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07 avril 2008

Lhassa-sur-Mer

1278535205.jpgLe drapeau tibetain flotte sur Berck-sur-Mer, pendant la durée des 22èmes rencontres internationales de cerfs-volants, le plus grand rassemblement de cerfs-volistes de France, qui va accueillir pendant 10 jours près de 500.000 personnes.

Une contribution, certes modeste, pour que l'enjeu des droits de l'homme ne soit pas sacrifié sur l'autel de la diplomatie, à l'occasion des JO de Pékin cet été.

C'est en Chine qu'ont été inventés les cerfs-volants, élevés au rang d'un art. Comment ne pas faire le lien avec l'actualité de la répression au Tibet, alors que le cerf-volant est un symbole de liberté, au gré du vent ?

Je suis de ceux qui se félicitent que les JO aient été attribués à Pékin, car c'est un moyen inespéré de faire pression sur les autorités chinoises pour y renforcer la démocratie et les droits de l'homme. La répression au Tibet n'est qu'une facette d'un régime plus totalitaire que jamais, où la violence d'Etat, naguère utilisée par la folie d'une idéologie, est aujourd'hui au service de l'argent-roi.

En renforcant la pression, en donnant la parole aux citoyens, nous ferons des JO une nouvelle place Tiananmen, avec les caméras du monde entier braquées sur eux.

Les tentatives pathétiques des autorités chinoises pour orienter l'information et faire pression sur les gouvernements occidentaux, afin d'éviter une "politisation" des JO, sont parfaitement vaines. A la fois parce que les valeurs de l'olympisme ne doivent plus s'accomoder du totalitarisme, et parce que les téléspectateurs sont aussi devenus des citoyens.

Les tibétains ont besoin de la démocratie. A la fois pour se libérer d'une occupation étrangère, et pour éviter ensuite une théocratie, fut-elle non violente. Je n'ai jamais compris le grand cas que l'on fait du dalaï lama, qui à ma connaissance n'est pas un démocrate. Le pouvoir ne doit pas basculer des gardes rouges aux moines safrans. Mais on est pas encore là.

Les chinois ont aussi besoin de la démocratie pour se défaire de l'étau du libéralisme sauvage, qui fait la fortune indécente des grands capitaines d'industrie et des politiciens corrompus, sur le dos des plus faibles, sous-payés, déplacés, exploités, et dont plusieurs milliers meurent chaque année dans les mines de charbon.

En ouvrant la Chine à la démocratie, nous oeuvrons pour les travailleurs chinois, mais aussi pour ceux des autres pays, comme par exemple les ouvriers français victimes de délocalisations brutales. Comme rivaliser avec des travailleurs chinois souvent plus proche de l'esclavage que du salariat ?

Je n'envisageais pas une seconde que Sarkozy puisse entendre et soutenir ce message. Mais quelle tristesse de voir Bernard Kouchner, naguère promoteur inlassable du droit d'ingérence humanitaire, se faire l'avocat de la diplomatie bling-bling...

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