31 mars 2008
Handicap et citoyenneté
"C'est la révolte des handicapés, c'est la révolte de millions de personnes pour dire qu'il y en a assez de toucher 628 euros par mois (montant de l'allocation adultes handicapés), qu'avec ça, on ne peut pas vivre", a déclaré Arnaud de Broca, président de la FNATH (accidentés de la vie), une des associations organisatrices de la manifestation des handicapés de samedi. Pour cette manifestation "historique" rebaptisée "Marche sur l'Elysée", le collectif, qui regroupe une centaine d'associations, avait affrété 13 trains, 5 avions et 700 autocars et minibus. Certains manifestants se déplaçaient en fauteuils roulants, d'autres arboraient des cannes blanches, beaucoup avaient revêtu les couleurs du mouvement "Ni pauvre, ni soumis", le jaune et noir, avec des panneaux portant les slogans: "628 euros par mois, pouvoir d'achat, pouvoir de rien!", ou encore "Handicap, maladie = pauvreté".
Parmi eux, de nombreux berckois avaient fait le déplacement, grâce au bus organisé par l’association des paralysés de France et la dynamique Marie-Jeanne Pruvost, avec Franck Meresse, le copain kiné aveugle qui vient d’être élu avec nous au conseil municipal. Jean-Marie Krajewski, le nouveau maire PS de Berck, avait d’ailleurs tenu à participer à cet évènement historique, et moi aussi, avec plusieurs autres élus.
Il était temps de montrer la capacité du monde du handicap à s’organiser pour peser sur les grands choix de société, y compris à travers le rapport de force. Face à la souffrance et aux difficultés de vie, trop de personnes concernées ou de familles ont tendance à se replier. A l’inverse, le pouvoir (et particulièrement ce pouvoir) traite les handicapés comme s’ils relevaient de la charité publique, alors qu’ils ne demandent que le respect de leurs droits et une plus grande intégration dans la vie économique ou citoyenne.
J’en profite d’ailleurs pour évoquer le cas d’ Emmanuel le D., prof mal-voyante d’économie sociale et familiale, qui vient d’être licenciée de l’Education nationale, parce que son handicap nécessitait quelques adaptations que l’institution n’a pas voulu et su faire. C’est révoltant de voir l’écart entre les grands discours intégrateurs et la réalité cruelle des pratiques discriminatoires. On va se battre pour elle, parce que son combat est symbolique.
A travers le combat des handicapés, c’est la capacité de notre société à favoriser le vivre ensemble qui est en jeu. C'est aussi un certain modèle de solidarité, à l'opposé de la charité, qu'il nous faut défendre.Aux valides de prendre le relais ! Merci de nous montrer le chemin.
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