour mettre le PS en ordre de bataille et imposer une ligne unique d'opposition, résolue, face à Sarkozy. Le PS doit être incarné par une voix puissante, face à l'expression du libéralisme le plus primaire et le plus dangereux.
Troisième piège : éviter les questions qui fâchent, pour faire une nouvelle synthèse molle, et prendre le risque de refaire du vieux avec du neuf. Il y a pourtant d'importantes questions à trancher autour de ce congrès, comme nos valeurs, la nature de notre parti et notre ligne politique, plus ou moins ouvertes sur la gauche du PS ou ou centre, avec la stratégie d'alliance qui en découle.
Quatrième piège : faire un congrès nombriliste, en offrant le spectacle de divisions artificielles et de batailles d'appareil, au moment où les français s'inquiètent de la faiblesse de l'opposition syndicale ou politique aux réformes brutales du gouvernement, et à l'absence de réponse à la crise financière majeure qui secoue la planète.
Pour toutes ces raisons, l'annonce de Martine Aubry qu'elle sera la première signataire d'une motion est une bonne nouvelle pour l'ensemble du PS. Elle permet d'éviter le face-à-face annoncé des présidentiables et de sortir du "moi je" devenu le poison du PS ces dernières années. Qui peut douter qu'elle aurait une voix forte et respectée, dans le PS, à gauche et face à Sarkozy ? Elle personnifie, par sa région et son action, la question sociale sur laquelle la gauche est tellement attendue. Surtout, elle incarne la nécessité pour les dirigeants du PS à se parler, à retrouver le plaisir du débat, à renouveler les lignes de clivage devenues parfois artificielles. Le PS a besoin de se reconcilier, comme par exemple sur la question européenne. Avoir réussi à rassembler ceux que l'on avait artificiellement opposés au moment du référendum, c'est déjà un acte fondateur, car nous partageons tous la même vision d'une Europe plus sociale. Quel plaisir de se retrouver et de se parler enfin.
Martine Aubry vient de sonner l'heure des retrouvailles au PS. Elle est parvenue à dénouer l'écheveau issu du congrès fratricide de Rennes en 1990. Elle ouvre la voie d'un vrai changement, avec un ancrage solide à gauche et dans le respect de ce qui fait la force du PS. Il faut que chacun s'en inspire, si l'on veut un congrès utile pour les socialistes, pour la gauche et pour le pays.
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Commentaires
Certes il faut s'insiper du dernier élan de Martine Aubry pour oeuvrer vers un chemin plus "commun" au sein du PS, surtout dans le cadre du congrés de Reims, lieu de construction mais les autres candidats au poste de premier secrétaire s'en tiendront ils à cet objectif ou feront ils de ces rencontres un terrain non arbitré à celui qui proposera les meilleurs arguments? il ne tient qu'à eux, à mon avis, de refaire du PS et des convictions sociales un enjeu unique et surtout commun.
Ecrit par : ARIANE | 22 septembre 2008
pour ma part,
je ne souhaite pas que le parti se mette au garde à vous derriére une personne pour une seule élection: la présidentielle.
notre parti ne doit mépriser aucune élection, il tire sa force de son engagement de l'élection municipale du village aux élections européennes.
Martine Aubry est trop marquée par son alliance avec le Modem, voter pour elle tout de suite , c'est donner un accord implicite à Bayrou.
je souhaite donner sa chance à benoît Hamon, il est d'origine modeste, il sait faire travailler ensemble toutes les générations.
il va nous faire travailler et préparer la primaire sereinement pour nos 2 présidentiables.
Ecrit par : michel ch'ti du 62 | 25 septembre 2008
défenseur acharné de la laicité, je me dois de dire la vérité:
Martine Aubry encourage le communautarisme en réservant des créneaux horaires de piscine aux femmes musulmanes.
cela ne correspond pas du tout à Laurent Fabius .
je ne vous suis plus.
Ecrit par : Hiram | 26 septembre 2008
Cela n'est pas forcément encourager une forme de communautarisme que de réserver des plages horaires aux femmes musulmanes! Il existe bien d'autres raisons!! La demande est peut-être forte et c'est respectueux de sa part d'y répondre favorablement en respectant des coutumes et des volontés de femmes quant à leur intimité. Il existe dans les piscines des plages horaires réservées aux bébés, aux adultes, aux personnes âgées...ça ne fait pas pour autant d'eux des communautés!
Ecrit par : ARIANE | 26 septembre 2008
je trouve martine Aubry peu lisible, elle ne se déclare pas pour le poste de premiére secrétaire.
la synthése se fera autour de la motion arrivée en tête du vote des militants, dixit Hollande ce samedi à Liévin.
il n'y a donc aucun espace pour la motion de Aubry !
Aubry passe trés mal dans les discussions de section.
ne partons pas perdant, il lui reste 6 semaines pour se mettre au clair.
en attente de clarté !!!!!!!
Ecrit par : philippe | 28 septembre 2008
Samedi 27 septembre, chantier du pas de calais:
Serge Janquin, les autres signnataires de la motion martine Aubry présents à la tribune, n'ont pas voulu répondre à la jeune camarade du MJS quand à leurs inquiétudes sur les capacités financiéres des jeunes à poursuivre leurs études.
Coup de froid dans la salle !
Ecrit par : hcr | 28 septembre 2008
Synthèse de la parole des militants :
Chantiers PS du Pas de Calais, Wingles le samedi 27 septembre
Le dépôt d’une motion commune de toute la gauche du parti est un évènement historique. C’est la première fois depuis trente ans que cette branche du socialisme se présente unie aux suffrages des militants.
En plaçant Benoît HAMON,un homme de 41 ans, ancien premier secrétaire du MJS, à la fois moderne par son âge et traditionnel par son parcours, comme premier signataire et candidat au poste de premier secrétaire est un signal de renouvellement qui finit de mettre toutes les chances des socialistes pour définir une alternative crédible et conquérante.
L’hétérogénéité des cultures et des histoires des composantes qui forment cette motion est elle aussi un signe de bonne santé et un gage d’ouverture d’esprit. Un ancien rocardien, Benoit Hamon, voisine avec un ancien fondateur de la ligue communiste révolutionnaire, Gérard Filoche, un ancien jospiniste comme Henri Emmanuelli s’unit à un ancien fabiusien comme Paul Quilès.
Les sondages internes la placent troisième ( 23%) derrière Royal (27%) et Delanoë (35%) ; la seconde place est accessible compte tenu du désaveu croissant envers royal, du sur place de Aubry , de DSK qui ne souhaite pas un trop haut score pour Delanoë.
Ecrit par : communique internemers | 29 septembre 2008
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