15 mai 2008
contamination à l'UMP
L’Assemblée nationale a rejeté hier le projet de loi relatif aux organismes génétiquement modifiés, lors d'une séance historique présidée par Catherine Genisson, députée du Pas-de-Calais. Cette victoire de la gauche traduit le malaise qui règne au sein de la majorité, mais ne doit en aucun cas être considérée comme définitive : la bataille politique continue. La loi proposée par le gouvernement constituait dès le départ une erreur politique. Allant bien au delà de la seule transposition en droit français de la Directive européenne de 2001 relative à la dissémination volontaire d’OGM dans l’environnement, le texte soumis hier au vote avait en effet pour effet d’entériner le principe d’une agriculture dépendante des OGM.
Ce projet de loi prétendait organiser une coexistence que l’on sait difficile entre cultures conventionnelles et cultures OGM. Ainsi, les demandes renouvelées de l’opposition pour fixer le seuil « avec OGM » à 0,1 % dans l’alimentation avaient toutes été balayées d’un revers de main. Le texte, tel qu’il devait être voté, validait donc le seuil communautaire controversé des 0,9 %.
L’amendement à l’article 1er adopté en deuxième lecture au Sénat, et qui devait être maintenu par les députés de la majorité lors du second vote à l’Assemblée, annulait la portée des dispositions issues du fameux amendement 252, relatif à la protection de l’environnement, de la santé publique des écosystèmes et des filières non OGM.
Le Parti socialiste, très attaché au principe de précaution, rappelle que la grande majorité des consommateurs français et des agriculteurs sont opposés au développement généralisé des OGM en France. Il dénonce la volonté du gouvernement de faire passer en force, par l’intermédiaire d’une commission mixte paritaire, un texte de loi qu’il faut désormais considérer comme mort et enterré.
Au-delà des péripéties de ce texte, où l'on a vu le lobby des semenciers faire ouvertement pression sur le groupe UMP à l'Assemblée et au Sénat, c'est toute la crédibilité du "Grenelle de l'environnement" qui s'effondre. Espérons que cela ouvrira les yeux de ceux qui, à l'instar de Nicolas Hulot, pensaient que l'enjeu du développement durable n'était ni de droite ni de gauche !
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