13 décembre 2009
Sarkopenhague
Je suis très inquiet de voir l'opinion exprimer dans les sondages une forme de ral-le-bol vis-à-vis de la "Grand messe" de Copenhague, qui résonne pour certains comme un grand show, loin de leurs préoccupations quotidiennes et de leurs inquiétudes sur la crise
Alors que l'avenir de la planète se joue, et qu'il devient urgent d'impulser un nouveau mode de développement plus respectueux pour l'homme que le capitalisme anthropophage, il nous faut à nouveau assister au spectacle pénible des gesticulations de 4S, Super-Sarko Sauveur des Siens. On a déjà vu tant de fois le film que l'on est évidemment tenté d'éteindre la télé.
Sarkozy a en effet une grande responsabilité dans cette méfiance désormais générale en France vis-à-vis des politiques au plan national. Lui qui voulait réhabiliter la volonté en politique ne restera dans les livres d'histoire que comme un vulgaire animateur de télé, dont l'émission interminable a fini par faire zaper le spectateur.
Plus personne n'est dupe des rodomontades du président, hier sur le Grenelle de l'environnement, qui a débouché sur un nouvel impôt ménage, la taxe carbone, dont les transporteurs routiers viennent de s'exonérer à l'avance, aujourd'hui sur le sommet de Copenhague, où l'Europe est incapable de trouver quelques milliards pour aider les pays pauvres à lutter contre le pillage de leurs ressources, demain sur les bonus des traders, quand on refuse de taxer les super-profits des banques ou de lever le bouclier fiscal
Le spectacle risque d'être celui de dirigeants vieillissants, qui sous la pression des lobbies industriels préfèrent reporter les engagements sur les générations futures (2020, 2030 ?), quand aucun d'entre eux ne sera plus là pour rendre des comptes.
La perte de crédit de la parole politique se mesure tous les jours, comme le buzz créé autour du fameux clip de l'UMP sur "la France qui change", où les images utilisées provenaient d'une banque d'image américaine. Plus triste encore, le spectacle de ces ministres qui se dandinent en chantant "changer le monde", avec la jeunesse dorée de l'UMP, dans une sorte de karaoké grotesque, indécent en cette période de crise.
Pourtant, je n'ai jamais cru au risque de berlusconisation des esprits. Pas en France, où en chaque râleur sommeille un révolutionnaire. C'est ainsi par exemple qu'a été éventée récemment la manoeuvre sur l'identité nationale, qui devient un supplice chinois pour le gouvernement, trois mois avant les élections régionales. Il n'y a qu'en France que la suppression de l'histoire en terminale scientifique pourrait mettre des gens dans la rue, car l'école n'est pas seulement là pour former des fourmis de la mondialisation, mais aussi des citoyens pensants.
Copenhague sera un succès, moins par la force des engagements gouvernementaux que par l'émergence d'une opinion mondiale capable de faire pression et d'imposer par la base un autre modèle de développement. Une nouvelle résistance s'engage, source de renouveau idéologique pour une gauche qui a la responsabilité historique de porter de nouvelles conquêtes sociales. Pour vraiment "changer le monde"...
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30 novembre 2009
apprentis sorciers
Les élections régionales approchent, et c'est pour le pouvoir un enjeu majeur. Une victoire de la gauche empecherait Sarkozy de finir son mandat avec les dernières réformes qu'il prévoit pour casser définitivement le modèle social français qu'il abhorre.
Comme à chaque élection, invariablement, la droite met en avant le thème de la sécurité, parce que le réflexe de peur suscite un vote conservateur. Ce fut le cas aux dernières élections européennes, où la peur de la crise a fait voter les peuples en faveur de la droite, quand bien même c'était elle qui avait dérégulé le système financier. C'est aussi l'occasion de prendre des voix au Front national, comme ce fut le cas en 2007.
Le problème, c'est que les chiffres de la sécurité ne sont pas brillants, et que les violences aux personnes n'ont jamais été aussi importantes, malgré tant de lois et de gesticulations, depuis la nomination de Sarkozy comme ministre de l'intérieur en 2002. En plus, le titulaire du poste, Brice Hortefeu, cumule les boulettes et ne rassure pas. Même sa proposition d'instaurer un couvre feu pour les moins de 13 ans n'a pas produit l'effet habituel, tellement la ficelle parait grosse.
Quand la sécurité ne marche pas, il reste alors l'immigration, heureusement. Le pouvoir a donc lancé un autre leurre, sous l'impulsion de l'ineffable Besson, décidemment prêt à toutes les bassesses, avec le débat sur l'identité nationale, sensé faire peur aux français. Le débat a bien eu lieu, mais s'est retourné contre leurs auteurs, puisque la manoeuvre a été dénoncée, et que certains esprits chagrins ont fait valoir que le modèle social était au coeur de l'identité nationale, et que donc le pouvoir de Sarkozy, en voulant l'affaiblir, était le fossoyeur de l'identité nationale. Encore raté !
Si la sécurité et l'immigration ne marchent pas, il faut alors sortir la dernière carte, l'islamisme. Heureusement qu'il reste la burqa, soigneusement tenue au frais dans la réserve du patron. Je vous parie à 10 contre 1 que l'interdiction de la burqa va ressortir opportunément quelques semaines avant les régionales, pour montrer aux électeurs du Front national que Sarkozy est plus fort que Le Pen. Et tant pis si l'on montre les musulmans du doigt, en les rejetant dans un Moyen âge imaginaire, en les désignant comme les boucs émissaires de notre monde trop complexe. La laïcité, notre trésor national, va une nouvelle fois subir les assauts d'une droite peu scrupuleuse qui préfère l'affrontement entre individus et communautés que conforter l'espace public et la cohésion nationale.
Et si la burqa ne suffisait pas ? Alors je ne vois plus qu'un referendum sur les minarets, comme celui qui vient d'aboutir en Suisse, et qui a suffisamment affolé les campagnes avec la perspective de muezzins troublant la quiétude des vaches. Le Front national serait ainsi débordé, et tant pis si ses idées nauséabondes se remettent à progresser.
Pauvre France. Tu ne mérite pas de tels apprentis sorciers...
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17 novembre 2009
mobilisation générale
J'ai assisté hier à l'assemblée générale de l'association des départements de France, avec la forte délégation emmenée par Dominique Dupilet, le président du conseil général du Pas-de-Calais. Plus de 2000 conseillers généraux, venus de toute la France, ont tenu à manifester leur hostilité, parfois bruyamment, aux projets de réforme territoriale du gouvernement. Pourquoi une telle bronca, de la part d'élus responsables, venus de tous les horizons politiques, et peu habitués aux coups d'éclats ?
Laurent Fabius, chargé par Martine Aubry de la riposte, qui était l'invité à Lens de la fédération départementale des élus socialistes du 62, nous en a donné quelques clés.
Couper les vivres aux collectivités locales en supprimant la fiscalité sur les entreprises, éloigner les élus de la population avec les futurs conseillers territoriaux cumulards, empêcher région et département d'intervenir au-delà de leurs compétences obligatoires, tout cela est déjà gravissime. Aucune économie à en attendre, et ce seront les français qui paieront l'addition, puisqu'il faudra bien qu'ils payent le nouveau cadeau fait au MEDEF. La part des ménages dans la fiscalité locale passera de 50 à 70%. C'est d'autant plus grave que ce sont les collectivités locales qui financent l'essentiel des investissements dans notre pays, en temps de crise, et qu'elles gèrent généralement bien leur budget, obligatoirement en équilibre, contrairement à l'Etat, qui fabrique sous Sarkozy des déficits abyssaux. De nombreux maires, notamment dans les petites villes et les villages, de gauche comme de droite, sentent le danger. Si la région et le département ne peuvent plus aider leurs projets ou leurs associations, alors que les moyens des communes vont fondre, ils n'ont plus qu'à mettre la clé sous la porte. Le dévouement a ses limites.
Faire les poches des collectivités locales et des ménages pour payer sa politique dispendieuse, c'est déjà scandaleux. Mais pour l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, peu concerné par la vie du pays profond et qui ne viendra même pas au congrès des maires, l'essentiel n'est pas là. Charcutage des circonscriptions législatives, redécoupage des cantons, nouveau mode de scrutin inique pour les futurs conseillers territoriaux (scrutin uninominal majoritaire à 1 tour pour la plupart des cantons). Le projet est bel et bien de punir les électeurs de gauche, en leur imposant des élus UMP à tous les étages. Vous trouvez que j'exagère ? Rendez vous compte : si le mode de scrutin proposé par Sarkozy était déjà en place, 25% des cantonales partielles gagnées par la gauche depuis 1 an au 2ème tour verraient leur résultat inversé, puisque le candidat UMP arrive souvent en tête au 1er tour. La droite pourrait être minoritaire chez les électeurs mais gagner quand même les élections ! Le rêve de Sarkozy.
C'est tellement gros que çà peut passer, d'autant que la réforme est découpée en tranches. Je ne fais pas confiance au Sénat, qui atténuera peut être juste un peu la charge, encore moins à une Assemblée nationale caporalisée. Il faut donc se mobiliser puissamment, et faire comprendre que derrière le procès des élus de proximité, ce sont les citoyens qui sont visés : leur portefeuille, leurs services publics locaux, leurs associations, mais aussi leur carte d'électeur.
11:06 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09 novembre 2009
Au pied du mur
20 ans après la chute du mur de Berlin, nous avons le recul nécessaire pour porter un jugement sur ce qui fut le tournant historique du XXème siècle, repoussant au-delà des frontières de l'Europe la barbarie et le totalitarisme.
Je me souviens, peu après la chute du mur, avoir parcouru l'Europe de la frontière polonaise au Finistère, pour ramener une Trabant au siège du groupe Doux, où j'étais en stage, cadeau des ouvriers d'un abattoir est-allemand qui venait d'être racheté par l'entreprise française. Tant d'espoirs de prospérité, tant de rêves de liberté, tant de fraternité retrouvée.
Aujourd'hui, l'ancienne RDA a été absorbée brutalement, "achetée" à coups de deutschmarks ou plutôt "vendue" aux valeurs du libéralisme et de la consommation, comme tant d'autres anciennes républiques communistes, qui ont basculé dans le modèle ultra-capitaliste. Comment s'étonner aujourd'hui de l'inquiétude que l'on perçoit de ces peuples, qui se retournent contre l'idée européenne et les valeurs démocratiques, à l'heure où le modèle ultra-libéral vacille. La social-démocratie européenne a raté quelque chose, par la faute des apprentis libéraux de tous poils, en Allemagne, en Grande-Bretagne et en France.
Comment compter sur Nicolas Sarkozy et Angela Merkel pour reformer l'amitié franco-allemande, telle qu'elle pouvait servir de moteur à l'ambition européenne du temps de François Mitterrand ? Comment d'ailleurs demander aux fossoyeurs du modèle social européen d'être les artisans d'une Europe de la solidarité ? Il ne suffira pas de nommer un ministre franco-allemand dans deux gouvernements de droite, pour refonder une ambition sociale pour l'Europe. Pas plus que de nommer un président fantoche, pour servir d'alibi à une Europe sans cap, qui met les peuples en concurrence.
En pensant au mur de Berlin, je n'oublie pas non plus d'autres images, comme la chute des tours jumelles à New York, ou la construction d'un autre mur de la honte, entre Israël et la Palestine. Il reste des murs à abattre, et des passerelles à construire entre les peuples, pour que le XXIème siècle finisse mieux qu'il n'a commencé. Quel tristesse de n'avoir d'espoir qu'en Obama, quand l'Europe et la France avaient tant à dire !
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18 octobre 2009
prince Jean
C'est le tournant du quiquennat. Et sans doute l'un des symboles qui restera de son fiasco
L'illusion Sarkozy n'aura finalement duré que 6 mois, et sa cote de popularité a perdu plus de 30 points depuis août 2007, pour atteindre 38% deux ans après. La présidence de l'union européenne puis les gesticulations internationales pendant la crise lui avaient accordé un sursis, mais aujourd'hui le roi est nu.
Les deux tiers des français ne supportent plus ses rodomontades et sa gestion brouillonne de l'actualité sociale, qui inquiètent plus qu'elles ne rassurent. Sa dialectique de gauche et ses débauchages ministériels ne masquent plus la brutalité de sa politique ultra-libérale. Jusqu'à la grippe A qui refuse de prendre le pas sur les suicides à France Telecom et les déficits vertigineux du budget de l'Etat. Que s'est-il donc passé ?
La votation citoyenne pour refuser la privatisation de La Poste avait été un signe avant-coureur du climat de résistance qui s'installe dans le pays. Mais il en fallait plus pour calmer la morgue du locataire de l'Elysée, balayant d'un revers de manche la grogne des élus UMP sur la taxe carbone, la taxe professionnelle et surtout la réforme des collectivités locales.
Il a fallu cette folle obstination sur la nomination de son fils à la tête l'EPAD, l'établissement qui gère la manne de la Défense, le plus grand centre d'affaires européen. Un épisode secondaire, somme toute, dans l'histoire de la gestion clanique du département des Hauts-de-Seine, le coffre-fort du RPR puis de l'UMP en passant par le RPF de Pasqua. Secondaire, mais tellement parlant.
Car la maison Sarkozy est en train de chuter non pas à cause d'un dossier mal géré ou d'une injustice de plus, mais sur la question des valeurs. Tout à coup, chacun a pu réaliser le sens profond de la soirée du Fouquet's, au cours de laquelle Sarkozy avait remercié la poignée d'amis patrons - dont la moitié habite Neuilly-sur-Seine et travaille à la Défense - qui l'avait porté au pouvoir. L'exercice solitaire du pouvoir, cette impudeur nouvelle dans les attitudes publiques ou privées, ces discours truffés de "moi je", tout cela a pu séduire un pays qui croit à la force du politique et n'aime rien tant que fabriquer les destins.
L'affaire du prince Jean a ramené la saga Sarkozy à une vulgaire berlusconnerie.
Il n'y a pas que l'image de la France à l'étranger qui souffre de cet épisode lamentable, avec les journaux du monde entier qui font des gorges chaudes sur le "monarque républicain". L'électorat de droite est troublé de découvrir que les valeurs du travail et du mérite mises en avant dans les discours de campagne n'étaient que le cache-sexe du piston et de l'affairisme. Mais ce qui inquiète désormais le plus grand nombre, c'est de découvrir l'utilisation très personnelle qu'un homme fait d'un pouvoir qu'il a méticuleusement concentré entre ses mains. S'il a pu faire nommer son fils à la tête du carrefour européen des affaires, combien d'amis a-t-il déjà placés dans les médias, dans la justice, dans l'administration, dans les entreprises, pour surveiller et faire prospérer les intérêts de son clan ? Combien de loi ou de textes a-t-il fait voter ou décidé, pour satisfaire les intérêts particuliers et s'affidier les puissants ?
Il était temps de dévoiler l'imposture. Finalement, le président du pouvoir d'achat restera comme celui du bouclier fiscal pour les plus riches. Blum parlait des "200 familles", Mitterrand du "mur de l'argent". Demain, on parlera des "conjurés du Fouquet's", démasqués un certain octobre 2009.
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11 octobre 2009
ballets roses
Le canard enchainé a révélé les dessous des journées parlementaires de l'UMP, où un spectacle de strip tease avait été organisé jeudi 24 septembre à l'hotel Mercure du Touquet. La petite gâterie a tourné court, devant les craintes que l'affaire ne s'ébruite, mais la folle soirée a duré jusqu'à 5 heures du matin.
Cette affaire, plus pitoyable que scandaleuse, a pourtant profondément choqué les citoyens d'une région qui se serre la ceinture en période de crise et qui subit de plein fouet les conséquences du libéralisme de la droite au pouvoir. Voir le gouvernement et la majorité UMP s'amuser dans les hotels 4 étoiles du Touquet Paris-Plage avait quelque chose d'indécent, qui a fait réagir vivement les élus PS dans une lettre ouverte sur la "droite Touquet's".
Le strip tease du Touquet n'est pas sans rappeler la fameuse affaire des ballets roses, qui avait mis en cause en 1959 le président de l'Assemblée Nationale (déjà). La comparaison s'arrête là, mais cette affaire de moeurs avait aussi choqué à l'époque parce qu'elle intervenait dans un contexte de crise, politique et économique.
Alors que Frédéric Mitterrand s'est défendu d'avoir fait l'apologie du tourisme sexuel et la pédophilie dans son livre "la mauvaise vie", après sa réaction maladroite à l'arrestation du réalisateur Roman Polanski, le trouble est perceptible à l'UMP. D'autant que l'affaire du violeur récidiviste et la recrudescence des violences aux personnes fait ressortir les limites de la politique repressive affichée par Sarkozy depuis 2002.
Nicolas Sarkozy avait donné le ton d'une droite décomplexée, lors de la fameuse soirée du Fouquet's en 2007. La réussite et l'argent remplaçaient le mérite et travail dans l'ordre des valeurs. On avait alors parlé de la droite "bling bling", en voie de berlusconisation. La crise et les parachutes dorés des patrons ont conduit notre président à cacher sa Roleix et à afficher une volonté de "moralisation du capitalisme", dont on voit les brillants résultats, à l'heure où les banques aidées par l'Etat servent de généreux bonus à leurs dirigeants.
Retour à l'ordre moral ? La tentation est toujours grande pour la droite en période de crise. Mais en l'absence d'exemple au plus haut niveau de l'Etat, il ne faut pas y compter. Retour aux valeurs de solidarité ? C'est un gros mot pour le gouvernement du bouclier fiscal et de la suppression de la taxe professionnelle. Tout au plus peut-on souhaiter un peu de décence...
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05 octobre 2009
résistance
750 votes à Berck-sur-Mer, plus de 1.100 dans le canton de Campagne-les-Hesdin, comme partout en France, là où le collectif contre la privatisation de la Poste s'est mobilisé, les citoyens ont répondu présent. Au total, plus de 2 millions de votes, alors que la "votation" n'a pas pu être organisée partout, sous la pression du gouvernement ou parce que beaucoup d'élus de droite ont freiné.
Je ne suis pas étonné par cette mobilisation.
Il y a un an, Dominique Dupilet, le président du conseil général du Pas-de-Calais, avait pris l’initiative de la mobilisation de défense de La Poste dans le département. Par le biais d’une pétition qu'il avait demandé aux maires de relayer dans leur commune, plus de 10 000 signatures d'élus ou de citoyens avait déjà été recueillies. Au-delà de l'attachement à La Poste, qui symbolise l'un des derniers services publics présents partout sur le territoire, avec l'Education nationale, le succès incontestable de cette mobilisation témoigne de la force de résistance du pays, face à l'entreprise de démolition de la droite libérale.
Cette forme de mobilisation est intéressante, dans la mesure où elle s'est inscrite dans un collectif (PS et partis de gauche, syndicats, associations...) et qu'elle a permis l'implication directe des citoyens. J'avais déjà expérimenté cette démarche, dans le cadre associatif, avec la "loi d'initiative populaire Vincent Humbert", qui avait recueilli près de 450.000 signatures. Demain, le réferendum d'initiative populaire, dont le pouvoir freine la mise en place, permettra de développer ce type de pratique.
Alors que les militants socialistes ont massivement approuvé la volonté de Martine Aubry de reprendre la tête du combat pour la rénovation de la vie démocratique, cette expérience nouvelle, à la réussite de laquelle ils ont puissamment contribué, doit nous donner des idées de formes nouvelles de mobilisation, notamemnt auprès des citoyens les plus jeunes.
Par contre, je suis choqué de la réaction du gouvernement, qui semble ne pas vouloir bouger d'un pouce. Christian Estrosi, le ministre de l'Industrie, nous provoque même dans Le Parisien-Aujourd'hui en France en paradant : "je me sens conforté dans mes projets par l'attachement manifesté par les Français à La Poste" !. C'est se moquer du monde, alors qu'il est parvenu à faire interdire le vote quand il a pu, notamment à Nice, la ville (5ème de France), dont il est aussi le maire (bonjour le cumul...). Ce déni de réalité, tout comme le mépris affiché à l'égard de cette démarche, risque de souder encore plus le sentiment de résistance que l'on sent dans le pays, et qui dépasse largement l'attachement à La Poste...
A bon entendeur salut !
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23 septembre 2009
La droite Touquet's après la droite Fouquet's ?
Mesdames et messieurs les parlementaires de l'UMP et ministres du Gouvernement,
La région Nord-Pas-de-Calais, forte de sa tradition d'accueil, vous souhaite la bienvenue au Touquet-Paris-Plage pour les journées parlementaires de l'UMP. Les Parlementaires et élus socialistes espèrent néanmoins que cette visite ne sera pas que touristique, pour profiter des beautés de la Côte d'Opale et du confort des grands hôtels de la station des 4 saisons.
Nous interpellons depuis longtemps le gouvernement sur les conséquences dramatiques pour la population du Nord-Pas-de-Calais des réformes libérales menées depuis 2002 en France et en Europe par la droite, encore aggravées en temps de crise financière mondiale. Aussi, si vous ne voulez pas que l'on parle en 2009 de la DROITE TOUQUET'S comme l'on a parlé de la DROITE FOUQUET'S, nous vous invitons à franchir le pont rose qui relie le Touquet-Paris-Plage à Etaples et au reste du département du Pas-de-Calais, pour venir constater par vous-même dans la région les dégâts d'une politique criminelle pour l'emploi et la solidarité :
- à Etaples (5 km) et Boulogne (39 km), les marins pêcheurs ont été abandonnés depuis les promesses de Nicolas Sarkozy sur la fin des quotas ;
- à Berck (15 km), les salariés des hôpitaux s'inquiètent des conséquences de la loi Bachelot, des franchises médicales et des nouvelles taxes prévues sur les malades ;
- à Maresquel (38 km), à Calais (71 km), Dunkerque (114 km), à Bruay (88 km), Béthune (99 km), à Lens (112 km), Liévin (115 km), à Hénin (121 km), Douai (165 km), Roubaix (188 km), Valenciennes (229 km) ou Maubeuge (250 km), les ouvriers ont perdu leur emploi ou craignent leur tour dans les plans de licenciement et ne bouclent plus leurs fins de mois ;
- à Arras (100 km) ou Lille (177 km), dans le département et la région, les parents déplorent les classes qui ferment et les suppressions de postes dans les établissements scolaires et universitaires ;
- les populations, notamment en zone rurale, voient disparaître les services publics et craignent la privatisation de La Poste, tandis que la future taxe carbone va pénaliser les plus faibles. Les producteurs laitiers desespèrent.
Les élus socialistes de toute une région, à qui la population fait confiance pour les protéger des excès du libéralisme, vous demandent le respect. Plutôt que de les jeter en pâture à l'opinion, ou de redécouper leurs circonscriptions, ils vous demandent d'agir pour une nouvelle croissance verte équitable, et d'abandonner le bouclier fiscal des plus riches en faveur d'un bouclier social pour les moins favorisés.
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02 septembre 2009
La patronne offre un vert !
Jusqu'il y a encore quelques jours, la presse parlait d'un PS moribond, débordé à sa droite et sur sa gauche, ridiculisé par Europe écologie, sans cap ni boussole. Le socialisme tombait aux oubliettes de l'histoire, et Martine Aubry était condamnée à faire du Georges Marchais.
Et puis, vendredi, changement radical de ton dans tous les éditoriaux. Les socialistes sont soudain rassemblés, imaginatifs, offensifs. Ils font assaut de propositions, rivalisent d'idées pour combattre les injustices, surenchérissent sur les enjeux environnementaux. Le pouvoir en est resté muet de surprise
Sur place, c'était un plaisir de voir les journalistes, frustrés de petites phrases, passer la tête dans les ateliers. Manuel Valls, qui avait promis un "festival off" n'a fait qu'un petit tour vendredi soir, sans doute déçu que le PS bougeait encore... Les autres tournaient en rond dans le village devant l'Encan à la recherche de micros. Les terrasses n'offraient pas leur habituel ballet d'éléphants en goguette, et les ateliers de travail étaient bondés. Les T-shirts MJS siglés "je suis candidat...à la rénovation du parti" s'arrachaient. Cela faisait longtemps que je n'avais pas participé à La Rochelle dans un tel climat, sympathique et studieux.
Alors, s'agit-il d'une simple accalmie ? je ne crois pas. Il y aura d'autres épisodes dans la vie tumultueuse d'une formation qui paye le prix de la transparence démocratique. Mais nous avons clairement assisté à un tournant.
Le PS a maintenant une patronne incontestée. En rappelant à tous la discipline collective nécessaire (Valls et Freche en font les frais), en étant garante devant les militants et les sympathisants du processus de rénovation (de C comme cumul à P comme primaire...). Ce faisant, elle redonne au PS l'initiative en matière de modernisation de la vie démocratique. Sa sobriété médiatique, auparavant critiquée, est devenue le signe de sa crédibilité de chef de l'opposition, qui ne se laisse pas ballotter par les gesticulations du pouvoir.
Plus encore, elle a donné le signal de la mise en chantier du projet du PS, par exemple en intégrant au coeur la question du développement durable, souvent traité par le PS (et par les Verts) comme un enjeu thématique, un supplément d'âme (protéger la biodiversité, lutter contre le réchauffement climatique), alors qu'il s'agit du défi central que doit relever notre société. La remarquable tribune publiée par Martine Aubry dans Le Monde, ainsi que son discours d'ouverture, formidablement accueillis, montrent que le socialisme est entré dans un nouvel âge.
L'attente est forte dans le pays. Le pouvoir joue avec l'opposition comme le chat avec la souris, ouvrant ici, moquant là, divisant toujours. Du coup, il peut faire passer un score de 28% aux européennes comme une victoire et un soutien de l'opinion aux réformes. En réalité, la plupart des illusions sur Sarkozy sont tombées, même sur son énergie soigneusement mise en scène, et le pays attend une opposition enfin crédible, à la fois intransigeante et constructive.
Finalement, Martine Aubry a démontré que le combat de 2012 se gagnerait sur les valeurs. La lutte contre les injustices, les inégalités et les périls rendent plus nécessaires que jamais les valeurs collectives que défend la gauche, là où la droite libérale entendra toujours laisser les individus face à leur destin. Ringardisé, pas toujours à tort, le PS vient de faire son retour à la pointe du camp du progrès.
Merci patronne !
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21 juillet 2009
Valls des égos
Comme de nombreux militants, je suis exaspéré par les commentaires ironiques ou alarmistes, après l'avertissement lancé par Martine Aubry à Manuel Valls. Les mêmes qui déploraient son impuissance à neutraliser les francs-tireurs condamnent aujourd'hui sa fermeté vis-à-vis du plus turbulent d'entre eux. Les mêmes qui raillaient les faux-semblants de Reims prétendent aujourd'hui qu'au PS les conflits se règlent à travers le débat d'idées pendant les congrès, et non pas par la discipline interne
Il est où le débat d'idées qui va régénérer le PS et la gauche ? Je cherche en vain la contribution au débat des "quadras", qui paraissent plus obnubilés par leur surface médiatique que par la capacité de la gauche à répondre aux attentes de son électorat. Les primaires sont elles la priorité pour remotiver les militants ? L'antisarkozysme pavlovien est-il le mal dont souffre la gauche ? En vertu de quelle analyse politique devrions nous renoncer au beau mot de socialisme, qui porte depuis si longtemps les aspirations du peuple de gauche ?
Je prétends qu'une immense majorité de militants approuve la fermeté de Martine Aubry, et qu'il est temps, plus que temps, de siffler la fin de la récré. Les militants doivent être pris à témoin du travail de rénovation engagé, et conscients qu'il lui faut un peu de temps. Je connais la détermination de Martine et la volonté de ceux qui l'entourent pour redonner un peu d'esprit collectif à un parti rongé depuis longtemps par l'individualisme. Elle n'a rien à perdre, et tout à gagner, à remettre la machine en route, y compris en assumant toute l'autorité qu'elle détient de par le vote des militants. Plutôt qu'une union de façade, qui se fendille à chaque crise (il n'est que de voir ceux qui ont volé au secours de Valls), il faut au parti une majorité dynamique et ferme qui le remette sur les rails.
Plus encore que de la discipline, les militants réclament davantage d'humilité de la part des leaders qui jouent l'opinion contre le parti. Qui sont ils pour piétiner ainsi notre histoire et nos pratiques militantes, devant des médias avides de sensationnel ? Qu'ont ils prouvé, sinon un sens aigü du placement devant les caméras ? Au nom de quelle éthique donnent-ils des leçons de cohérence idéologique, quand ils ont défendu tout et son contraire ? Comment porter à l'extérieur les valeurs de solidarité quand la fraternité entre camarades n'est plus pour eux qu'un mot creux ?
Espérons que les vacances permettront une remise en cause de ces pratiques mortifères, et que le parti entamera sa mue à l'université d'été de La Rochelle. Ceux qui creusent la tombe du PS en seront pour leurs frais.
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