13 décembre 2007
Les oubliés des campus
Qui se soucie encore du blocage persistant de nombreuses facultés et lycées ? Le caractère moutonnier de l'information n'explique pas tout. Pas un mot sur les raisons de ce malaise étudiant et sur les risques évidents de privatisation liés à l'autonomie des universités, version libérale. Est-ce un hasard si les fac de Lille et d'Arras sont en pointe, comme d'autres universités de villes moyennes et de sciences humaines, qui savent que jamais Coca-Cola ou Areva ne viendront y dépenser leur argent. Comment s'étonner que les étudiants ne fassent aucun confiance au gouvernement pour que l'Etat joue son rôle de péréquation et de garantie du caractère national des diplômes ?
Décidemment, les étudiants ont raison et leur combat mérite d'être relayé par la gauche, tant qu'ils n'ont pas obtenu des verrous crédibles à la dislocation du système universitaire. le plan du gouvernement pour lutter contre l'échec en 1ère année n'est qu'un paravent pour renforcer la sélection à l'entrée, et les moyens ne sont pas à la hauteur de l'enjeu. Une réforme de ce type se prépare dans la transparence, et l'on sais trop les arrières-pensées de ce gouvernement sur le sujet. Il suffit de se reporter au programme de l'UMP, pour comprendre que la droite poursuit un plan tout à fait clair de privatisation et de sélection par le haut.
Ca me fait penser que les médias ont également été dramatiquement absents pour dénoncer les violences policières qui ont émaillé l'occupation des campus. C'est le cas par exemple de Pierre, de Nantes, qui risque de perdre un oeil à cause d'un tir de flash ball le 27 novembre. Les consignes de fermeté données aux forces de l'ordre disent mieux que tout l'importance de ce projet idéologique, qui a été le premier engagé par le gouvernement, et les pressions qui s'exercent sur les médias pour ne plus relayer ce qui se passe sur le terrain.
Alors bien-sûr qu'il faut faire évoluer le système universitaire, pour qu'il réponde mieux aux aspirations de chacun,et l'autonomie n'est pas un gros mot, si l'Etat donne des moyens suffisants pour garantir à tous les mêmes conditions d'étude et la même reconnaissance. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, ce n'est pas le projet du gouvernement, donc je comprends la vigilance de beaucoup de lycéens et d'étudiants.
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