23 juin 2008

La montagne accouche d'une souris

C'était à moi de monter au front pour le PS, après l'opération de communication de Fadela Amara à Meaux, en présence de nombreux ministres, et de nouvelles annonces sur les banlieues. Décidemment décevantes.

 

Il fallait annoncer quelque chose avant l’été, pour tenter de prévenir les risques d’explosion dans les quartiers populaires, traditionnellement forts durant la période. Dans la douleur et la confusion, après de multiples reports, le « plan Marshall » promis par le candidat SARKOZY a définitivement laissé la place à un ensemble de mesurettes sans vision ni financement. La montagne a accouché d’une souris.

 

 

La dégradation de la situation sociale dans les quartiers, directement liée à la politique du gouvernement, rend d’autant plus dérisoires, les effets d’annonce de la secrétaire d’État :

 

 

-          Éducation : ce ne sont pas 50 bus[1] qui vont arrêter la catastrophe annoncée de la carte scolaire. Au contraire, cette politique–alibi donne le signal de la fuite, ceux qui n’ont pas le choix, restant dans des écoles publiques ghettoïsées.

 

-          Santé : la faillite organisée du système de santé publique, les problèmes de pouvoir d’achat, les franchises médicales et les déremboursements réduisent à néant les efforts de prévention et ne font qu’accentuer les inégalités les plus choquantes,

 

-          Sécurité : Après avoir supprimé les emplois-jeunes, les médiateurs, les correspondants de nuit et la police de proximité, le gouvernement veut des milices et des gardiens d’immeuble qui soient des vigiles. Les caméras de vidéo surveillance et les drones ne remplaceront jamais la présence policière  et le dialogue avec la population.

 

-          Emploi : le contrat d’autonomie est la reprise du parcours TRACE de Aubry-Bartolone. Pourquoi l’avoir abandonné et recréer un dispositif réduit et moins bien financé ? les engagements de grandes entreprises sont toujours les mêmes et sont des annonces sans lendemain, tandis que chaque jour des chômeurs sont rayés des listes.

 

-          Logement : la maison à 15 €/jour échouera comme la maison à 100 000 € de BORLOO. La construction de logements sociaux n’a jamais été aussi faible, son financement par le livret A est fragilisé et rien n’est fait contre les maires –de droite- qui refusent d’en construire 20 %.

 

-          Transports : l’enveloppe de 500 M€ prélevée sur le Grenelle de l’Environnement ne servira qu’à financer 3 lignes de tramway, quand plusieurs centaines de quartiers souffrent d’enclavement.

 

 

Au total, le Parti Socialiste, qui prône une nouvelle politique ambitieuse de Solidarité urbaine, juge dérisoires et stigmatisantes les quelques mesurettes annoncées. Il s’interroge sur le crédit à accorder à Fadela Amara, qui prétend avoir obtenu ce qu’elle voulait alors qu’elle n’a eu que des miettes du gâteau fiscal de 15 Mds € offerts aux plus favorisés il y a tout juste un an.



[1] L’expression « busing » est particulièrement maladroite car elle désigne aux États-Unis les transports privés affrétés par les blancs pour éviter les écoles, des ghettos noirs et hispaniques.

 

19 juin 2008

Des citoyens d’Hesdin à l’hôtel Matignon !

Quand Jean-Marie Roussel, le maire d’Hesdin, a lancé l’idée d’une visite à la Cour des comptes à Paris, Muriel Dumont, la dynamique président d’Accueil Villes Françaises a tout de suite dit oui. Avec ma complicité (j'avais déjà animé – en robe de magistrat – une conférence sur le sujet à Hesdin), un bus entier est ainsi parti en expédition pour visiter le prestigieux palais Cambon et découvir les secrets des gardiens de la bonne utilisation de l’argent public. Il y ont même croisé Philippe Séguin, qui fait beaucoup pour cette institution. Mais d’autres portes, d’ordinaire peu accessibles au citoyen, se sont ouvertes ce jour-là. Après un déjeuner sur le pouce dans les jardins du musée Rodin, le groupe s’est rendu l’après-midi à l’hôtel Matignon, siège des gouvernements depuis 1935. Accueillis en grande pompe par les gardes républicains, ils ont visité les magnifiques salons et la terrasse du jardin de 3 hectares. Ils ont tout appris – ou presque – du fonctionnement de la machine gouvernementale, dans le salon du conseil où plane encore le souvenir de Léon Blum, de Pierre Mendès-France ou du général de Gaulle. Car Matignon, véritable bijou architectural dans son écrin de verdure, est aussi une véritable ruche, où se prennent chaque jour des décisions importantes pour la vie du pays. Cette journée exceptionnelle ne fut troublée que le malaise sans gravité d’une hesdinoise, immédiatement prise en charge par le médecin militaire de Matignon, et par quelques gouttes de pluie. La visite s’est terminée dans la salle de cinéma du Premier ministre, où le groupe fut chaleureusement accueilli par un gendarme originaire…de Maresquel. Ce jour là , Paris appartenait décidemment à Hesdin et au Pas-de-Calais ! Ce fut décidemment un grand moment, et j'ai été heureux de contribuer à mieux faire connaître nos institutions, et à rappeler à ceux qui les occupent qu'ils travaillent pour le plus grand nombre.

10 juin 2008

reconstruire le PS

conventionfederale.jpgConvention fédérale du Pas-de-Calais, ce vendredi à Lens, pour préparer la convention nationale du 14 juin à Paris. Au menu des travaux, faire remonter les amendements issus des travaux en section, pour les faire porter le cas échéant par la fédération. Nous avons retenu deux amendements : le premier, sur l'éducation, est issu du MJS lors de la réunion que j'ai organisée avec Alain Bergounioux à Berck, l'autre porte sur les statuts, pour défendre le droit de procuration et permettre au plus grand nombre de militants de voter lors des grandes échéances. Serge Janquin m'a demandé de les défendre au nom de la fédération au bureau national puis à la convention.

Harlem Désir avait été invité à participer à cette convention, exceptionnellement ouverte à la presse. Dommage qu'il n'y ait pas eu plus de monde, car les échanges furent intéressants. Peut-être que les militants ont considéré qu'il s'agissait d'un mélange des genres, dans la mesure où le lieutenant de Bertrand Delanoë ne s'est pas contenté de parler de la déclaration de principes. Son plaidoyer pour défendre un congrès utile à l'émergence d'un leader, et pour éteindre la polémique sur le "libéralisme politique" revendiqué par son chef de file, ne manquait pas d'intérêt. Mais j'ai le sentiment avec d'autres que le congrès est parti trop tôt, et que le choc frontal annoncé par les médias entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë risque de mettre à mal notre unité. Beaucoup, parmi les partisans des uns et des autres, les incitent à la prudence, et je suis moi-même avec grand intérêt la démarche transversale des "reconstructeurs", qui tente d'imposer un débat de fond et une logique plus collective.

Le grand intérêt manifesté par les militants pour la nouvelle déclaration de principes, même s'ils ne sont pas sentis suffisamment associés, m'incite à penser que l'aspiration à l'unité et la nécessité de travailler sur nos fondamentaux, pour engager la bataille idéologique avec la droite, pourraient prévaloir lors du prochain congrès. Alors que les français souffrent, il ne faudrait pas donner l'impression que le PS ne s'occupe que des enjeux de pouvoir. Fourbissons nos armes, organisons nous, nous avons encore le temps de désigner notre champion pour porter l'estocade !

Lors de la commission des résolutions, qui s'est tenue le mardi jusqu'à minuit avec les membres du bureau national, ou lors de la Convention nationale, où je suis intervenu au nom du Pas-de-Calais, j'ai réussi à faire accepter les différents amendements souhaités par la circonscription ou la fédération sur la déclaration de principe, que j'ai ainsi votée. J'ai insisté pour qu'elle ne reste pas lettre morte, parce qu'elle peut éviter à l'avenir de nombreux faux débats sur des sujets qui ne font pas partie de nos valeurs (ordre juste, libéralisme, par exemple). Par contre, François Rebsamen n'a pas souhaité modifier le texte sur les statuts, pour y intégrer le droit au vote par procuration que demande la fédération, pour permettre à ceux qui ont un empêchement (militants âgés, ou étudiants, par exemple) de participer à la vie du Parti, comme le droit leur en est ouvert pour d'autres élections. Une commission sera installée d'ici le congrès pour étudier cette question. Pour cette raison, et parce que les modifications de statut (plus importantes qu'il n'y parait), auraient du se faire à l'occasion d'un congrès et dans la transparence, j'ai voté contre le texte "vivre ensemble". J'ai terminé mon intervention en souhaitant un congrès qui ne ressemble pas à "réglement de compte à OK Corral", mais plutôt à "Bienvenue chez les ch'tis"....

03 juin 2008

Déclaration d'amitié

 816348874.JPGAlain Bergounioux, secrétaire national aux Etudes, nous a fait l'amitié de répondre à l'invitation des socialistes de Berck et de la circonscription à venir débattre de la nouvelle déclaration de principes du Parti socialiste, dont il a présidé la commission de rédaction. Ce fut un moment fort, intense et convivial, ce ceux que l'on aimerait partager plus largement, et qui résume davantage la vie du PS que les batailles rangées qui font les gros titres des journaux. Pendant plus de deux heures, nous avons pu échanger avec lui, lui proposer des amendements. Surtout, nous avons réfléchi à notre identité, notre idéologie (ce n'est pas un gros mot), notre positionnement par rapport à nos partis frères en Europe, mais aussi la droite et l'extrême gauche. Une forte délégation du MJS 62, avec notamment Pierre Ferrari et Sofian Gomis, nous a montré l'intérêt que les jeunes portent à l'exercice, qui permet à la fois de redéfinir notre carte d'identité, mais aussi de parler autour de nous de ces valeurs, et d'encourager tous ceux qui s'y reconnaissent de venir nous rejoindre.

Voici un petit resumé des enjeux :

 1) La déclaration de principes est un texte important.

Elle fixe les bases idéologiques, historiques et même philosophiques de notre parti. Ni texte d'orientation politique (une motion de Congrès) ni relevé de propositions sur tous les sujets (un programme électoral), elle énonce les valeurs qui nous rassemblent. C'est une charte.

Par-delà les époques et les dirigeants, les femmes et les hommes qui se réclament du socialisme sont animés d'un idéal commun (préambule). Socialistes, nous sommes les héritiers de l'humanisme des Lumières et de la Révolution française (18ème siècle), de la critique du capitalisme et du combat pour l'émancipation par l'éducation (19ème siècle), de l'universalisme qui s'oppose au totalitarisme et au colonialisme (20ème siècle).

Pour être vivante, notre déclaration de principes doit s'adapter aux grands mouvements de l'Histoire. Ses précédentes révisions en témoignent : 1905 lors de l'unification des courants socialistes ; 1945 après la Seconde guerre mondiale ; 1969 avec l'après-De Gaulle ; 1990 après dix ans d'expérience du pouvoir. En 2008, il s'agit d'inscrire le socialisme dans les défis de la mondialisation.

2) Au 21ème siècle, le socialisme est plus que jamais d'actualité.

A l'inverse des conservateurs qui se résignent au monde tel qu'il est - ou qui s'en réjouissent -, les socialistes refusent le fatalisme. Nous croyons à la puissance du politique face aux injustices de la nature ou de la société (article 1).

Contre le creusement des inégalités, le PS poursuit le combat de Jaurès pour la République sociale. Nous voulons bâtir une démocratie qui étend les traditionnels droits civils et politiques des citoyens, mais qui leur garantit des droits économiques et sociaux réels. Pour nous, liberté et égalité sont indissociables (article 2), démocratie politique et démocratie sociale sont inséparables (article 5), citoyenneté et esprit critique vont de pair (article 11), droits et devoirs sont une même réalité (article 15), résistance à la marchandisation et soutien à la culture un même combat (article 16).

Face aux obscurantismes et aux intégrismes de toutes sortes, les socialistes croient dans la force de la science, de la technologie, de la culture, de l'éducation. C'est pourquoi nous mesurons le progrès humain à l'aune de l'amélioration effective des conditions de vie, et non des seuls indicateurs quantitatifs de la croissance économique (article 4).

Loin de la vaine croyance des libéraux dans les capacités autorégulatrices du marché, les socialistes croient dans l'intervention de la puissance publique face au marché. Nous sommes partisans d'un Etat présent et moderne, protecteur et redistributeur, entrepreneur aussi en cas de carence de l'initiative privée (article 8). C'est cet Etat régulateur qui, en garantissant l'équilibre entre les territoires et l'intérêt général, permet une décentralisation positive (article 14).

Devant la montée du communautarisme ethnique et du fondamentalisme religieux, les socialistes revendiquent leur attachement à la laïcité et au respect de la liberté de conscience (article 12), ainsi qu'à la lutte contre les discriminations (article 10).

Refusant le repli sur soi et la logique du choc des civilisations, les socialistes demeurent internationalistes. Nous assumons le choix de l'intégration européenne (article 17), oeuvrons au rapprochement des peuples et à la défense des droits de l'homme (article 9), inscrivons notre action dans le cadre des institutions internationales (article 18).

3) Au 21ème siècle, le socialisme doit intégrer une part fondamentale de nouveauté : l'économie sociale et écologique de marché.

Dans la mondialisation, chacun le sait, notre rapport au marché doit être précisé. Mais attention au contresens ! Ce n'est pas la reconnaissance de l'économie de marché qui est inédite pour les socialistes, mais notre volonté explicite de l'orienter dans une perspective sociale et résolument écologique.

En affirmant son attachement à une économie mixte (article 6), combinant un secteur privé dynamique, des services publics de qualité, un tiers secteur d'économie sociale, la déclaration de principes traduit notre pratique depuis 25 ans ! Le texte ne fait que reprendre dans les mots en 2008 ce que nous avons collectivement traduit dans les faits depuis 1983, au plan gouvernemental comme à la tête des collectivités territoriales.

En revanche, il est clairement nouveau - même si certains poussent en ce sens depuis longtemps, par exemple Laurent fabius - d'inscrire l'exigence du développement durable au coeur de notre doctrine socialiste et non plus à sa périphérie (article 3). Cette évolution aura un impact majeur quand viendra le temps d'élaborer notre projet et de choisir nos moyens d'action. Une économie sociale et écologique de marché signifie qu'il n'y a pas de croissance durable sans prise en compte de l'emploi, de la protection sociale ou de l'écosystème (article 7). Inversement, compte tenu des coûts à supporter, aucun progrès social ni aucune amélioration environnementale durable ne seront possibles sans une croissance économique soutenue. Les pays européens les plus prospères - en Europe du Nord, notamment - ne sont-ils pas aussi les plus écologiques et ceux où la justice sociale est la plus forte ?

Cette approche conjugue toute la gamme de l’action politique - innovation, production, régulation, protections. C'est pourquoi elle peut permettre à la France et à l’Europe de retrouver le chemin de la croissance, de la justice et de l’influence. "L'économie sociale et écologique de marché" n'est pas un slogan, mais une vision de la société et de l'humanité : elle peut être le socle d’une alternative au simplisme dangereux du laisser-faire, peut rassembler la gauche (article 21) et bien au-delà en faisant prévaloir l'intérêt général sur la somme des intérêts particuliers ou privés (article 19). 

4) La déclaration de principes doit précéder le débat et non le clôturer ou l'empêcher.

Ce texte est le rappel de nos valeurs pour le 21ème siècle. C'est beaucoup, mais ce n'est pas tout. Au moins trois enjeux ne sont pas abordés qui devront l'être lors de notre Congrès à l'automne.

- Le PS est-il un parti de transformation en profondeur du monde capitaliste ou voulons-nous seulement le réformer à sa marge ? Le concept de "réformisme de transformation sociale radicale" est trop flou pour être retenu.

- Le PS confirme-t-il sa stratégie sociale et électorale du rassemblement de la gauche élargi à d'autres forces ou, au contraire, lui substitue-t-on une autre démarche, privilégiant le centre et le centre droit ? Dans un cas, on peut gagner les élections (mars 2008), dans l'autre cas, on les perd (2007).

- Le PS reste-t-il attaché à l'exigence d'une Europe ouverte, mais sociale ou se résigne-t-il à l'Europe  libérale et offerte à tous les vents du dumping et du laisser-faire ? Dans la perspective des élections européennes de 2009 et des échéances de 2012, nous devrons dire aux Français quelle Europe, donc quelle France, nous voulons construire.

28 mai 2008

les pêcheurs menés en bateau

1637374223.jpgLa crise structurelle que traverse le monde de la pêche est inquiétante. Les promesses de Nicolas Sarkozy en novembre dernier n’ayant pas été tenues, les pêcheurs ont reconduit leur mouvement. Redémarré en France il y a deux semaines, ce mouvement s’étend à d’autres professions et à d’autres pays européens.

Les défis auxquels sont confrontés les pêcheurs sont nombreux : concurrence des élevages piscicoles et des importations, gestion erratique des quotas de pêche, endettement lié au coût des navires d’occasion et surtout prix du gasoil. Pour les étaplois, on peut ajouter la concurrence des senneurs hollandais, qui disposent de solides relais à Bruxelles.

Les solutions annoncées par le ministre Barnier ne permettront pas de résoudre les problèmes de fond. Le Parti socialiste déplore que le gouvernement ait attendu que la crise prenne de l’ampleur pour agir. Malheureusement, les mesures annoncées ne répondent pas à l’ensemble des problèmes structurels auxquels sont confrontés les marins pêcheurs. Pourtant, un nouvel échec du gouvernement signifierait le risque de voir disparaître une partie de la pêche française. On peut se demander si le pouvoir ne s'appuie pas sur les aides financières importantes accordées aux patrons pêcheurs mettant leur bateau à la casse, pour acheter d'une certaine manière leur silence, en oubliant les matelots et leurs familles. Le gouvernement serait ainsi le fossoyeur de la pêche française et de ceux qui en vivent difficilement.

Lors du dernier bureau national du Parti socialiste, Isabelle Thomas, en charge de ce dossier, a longuement analysé la situation et rappelé les principales propositions avancées lors de la dernières campagne des présidentielles :

-    aides incitatives et contractualisées aux marins pêcheurs dans le cadre d’une gestion équilibrée de la ressource et protectrice de l’espace maritime (sorte de « CTE de la mer »). Ces aides permettraient de lisser les revenus des équipages, et de leur permettre d'avoir un minimum garanti par l'Etat, les collectivités locales éventuellement, et les patrons de pêche
-    refonte de la politique des quotas au niveau européen fondée sur un dialogue constant avec les pêcheurs et les scientifiques.
-    régulation du marché notamment grâce à l’instauration d’un prix plancher tenant compte du prix de revient.

C'est l'épreuve de vérité pour Barnier, et tous ceux qui le soutiennent, comme dans ma circonscription MM. Fasquelle et Darchicourt, aux abonnés absents et de plus en plus contestés par les marins pêcheurs étaplois. Ces derniers, d'habitude en pointe sur les mobilisations,  ont l'impression de s'être faits...mener en bateau

19 mai 2008

tristesse

2066739740.jpgVraiment, un tel public ne méritait pas la relégation en ligue 2 des "sang et or"

 

15 mai 2008

contamination à l'UMP

1837462682.jpgL’Assemblée nationale a rejeté hier le projet de loi relatif aux organismes génétiquement modifiés, lors d'une séance historique présidée par Catherine Genisson, députée du Pas-de-Calais. Cette victoire de la gauche traduit le malaise qui règne au sein de la majorité, mais ne doit en aucun cas être considérée comme définitive : la bataille politique continue.

La loi proposée par le gouvernement constituait dès le départ une erreur politique. Allant bien au delà de la seule transposition en droit français de la Directive européenne de 2001 relative à la dissémination volontaire d’OGM dans l’environnement, le texte soumis hier au vote avait en effet pour effet d’entériner le principe d’une agriculture dépendante des OGM.

Ce projet de loi prétendait organiser une coexistence que l’on sait difficile entre cultures conventionnelles et cultures OGM. Ainsi, les demandes renouvelées de l’opposition pour fixer le seuil « avec OGM » à 0,1 % dans l’alimentation avaient toutes été balayées d’un revers de main. Le texte, tel qu’il devait être voté, validait donc le seuil communautaire controversé des 0,9 %.

L’amendement à l’article 1er adopté en deuxième lecture au Sénat, et qui devait être maintenu par les députés de la majorité lors du second vote à l’Assemblée, annulait la portée des dispositions issues du fameux amendement 252, relatif à la protection de l’environnement, de la santé publique des écosystèmes et des filières non OGM.

Le Parti socialiste, très attaché au principe de précaution, rappelle que la grande majorité des consommateurs français et des agriculteurs sont opposés au développement généralisé des OGM en France. Il dénonce la volonté du gouvernement de faire passer en force, par l’intermédiaire d’une commission mixte paritaire, un texte de loi qu’il faut désormais considérer comme mort et enterré.

Au-delà des péripéties de ce texte, où l'on a vu le lobby des semenciers faire ouvertement pression sur le groupe UMP à l'Assemblée et au Sénat, c'est toute la crédibilité du "Grenelle de l'environnement" qui s'effondre. Espérons que cela ouvrira les yeux de ceux qui, à l'instar de Nicolas Hulot, pensaient que l'enjeu du développement durable n'était ni de droite ni de gauche !

06 mai 2008

Starko I

751088774.jpgTriste anniversaire. 

Jamais un président n’avait connu une telle impopularité sous la Vème République. Jamais un président n’avait été autant sanctionné.
1 an d’illusion, 1 an de régression que les Français sanctionnent très durement. 1 an de non respect des engagements et en premier lieu la question du pouvoir d’achat.

Les Français sanctionnent une politique injuste et vécue quotidiennement comme une injustice. Avec le paquet fiscal, le financement du RSA par les plus démunis, les franchises médicales, l'augmentation sans frein du prix de l'énergie et des matières premières…, tous les jours les Français vivent ces régressions.

L’année passée, ce sont aussi des mauvais moments, vécus comme une humiliation : le discours de Dakar, la visite de Khadafi, le soutien à Poutine ou Ben Ali, ou encore le discours de Latran et la remise en cause de la laïcité. Plus généralement, nous vivons comme une honte le style présidentiel, fait d'étalage de sa vie privée et de son goût pour l'argent. Ce côté hâbleur et populiste, qui heureusement ne prend plus.

Nous dénonçons tout cela, mais nous faisons aussi des propositions concrètes et nous nous battons, notamment sur la question du pouvoir d’achat, qui intéresse les Français.

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que le PS relève le gant et empêche ce président de nuire à la France et aux plus fragiles pendant un autre mandat. Cela supposera de travailler dans l'unité sur des propositions clairement de gauche, et de renoncer à mener bataille sur le terrain de l'adversaire.

P..., encore 4 ans

29 avril 2008

ma ptite Danièle

1323497791.jpgC’est une salle François Mitterrand comble, à l’Hotel de Ville de Liévin, que Danielle Darras a reçu la Légion d’Honneur, accompagnée de nombreuses personnalités politiques de la région Nord Pas-de Calais, et en la personne de Laurent Fabius, ancien premier ministre, en famille.

La municipalité de Liévin avait convié la population à rendre hommage à une femme qui a longtemps oeuvré pour la ville de Liévin et pour le département du Pas-de-Calais. Dominique Dupilet, président du Conseil Géneral du Pas-de-Calais, a rappelé son parcours, notamment Conseil Géneral et au parlement européen. Avec culture et humour, chacun a pu comprendre la place primordiale qui a été celle de cette "sacrée bonne femme", comme l'a qualifiée Jean-Pierre Kucheida.

Dans un de ses discours dont il a le secret, Laurent Fabius a su trouver les mots justes pour parler de Danièle, et rappeler la fidélité de son engagement. Avec beaucoup d'émotion, il a fait revivre la voix de François Mitterrand, dans cette même salle, au soir de sa vie et avant le congrès de Liévin, en 1994.
L'ovation qui a suivi la remise de la légion d'honneur par Roland Huguet valait tous les hommages. Les larmes de Danièle ne l'ont pas empêchée de remercier chacun, du plus petit au plus grand, comme elle a toujours su le faire. Elle a le talent très rare de faire grandir les autres, sans jamais chercher à se mettre en avant. Depuis qu'elle a laissé ses mandats à l'âge de 60 ans, comme elle s'y était engagé, de nombreux militants continuent à s'inspirer de son action, et de sa manière d'être.

J'ai eu la chance de cotoyer Danièle lorsque j'étais sous-préfet dans le Pas-de-Calais. J'en ai conçu un grand respect, devenu amitié fidèle. Danièle, qui est aussi parfois berckoise, m'a donné de précieux conseils et a participé à ma campagne des législatives, ainsi qu'à celle des municipales. Danièle a toujours porté bonheur à ceux qu'elle aime, qui le lui rendent bien. J'espère l'entendre encore longtemps m'appeler son "ptit Vincent"

07 avril 2008

Lhassa-sur-Mer

1278535205.jpgLe drapeau tibetain flotte sur Berck-sur-Mer, pendant la durée des 22èmes rencontres internationales de cerfs-volants, le plus grand rassemblement de cerfs-volistes de France, qui va accueillir pendant 10 jours près de 500.000 personnes.

Une contribution, certes modeste, pour que l'enjeu des droits de l'homme ne soit pas sacrifié sur l'autel de la diplomatie, à l'occasion des JO de Pékin cet été.

C'est en Chine qu'ont été inventés les cerfs-volants, élevés au rang d'un art. Comment ne pas faire le lien avec l'actualité de la répression au Tibet, alors que le cerf-volant est un symbole de liberté, au gré du vent ?

Je suis de ceux qui se félicitent que les JO aient été attribués à Pékin, car c'est un moyen inespéré de faire pression sur les autorités chinoises pour y renforcer la démocratie et les droits de l'homme. La répression au Tibet n'est qu'une facette d'un régime plus totalitaire que jamais, où la violence d'Etat, naguère utilisée par la folie d'une idéologie, est aujourd'hui au service de l'argent-roi.

En renforcant la pression, en donnant la parole aux citoyens, nous ferons des JO une nouvelle place Tiananmen, avec les caméras du monde entier braquées sur eux.

Les tentatives pathétiques des autorités chinoises pour orienter l'information et faire pression sur les gouvernements occidentaux, afin d'éviter une "politisation" des JO, sont parfaitement vaines. A la fois parce que les valeurs de l'olympisme ne doivent plus s'accomoder du totalitarisme, et parce que les téléspectateurs sont aussi devenus des citoyens.

Les tibétains ont besoin de la démocratie. A la fois pour se libérer d'une occupation étrangère, et pour éviter ensuite une théocratie, fut-elle non violente. Je n'ai jamais compris le grand cas que l'on fait du dalaï lama, qui à ma connaissance n'est pas un démocrate. Le pouvoir ne doit pas basculer des gardes rouges aux moines safrans. Mais on est pas encore là.

Les chinois ont aussi besoin de la démocratie pour se défaire de l'étau du libéralisme sauvage, qui fait la fortune indécente des grands capitaines d'industrie et des politiciens corrompus, sur le dos des plus faibles, sous-payés, déplacés, exploités, et dont plusieurs milliers meurent chaque année dans les mines de charbon.

En ouvrant la Chine à la démocratie, nous oeuvrons pour les travailleurs chinois, mais aussi pour ceux des autres pays, comme par exemple les ouvriers français victimes de délocalisations brutales. Comme rivaliser avec des travailleurs chinois souvent plus proche de l'esclavage que du salariat ?

Je n'envisageais pas une seconde que Sarkozy puisse entendre et soutenir ce message. Mais quelle tristesse de voir Bernard Kouchner, naguère promoteur inlassable du droit d'ingérence humanitaire, se faire l'avocat de la diplomatie bling-bling...