06 mars 2008
Qui sème le vent récolte la tempête
Le 1er tour des élections municipales et cantonales approche
Je me méfie des sondages, qui annoncent une défaite sévère pour l'UMP. Ils sont largement destinés à remobiliser l'electorat de droite. Il ne faut pas crier victoire avant l'heure, et si celle-ci semble en effet probable, son ampleur dépendra de la mobilisation de l'électorat de gauche
Pourtant, au fil des marchés, du porte-à-porte, et des réunions publiques, c'est vrai que je me laisse gagner par l'optimisme. Pour trois raisons en particulier :
- le soin que l'ensemble des candidats de droite mettent à gommer leur étiquette politique en dit long sur leur crainte de subir le mécontentement de l'électorat vis-à-vis du pouvoir. Ces efforts pathétiques pour s'offrir une nouvelle virginité politique ne trompent personne : ceux qui soutenaient avec enthousiasme Sarkozy il y a encore quelques semaines sont tenus comptables du grand tour de passe-passe sur le pouvoir d'achat, et seront rendus complices du plan de rigueur qui se prépare dans le secret après les municipales ;
- la colère est là, profonde. C'est plus que de la déception, c'est le sentiment d'avoir été trompé. Quand la vie devient de plus en plus difficile, et que l'on vous dit d'attendre patiemment votre tour, devant le spectacle des favorisés qui se servent à pleines mains, il y a de quoi. Montée de la précarité, bidonnage des chiffres du chômage, petites retraites, franchises médicales, inflation, c'est le sort du plus grand nombre et la situation va encore s'aggraver, avec une croissance prévue en 2008 de 1,4%. Cette colère est silencieuse, déterminée, et beaucoup ont décidé de sortir le carton jaune pour le "président du pouvoir d'achat".
- l'agressivité de la droite est à la hauteur de ce qui se prépare. Dans plusieurs communes, comme dans ma ville de Berck-sur-Mer
, on me signale des tracts injurieux, diffamatoires, lâches, parfois anonymes, attaquant les hommes, on voit des affiches arrachées, salies, jetées à terre, on entend des violences verbales, des insultes, à l'image du fameux "casse toi, pauvre con" de celui qui a été élu président. Ces attaques indignes ne font que renforcer les élus et candidats de la gauche, qui bénéficient souvent d'une image positive auprès de la population, compte tenu de leur engagement et de leur bilan, car pour eux la solidarité n'est pas un vain mot.
Alors oui, j'en viens à croire que si les citoyens se mobilisent, la victoire de la gauche les 9 et 16 mars aura une vraie portée politique, susceptible de freiner les projets les plus néfastes du gouvernement, de redonner de l'air à ceux qui n'en peuvent plus, et de permettre à des élus de gauche de faire de leurs villes, de leurs départements, des territoires de résistance et d'innovation sociale.
Le premier rendez-vous du pouvoir avec le peuple sera orageux. Et salutaire.
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