10 septembre 2008
touche pas à ma Poste
Parmi les projets les plus néfastes de la rentrée sociale figure celui de privatiser La Poste, après changement de statut et ouverture de son capital en bourse. Je crois qu'il faut se mobiliser fortement pour la défense farouche de l'un des derniers services publics, dont rien, pas même l'ouverture au plan européen à la concurrence, ne justifie la privatisation. La Poste est un établissement rentable, et son développement peut être financé, sans devoir verser des dividendes à des actionnaires privés qui ne manqueront pas de renoncer à toute présence postale non bénéficiaire.
Pour ce qui concerne le Parti socialiste, j'ai plaidé, tant au niveau national que dans la fédération, pour que l'on fasse de ce dossier un symbole. Je crois avoir été écouté, parmi d'autres, et nous allons avec nos élus et nos militants soutenir l'action des salariés et des syndicats, notamment en prévision de la grande journée d'action du 23 septembre.
Une pétition nationale a été élaborée par le PS, avec le Parti communiste (PCF), le mouvement républicain et citoyen (MRC) et le parti radical de gauche (PRG), qu'il faudra largement diffuser, pour montrer la mobilisation et créer les conditions d'un vaste débat public. Si un jour nous pouvons réclamer un réferendum d'initiative populaire sur le sujet, nous le ferons, même si les textes ne le permettent pas encore.
Mais au-delà, j'en appelle à tous les élus, quelles que soient leurs convictions, et à tous les citoyens de bonne volonté, qui pensent qu'il faut stopper la dégradation du service postal, en milieu rural ou dans les quartiers populaires. L'urgence n'est pas de privatiser La Poste, mais d'améliorer les conditions de distribution du courrier et d'accueil des usagers, de garantir le prix unique du timbre, de pérenniser la distribution 6 jours sur 7, et de permettre aux foyers les plus modestes de trouver encore un partenaire bancaire au sein de La Poste.
Non, le service public n'est pas une idée dépassée, un poids insupportable pour la nation, comme voudrait nous le faire croire le pouvoir. C'est une force, une fierté, un atout pour l'avenir. C'est la dernière richesse de ceux qui n'ont rien. C'est ce qui cimente encore notre communauté républicaine. Alors, touche pas à ma Poste !
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