10 octobre 2007
degueulasse ?
Fadela Amara avait trop la pression. Fille d'immigrés algériens, elle ne pouvait pas rester plus longtemps silencieuse sur ce qui apparaît comme l'une des mesures les plus indignes jamais proposées dans ce domaine par la droite, qui a pourtant toujours eu tendance à criminaliser l'immigration pour jouer sur les peurs françaises.
Ainsi, donc, elle l'a dit sur France Inter, elle trouve "dégueulasse" l'instrumentalisation de l'immigration par le gouvernement et le parlement, avec l'aval du Président (qui pourrait croire que Brice Hortefeux, proche d'entre les proches de Sarkozy, n'aurait pas reçu le feu vert ?).
Mais qu'attendait elle donc de la création révoltante d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale ? Croyait elle que la lepénisation de la droite n'était qu'une attitude de campagne pour faire un hold up électoral ? Pensait elle que Nicolas Sarkozy président allait être différent de Sarkozy ministre de l'intérieur ? Tout cela était écrit d'avance.
Fadela Amara revendique sa liberté de parole, et elle le prouve aujourd'hui. Mais pourquoi rester plus longtemps complice d'un gouvernement et d'une majorité qui ne partagent pas ses idées, et qui au fond la méprisent. Si l'amendement ADN n'est pas retiré, je ne vois pas ce qu'elle ferait encore au gouvernement, après une telle prise de position positive. Ce serait vraiment d...
De toutes façons, elle n'aura pas de moyens pour son "plan banlieue", dont elle repousse sans cesse la présentation (c'est prévu en janvier maintenant). Osera-t-elle faire des annonces sans contenu à la veille des municipales, alors même que ce gouvernement refuse d'accorder le droit de vote local aux immigrés, contrairement à ce que la gauche a toujours souhaité ? Je crois qu'elle comprendra d'ici là le rôle qu'on a voulu lui faire jouer, et qu'elle sortira la tête haute du piège de l'ouverture.
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