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28 mai 2008
les pêcheurs menés en bateau
La crise structurelle que traverse le monde de la pêche est inquiétante. Les promesses de Nicolas Sarkozy en novembre dernier n’ayant pas été tenues, les pêcheurs ont reconduit leur mouvement. Redémarré en France il y a deux semaines, ce mouvement s’étend à d’autres professions et à d’autres pays européens.
Les défis auxquels sont confrontés les pêcheurs sont nombreux : concurrence des élevages piscicoles et des importations, gestion erratique des quotas de pêche, endettement lié au coût des navires d’occasion et surtout prix du gasoil. Pour les étaplois, on peut ajouter la concurrence des senneurs hollandais, qui disposent de solides relais à Bruxelles.
Les solutions annoncées par le ministre Barnier ne permettront pas de résoudre les problèmes de fond. Le Parti socialiste déplore que le gouvernement ait attendu que la crise prenne de l’ampleur pour agir. Malheureusement, les mesures annoncées ne répondent pas à l’ensemble des problèmes structurels auxquels sont confrontés les marins pêcheurs. Pourtant, un nouvel échec du gouvernement signifierait le risque de voir disparaître une partie de la pêche française. On peut se demander si le pouvoir ne s'appuie pas sur les aides financières importantes accordées aux patrons pêcheurs mettant leur bateau à la casse, pour acheter d'une certaine manière leur silence, en oubliant les matelots et leurs familles. Le gouvernement serait ainsi le fossoyeur de la pêche française et de ceux qui en vivent difficilement.
Lors du dernier bureau national du Parti socialiste, Isabelle Thomas, en charge de ce dossier, a longuement analysé la situation et rappelé les principales propositions avancées lors de la dernières campagne des présidentielles :
- aides incitatives et contractualisées aux marins pêcheurs dans le cadre d’une gestion équilibrée de la ressource et protectrice de l’espace maritime (sorte de « CTE de la mer »). Ces aides permettraient de lisser les revenus des équipages, et de leur permettre d'avoir un minimum garanti par l'Etat, les collectivités locales éventuellement, et les patrons de pêche
- refonte de la politique des quotas au niveau européen fondée sur un dialogue constant avec les pêcheurs et les scientifiques.
- régulation du marché notamment grâce à l’instauration d’un prix plancher tenant compte du prix de revient.
C'est l'épreuve de vérité pour Barnier, et tous ceux qui le soutiennent, comme dans ma circonscription MM. Fasquelle et Darchicourt, aux abonnés absents et de plus en plus contestés par les marins pêcheurs étaplois. Ces derniers, d'habitude en pointe sur les mobilisations, ont l'impression de s'être faits...mener en bateau
17:29 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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