25 septembre 2007
L'impasse ?
On parle beaucoup ces derniers jours du livre de Lionel Jospin, présenté par toute la presse comme un "réquisitoire anti-Royal" où il régle ses comptes.
Comme je n'aime pas que l'on lise les livres pour moi, et que je respecte Lionel Jospin, qui a été un vrai patron au PS et un grand Premier ministre, alors je l'ai acheté, et là, surprise.
Bien sûr, il a des mots peu amènes pour notre ex-candidate, et je suis toujours gêné par les attaques qui visent les nôtres, mais il est resté silencieux pendant la campagne pour ne pas la gêner, et c'est tout à son honneur. Je n'y reviens pas.
Par contre, son livre contient beaucoup d'analyses utiles pour la reconstruction du PS et de la gauche, qui méritent qu'on s'y attarde. Lionel dit par exemple que ce fut une erreur de ne pas valoriser davantage au cours de la campagne le bilan de son gouvernement, de 1997 à 2002. Je crois qu'il a raison. Non pas tant pour son amour-propre blessé, mais parce que cela aurait permis de comparer le bilan de la gauche à celui de la droite, de 2002 à 2007, et d'attaquer Sarkozy sur son bilan gouvernemental, lui qui fut ministre d'Etat et président de l'UMP au cours de cette période. Nous aurions ainsi évité cette mystification incroyable qui a permis à Sarkozy de se faire passer pour le chantre de la rupture, alors qu'il était comptable d'un gouvernement impopulaire.
Autre réflexion intéressante, sur le devenir de la gauche. Prenant acte du délitement de la gauche plurielle, première cause selon lui de la déflagration du 21 avril 2002, il encourage les socialistes à bâtir un grand parti de la gauche en placant notamment l'extrême gauche devant ses responsabilités, pour ne plus qu'elle fasse le jeu de la droite.
Au total, je trouve que le livre de Lionel Jospin est une contribution utile au débat, qui mérite qu'on s'y attarde. Il encourage les socialistes à travailler sur le fond, plus qu'il ne l'ont fait avec François Hollande (qui en prend aussi pour son grade pour ne pas avoir réussi à s'imposer comme le candidat naturel, au bout de 10 ans). Au travail, donc, camarades !
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