17 janvier 2012
2012 AAAnnée du changement
Le mois de janvier est marqué par le traditionnel marathon des vœux, que je conclurai comme d’habitude par ma propre cérémonie en tant que conseiller régional, le 28 janvier 11h à Montreuil. L’occasion de former des vœux de santé et de bonheur à tous, mais aussi de prendre un peu de recul dans un monde à l’horizon obscurci, et de trouver quelques raisons d’espérer pour nos jeunes.
Chaque année, depuis 2008, le Président Sarkozy nous promet la fin du tunnel, et elle ne vient jamais. 2011 a été une nouvelle année terrible, où chacun a pu sentir dans le montreuillois comme ailleurs, sur le littoral ou dans nos campagnes, le poids d’une crise qui n’en finit plus. Ce début d’année 2012 ne me dit rien qui vaille, avec la perte du « triple A » qui nous relègue en 2ème division et les menaces sur l’Euro, un chômage record, des suppressions d’emplois d’enseignants à la pelle, des hausses d’impôt (TVA sociale) pour beaucoup afin de rembourser les déficits creusés par quelques uns, des élus de proximité montrés du doigt et des collectivités locales mises au pain sec, des inégalités qui n’ont jamais été aussi criantes…
Alors je voudrais qu’en 2012 nous exaucions enfin le vœu présidentiel, et que ce soit l’année du véritable changement. Il est temps de retrouver le chemin de la justice et du progrès, la seule voie pour sortir le pays de l’ornière dans laquelle 10 ans de libéralisme échevelé nous ont menés. Souvenons-nous qu’avec Lionel Jospin comme Premier ministre de 1997 à 2002, il y eut 2 millions de créations d’emploi et des comptes sociaux à l’équilibre ! Ce n’est pas avec des « moins » que l’on gagnera la bataille de l’emploi (moins d’Europe, moins d’industrie, moins de services publics, moins d’impôts pour les riches, moins de protection sociale, moins d’écologie…) mais avec des « plus » (plus de pouvoir d’achat, plus de croissance, plus d’exigence sociale et environnementale aux frontières de l’Europe, plus de sécurité professionnelle, plus de formation, d’éducation et de recherche, etc.). Alors pour le vrai changement, choisissons dès le mois de mai un autre président, qui sera François Hollande, et en juin un autre député, qui sera…
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06 décembre 2011
L'autre couple franco-allemand
Voici le discours prononcé par François Hollande devant le congrès du SPD à Berlin, et largement ovationné. Quand même autre chose que les gesticulations de Merkozy... Vivement 2012 et 2013 pour redonner des ailes au rêve européen !
(...) Je veux rappeler l´amitié entre nos deux partis depuis la belle relation qu´entretenaient deux hommes d´Etat exceptionnels, Willy Brandt et Francois Mitterrand. Amitié qui n´a cessé de se poursuivre et de s´enrichir au sein du Parti socialiste européen et dans nos relations bilatérales. Et c´est encore le cas aujourd´hui, aussi bien entre Martine Aubry et Sigmar Gabriel qu´entre nos deux groupes parlementaires avec Franck Walter Steinmeier et Jean Marc Ayrault, ici présent. Nous avons à proposer ensemble l´alternative. Nous avons à changer le centre de gravité de l´Europe. Le ramener davantage vers la gauche.
Comme candidat à la plus haute fonction de mon pays je veux affirmer devant vous, et à travers vous à tous les allemands, la force que j´accorde au lien entre nos deux Etats. Au-delà des gouvernements et des majorités qui se sont succédés dans nos deux pays depuis 1945, l´Allemagne et la France ont été capables de dépasser les blessures de l´Histoire et les douleurs des affrontements meurtriers pour donner l´exemple de la réconciliation et de la paix. Le traité de l´Elysée signé en janvier 1963 par Konrad Adenauer et Charles de Gaulle fonde encore les rapports entre nos deux nations.
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29 novembre 2011
Le regard de Danielle
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Comment ne pas citer Lamartine, qui de son chateau de Saint Point pouvait voir les collines du clunisois, où repose désormais Danielle Mitterrand ?
Sa présence discrète mais inlassable nous manque déjà. Comme un fanal de la conscience de gauche, ouverte sur le monde, en guerre contre toutes les injustices.
Un exemple pour tant de jeunes qui sont dans le noir, parce que leur avenir est bouché et qu'ils survivent au jour le jour. Le regard pétillant, jamais résigné, de cette résistante de la première heure, de cette militante jusqu'au dernier souffle, devrait leur donner la force d'avancer, et de ne jamais se résigner à changer le monde
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24 octobre 2011
En avant

L'UMP se régalait d'avance des divisions que ne manqueraient pas de produire les primaires socialistes. Elle en a été pour ses frais, profondément divisée elle-même sur la novation introduite dans notre démocratie, et poussant le ridicule jusqu'à consacrer une convention à caricaturer de manière grotesque le projet socialiste.
J'étais présent à la convention d'investiture de François Hollande, et je peux témoigner de l'état d'esprit unitaire qui anime le parti socialiste pour faire gagner son candidat et réussir l'alternance en 2012.
Il faut dire que le traumatisme du 21 avril 2002 est encore présent dans les têtes, et que les primaires internes de 2006 avaient profondément divisé le parti. Malheur à celui ou celle qui prenait le risque de fragiliser les chances de la gauche en 2012.
L'exercice inédit des primaires, qui a passionné des millions de français, se devait d'être exemplaire, et chacun l'a bien compris. En plus de donner une légitimité populaire à notre candidat, cette grande explication démocratique a permis de présenter les idées socialistes, avec toutes ses nuances qui font leur richesse, et leur actualité, alors que la crise signe l'échec dramatique des politiques les plus libérales. Un sondage de ce jour (Viavoice, pour Libération) montre d'ailleurs que 3 français sur 5 ne font plus confiance à Nicolas Sarkozy en matière de lutte contre les déficits et de soutien à la croissance, rejoignant paradoxalement ainsi le jugement cruel de l'agence de notation Moody's, qui met le AAA de la France sarkozyste sous surveillance.
Il faut rendre hommage à la manière dont les dirigeants du PS ont su gérer le résultat de la primaire, en saluant particulièrement la dignité de Martine Aubry et la hauteur de François Hollande, qui a ainsi montré de manière éclatante sa capacité à rassembler.
Même si je n'en avais jamais douté, il faut bien avouer un certain soulagement pour avoir réussi cet exercice à haut risque, et notre fierté d'avoir défriché de nouveaux espaces démocratiques. La reconquête peut à présent commencer, fort de la détermination et de l'énergie de ces millions de citoyens qui ont confié à François Hollande et au parti socialiste l'espoir de réenchanter le rêve français : que notre République donne les mêmes chances à chacun ; que la France retrouve l'énergie d'être en avant.
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10 octobre 2011
Une armée citoyenne s'est levée
Il en fallait de la volonté et du courage, ici encore plus qu'ailleurs, pour que plus de 3.200 citoyens se déplacent pour voter aux primaires socialistes dans l’arrondissement de Montreuil, malgré les propos scandaleux du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, menaçant de « repérer » les électeurs de gauche dans les territoires les plus ruraux.
C’est une énorme victoire citoyenne, dont il faut remercier tous les artisans, les militants et sympathisants socialistes qui ont diffusé l’information et tenu les bureaux de vote, les maires qui ont transmis les listes électorales et autorisé les bureaux de vote, les électeurs qui ont participé avec patience et bonne humeur à cette aventure démocratique inédite, dans le respect des personnes et des idées. Une armée citoyenne déterminée s’est levée, que rien n’arrêtera sur le chemin de la victoire.
Les électeurs de l’arrondissement ont placé très largement Martine Aubry en tête dans tous les cantons du montreuillois (43% dans le canton de Berck, 45% dans celui d'Etaples, 47% à Beaurainville et Le Parcq, 51 % à Fruges...) , exprimant le besoin d’une gauche courageuse face à une droite dure, et l’espérance que notre région soit incarnée au plus haut sommet de l’Etat. Le second tour sera très ouvert, mais quelle que soit la personnalité choisie souverainement par le peuple de gauche, le Parti socialiste aura montré son unité et saura se rassembler derrière elle dès le 16 octobre au soir, pour lancer la grande bataille de 2012.
J’appelle les électeurs à se déplacer encore plus nombreux dimanche prochain pour transformer l’essai, faire gagner la gauche et rendre possible le changement.
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25 septembre 2011
de Gaulle en a rêvé la gauche l'a fait
L’inconcevable est arrivé. Le Sénat bascule enfin à gauche, et le palais du Luxembourg, qui était un peu à la droite ce que les coffres de banque sont à la Suisse, s’apprête à connaître enfin l’alternance, pour la première fois sous la Vème République.
Bien sûr, inutile d’espérer des klaxons dans les rues de Berck et seuls les grands électeurs, essentiellement les élus des communes, ont accompli cette révolution historique, sans manifestations ni grands meetings, mais avec toute la sagesse – et la détermination – dont ils sont capables.
Ironie de l’histoire, c’est à la gauche, devenue porte voix des élus de proximité, qu’ils ont demandé de réaliser le rêve avorté en 1969 du général de Gaulle, de faire du Sénat une assemblée des territoires. Parce que le besoin d’alternance est fort dans le pays, avec un président qui maltraite la République, et une droite qui a mis à la disette les territoires et montré du doigt les élus. Parce que la gauche, depuis le vote des lois de décentralisation, a compris que l’avenir de la France se construira au plus près des habitants.
Paradoxe institutionnel, cette « anomalie démocratique », lointaine descendante de la chambre des pairs, où l’alternance y était réputée impossible, va enfin parfaire notre République en reconnaissant son caractère décentralisé. Elle permettra de freiner ou bloquer d’ici mai 2012 les projets les plus néfastes d’un pouvoir aux abois, puis d’imaginer une nouvelle étape de la décentralisation si la gauche referme la parenthèse sarkozyste.
Je me félicite à titre personnel que les grands électeurs du montreuillois, l’un des territoires les plus ruraux du Pas-de-Calais, aient donné de la voix courageusement, en dénonçant l’injustice de la réforme territoriale voulue par l’UMP, et en s’opposant aux fusions autoritaires d’intercommunalité dictées au préfet. Ils ont contribué de manière décisive à cette victoire qui en promet d’autres, pour garantir le respect de la démocratie locale et ouvrir le champ des possibles à notre beau territoire. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés.
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12 septembre 2011
Françafric
Nauséabond ! Ce que Robert Bourgi révèle benoîtement dans le dernier livre de Pierre Péan est tout simplement ahurissant. On croyait que les "réseaux Foccart" appartenaient à l'histoire, avec leur pompe à Phynances africaine et les barbouzeries d'Elf-Aquitaine. On découvre que des dizaines de millions d'euros en petites coupures ont continué à financer le RPR et l'UMP jusqu'à (?)une période récente.
Robert Bourgi a été le fils spirituel de Jacques Foccart et son successeur comme conseiller Afrique de Jacques Chirac, Dominique de Villepin puis Nicolas Sarkozy, et chargé en particulier des transferts de fonds en provenance des dictateurs les plus sinistres du continent, particulièrement lourds avec les échéances électorales. Au moment même où Lionel Jospin au pouvoir supprimait les fonds secrets en liquide à Matignon, des mallettes, des sacs en toile, des tam-tams remplis de dollars, des cadeaux de prix, s'entassaient à l'Elysée dans le bureau du Président ou de son secrétaire général, qui devint Premier ministre en 2005 !
Personne ne croit d'ailleurs sérieusement que ce système se soit arrêté avec l'arrivée de Nicolas Sarkozy, et Jean-François Probst, ancien proche de Chirac, confirme que Robert Bourgi s'est dépensé sans compter auprès de nombreux chefs d'Etat lors de la présidentielle de 2007, et qu'il se serait même rendu dès juillet 2007 à Libreville avant de décorer Rober Bourgi de la légion d'honneur en décembre 2007, avant sa disgrâce dorée en 2009. D'autres auraient ensuite pris le relais.
Ces accusations, suffisamment étayées et confirmées par d'autres témoins, feraient dans n'importe quel pays occidental l'objet d'une instruction pénale pour établir toute la vérité et sanctionner les auteurs de ces graves détournements d'argent sale, après avoir établi à leur usage final. En dehors sans doute d'un vague procès en diffamation, j'ai bien peur qu'après d'autres scandales étouffés le Parquet n'ait comme seule urgence que de refermer le plus vite possible la plaque sur les égouts de l'Etat-UMP.
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30 août 2011
A force de jouer avec les allumettes...
Pourquoi faire un raccourci entre les images terribles des émeutes en Grande-Bretagne et l'explosion de la délinquance à Marseille ? Je n'ai pas l'intention de lancer un appel à la délation pour les "rats à capuche" et je n'ai pas l'habitude de stigmatiser les habitants des quartiers populaires
Ce rapprochement, je le fais car il signe le double échec de la politique de "tolérance zéro", inventée à New York et adoptée par les nouvelles droites européennes pour que les citoyens les plus pauvres détournent les yeux de ceux qui s'enrichissent. Vieille recette en réalité, la peur ayant toujours appelé l'ordre social
La nouveauté, c'est que le libéralisme n'a jamais autant incarné le désordre. Pas seulement sur les marchés financiers mondiaux, mais aussi dans la société, où les individus se retrouvent plus isolés que jamais, dans une forme de jungle urbaine où seul le plus fort surnage
Cette évolution n'est pas seulement préoccupante. Elle est désespérante, tant elle semble confirmer le caractère inéluctable d'une forme d'américanisation de la société. 400 gangs recensés à New York, 1,4 millions de prisonniers (10% de la population afro-américaine passe par la case prison), 30.000 décès par arme à feu, etc.
La ficelle paraissait inusable. Elle avait permis à Chirac de passer en 2002, avec l'aide des JT de TF1, puis à Sarkozy en 2007. Ce dernier, qui se vantait il y a encore peu d'avoir "tué le job" de ministre de l'intérieur, se payait même le luxe de diminuer le nombre de policiers de près de 10.000 depuis son élection, convaincu que ce n'était pas les résultats qui comptaient (on peut toujours s'arranger avec les statistiques), mais le sentiment que le pouvoir prenait à bras le corps le problème, à grand renfort de déclarations martiales. La gauche s'indigne, le Front national applaudit, et le tour est joué
Et puis, patatras, le miroir aux alouettes s'est progressivement fendillé. L'exemple de Marseille illustre de manière spectaculaire ce que la Cour des comptes n'a pu que constater au plan national. La baisse des effectifs de police est d'autant plus difficile à comprendre que la délinquance a progressé de manière importante, notamment en ce qui concerne les violences aux personnes.
Le retentissement médiatique de la visite suprise de Martine Aubry à Marseille, venue dénoncer les gesticulations de Guéant , témoigne d'un renversement historique de perspective. Non seulement la gauche n'a plus de complexes à assumer une politique ferme de sécurité, mais elle commence à convaincre qu'elle est plus crédible que la droite. Elle ne craint plus d'évoquer la question des moyens, tout en ajoutant qu'à la répression doit s'ajouter une présence de proximité et une politique de prévention de la délinquance, gage de réussite sur la durée.
Et si la sécurité était de voter à gauche, pour remettre de l'ordre dans l'économie et la société, afin d'ouvrir de nouvelles perspectives de prospérité pour tous et de progrès social ?
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28 juin 2011
Martine Aubry s'élance depuis Lille
Mes chers compatriotes,
J’ai souhaité aujourd’hui m’adresser à vous.
Dans moins d’un an a lieu l’élection présidentielle. La France a rendez-vous avec la démocratie, c’est-à-dire avec elle-même.
Notre pays subit de grands désordres, désordre économique, désordre budgétaire, désordre social, qui entraînent d’autres désordres dans les vies comme dans les lieux de vie - à l’école, à l’hôpital, dans les territoires. Un pouvoir enfermé dans ses certitudes, a touché à tout sans rien régler.
Je le dis : on ne peut pas innover, créer, soigner, éduquer, et soumettre ces nécessités vitales aux seules lois du marché. On ne peut pas critiquer le pouvoir financier, tout en le laissant continuer ses pratiques détestables. On ne peut pas protéger les Français en imposant les recettes libérales qui les fragilisent.
On ne gouverne pas en opposant les jeunes aux plus âgés, les travailleurs aux chômeurs, les Français aux étrangers. On ne préside pas la France sans porter haut ses valeurs et son identité, qui ont fait l’admiration du monde. Derrière l’apparence de l’énergie, trop souvent confondue avec l’agitation, ce pouvoir a surtout une réalité : une politique injuste exclusivement menée au profit des privilégiés.
Il est temps, il est grand temps que cela change vraiment.
Je veux rendre à la France sa force, sa sérénité, son unité.
Je veux redonner à chacun le goût de l'avenir et l'envie d'un destin en commun.
Aussi, j’ai décidé de proposer ma candidature à l’élection présidentielle.
Oui, la France connait des heures difficiles. Mais je suis résolue à me battre de toutes mes forces pour lui redonner avec vous un avenir. Il n’est pas de plus beau combat, il n’est pas de mission plus noble.
J’ai la conviction que face aux multiples défis de notre monde, une vision claire, une action cohérente et un langage de vérité permettront de récréer de la confiance, de redresser notre pays et de le rassembler dans la justice. La peur, le repli sur soi et le défaitisme : ce n'est pas la France!
- Je vous le dis ici dans ma ville de Lille, capitale d’une grande région industrielle où rien n’a jamais été donné, où tout a été conquis par le courage des femmes et des hommes. Lille, terre d’hospitalité pour ceux venus d’ailleurs, qui contribuent aujourd’hui à notre prospérité. Lille, que j’aime tant, qui m’a tant donné et qui m’a tant appris.
- Je vous le dis en m’appuyant sur ce que j’ai de plus cher, les valeurs transmises par ma famille : la morale, le sens de la justice et le goût des autres. Je puise ma force dans mes convictions de toujours, celles de la République et celles de la gauche. Pour moi, la liberté rime avec l’égalité, pour donner à chacune et chacun les moyens de construire sa vie. Pour moi, seule la fraternité permet une société apaisée où chacun donne le meilleur de lui-même aux autres. Pour moi, la laïcité est une valeur inestimable que nous devons protéger précieusement.
- Je le dis aussi après trois années de travail à la tête du Parti Socialiste, confiante dans le grand projet du changement que nous avons préparé tous ensemble pour répondre à vos attentes et aux besoins du pays. J’ai vu, j’ai entendu, j’ai écouté, j’ai échangé avec beaucoup d’entre vous.
Les difficultés et même la colère sont là, mais le désir d’agir pour que notre pays retrouve un sens est puissant. Nul n’ignore la situation réelle de la France et la dureté de la crise. Nous aurons des efforts à réaliser, mais je m’y engage, ils seront justement répartis. On ne peut pas demander toujours plus à ceux qui ont peu et donner à ceux qui ont déjà tout. Tout ne sera évidemment pas possible tout de suite, mais nous reprendrons ensemble le chemin du progrès.
- Je m’adresse à vous aujourd’hui pour vous dire que je veux relever le défi d’une France innovante, compétitive et écologique.
Nous avons des ressources puissantes pour être dans le peloton de tête des nations. Nos ouvriers, nos employés, nos cadres, nos agriculteurs, nos entreprises, nos chercheurs, nos artistes, nos créateurs débordent de compétences, d’imagination et d’initiatives. Nos jeunes sont énergiques et créatifs. Il faut leur faire confiance et leur donner les moyens de leur autonomie.
Nous avons tous les atouts pour réussir dans la compétition mondiale en bâtissant, dans une France conquérante, un nouveau modèle économique, social et écologique, qui donnera à la France une génération d'avance.
- Je veux aussi restaurer la justice associée à la promesse républicaine.
Les Français doivent pouvoir vivre de leur travail, avec des emplois qui valorisent et permettent de progresser. Les jeunes doivent pouvoir faire des projets de vie et de travail. Les parents doivent pouvoir éduquer et protéger leurs enfants.
Chacun doit avoir accès aux soins et à un logement digne. Nos anciens ont droit à une retraite décente et à une prise en charge de la perte d’autonomie par la solidarité nationale. La sécurité qui est un droit essentiel, doit être assurée : le gouvernement utilise l’insécurité pour faire peur, moi je veux la combattre. Nous nous appuierons sur des services publics rénovés, attentifs à chacun, et sur une fiscalité juste.
Je vous promets de nouvelles conquêtes. L’égalité des droits pour tous, et d’abord entre les femmes et les hommes, doit enfin devenir une réalité. La culture doit être mise en avant pour nous inspirer, nous faire grandir et nous réunir.
- Je veux enfin que notre pays retrouve toute sa voix dans le monde.
La France ! Notre France, avec une diplomatie et une défense respectées, doit œuvrer pour la paix, la démocratie et la prospérité du monde!
Et aussi pour l’Europe ! Vous le savez bien, l’Europe est pour moi un combat de toujours. Mais je veux une nouvelle Europe, une Europe qui produit et qui protège, une Europe qui fait respecter de nouvelles règles dans le commerce international, une Europe forte et en même temps solidaire.
Redonner à la France son poids et sa voix, rassembler dans la justice, tout cela sera possible grâce à un vrai souffle démocratique : une présidente qui préside, un gouvernement qui gouverne, un parlement renforcé et respecté, l’indépendance de la justice et des médias assurée, des syndicats et des associations au cœur du changement, une nouvelle décentralisation réelle et démocratique. Il faut oser la démocratie jusqu’au bout, comme nous le faisons avec nos primaires citoyennes !
Mes chers compatriotes de la métropole et des Outremers,
Nous rêvons d’un véritable changement au profit de tous, un changement où les mots se transforment en actes.
Je suis enthousiaste à l’idée d’aller à votre rencontre.
Je veux plus que tout rassembler, rassembler aujourd’hui les femmes et les hommes de gauche, les écologistes et les humanistes, pour que demain en 2012 nous puissions rassembler les Français et la nation toute entière.
Avec votre soutien, avec votre confiance, je prends aujourd’hui devant vous l’engagement de la victoire en 2012.
Vive la République !
Vive la France !
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30 mai 2011
Le temps du projet
De retour de la convention nationale, où j'ai pu échanger avec de nombreux dirigeants ou militants du PS, j'ai le sentiment que l'aspiration à l'unité va l'emporter sur les risques de division que comportent les primaires. Il faut en rendre hommage à la 1ère secrétaire, qui a su remettre le parti au travail, et rassurer, dans ces temps troublés, sur la capacité du PS à relever le défi de l'après-Sarkozy
"Aujourd'hui, tous les socialistes sont là, unis, pour ne dire qu'une seule chose, à la fois simple et très forte: nous sommes prêts", a martelé Martine Aubry. Le projet du Parti socialiste pour l'élection présidentielle 2012 a été adopté samedi après-midi lors d'une convention nationale à Paris, à l'unanimité des quelque 2.000 délégués présents.
Cette adoption, après celles du conseil national du PS et des militants, marque une nouvelle étape dans la reconquête du pouvoir : dans un mois, le 28 juin, la phase des primaires s'ouvrira avec le dépôt des candidatures jusqu'au 13 juillet. Pour désigner notre champion, les militants et les sympathisants voteront lors d'un premier tour le 9 octobre.
"Nous avons aujourd'hui la capacité à la fois de redresser la France, de remettre la justice au coeur même de la France et de la rassembler", a-t-elle ajouté, en redisant une nouvelle fois un peu plus tard dans un discours très solennel : "Je prendrai mes responsabilités".
Baptisé "Le changement", le projet socialiste a été discuté et largement enrichi par des amendements locaux, dont certains du Pas-de-Calais et même du montreuillois, que j'ai pu défendre personnellement. Le projet propose notamment la création d'un grand impôt progressif prélevé à la source, 300.000 emplois jeunes et 10.000 postes de gendarmes et de policiers de proximité ou encore un plafonnement des loyers et une taxe éco-modulable.
Pour financer son programme, le PS entend annuler 50 milliards des 70 milliards d'euros de dépenses fiscales "inutiles" engagées par la droite depuis 2002. Le bouclier fiscal, la détaxation des heures supplémentaires, la TVA réduite dans la restauration seront ainsi examinés, tout comme les niches fiscales et sociales. Les dépenses inefficaces ou trop coûteuses seront supprimées ou recalibrées.
La moitié de ces 50 milliards sera affectée à la réduction de la dette et des déficits public, tandis que l'autre moitié, soit 25 milliards, ira financer les priorités comme la compétitivité, l'emploi, l'éducation, la santé et la sécurité.
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