30 avril 2012

vincentlena2012.fr

FHVL.jpgPendant la campagne présidentielle et les législatives dans la 4ème circonscription du Pas-de-Calais, retrouvez moi sur www.vincentlena2012.fr 

12 avril 2012

Un chêne disparait

hesselaubrac.jpgRaymond Aubrac reposera aux côtés de Lucie au petit cimetière de Salornaye-sur-Guye, dont son père est originaire dans le clunysois de Danielè Mitterrand qui m'est si cher.

Un monument s'efface, avec ce resistant de la 1ère heure, qui participa avec Jean Moulin à l'unification des réseaux de la Résistance, dont le sien, Libération-Sud, et se battra jusqu'au bout pour préserver l'héritage du Conseil National de la Résistance.

Il a par exemple signé dans Le Monde du 2 avril dernier avec notamment son ami Stéphane Hessel, une tribune pour dénoncer la remise en cause c'est dernières années de notre contrat social : "destabilisation de notre système de santé, déremboursement de médicaments, taxation des mutuelles, fragilisation du système de retraites par répartition, atteinte à l'égalité des citoyens face à l'impôt, affaiblissement des association par la réduction des aides de l'Etat et l'extention du champ du marché aux activités citoyennes".

Il poursuivait en appelant à "un retour de la sérénité dans notre république (...) pour nous permettre de dépasser les crises qui nous sont imposées en inventant l'avenir d'une société non plus laminée par le pouvoir financier, mais génératrice d'un autre modèle économique..."

Raymond Aubrac avait accepté l'année dernière de venir à Berck-sur-Mer, à l'invitation d'enseignants du lycée Jan Levezzari qui voulaient donner son nom à une salle, avant de renoncer pour raisons de santé. Quel regret qu'il n'ait pas eu le temps de transmettre à des lycéens la force de son engagement, et l'actualité de l'esprit de résistance.

Mais le plus grand regret que j'ai, c'est qu'il n'ait pu participer au printemps de la gauche en mai et juin, auquel il aura néanmoins contribué en transmettant inlassablement et jusqu'au bout de ses forces son témoignage de vie et de confiance en un avenir meilleur pour l'homme. Qu'il en soit remercié et qu'il repose en paix

 

05 mars 2012

La moutarde monte au nez des élus

dijon.jpgFrançois Hollande a prononcé à Dijon devant 10.000 personnes et 1800 élus locaux un important discours, qui ouvre la perspective d'un nouvel acte de la décentralisation dès 2012. En prenant date aussi solennellement, aux côtés de Jean-Pierre Bel, le nouveau président du Sénat, il redonne espoir aux élus locaux -de tous bords- qui ne sont jamais senti aussi méprisés et abandonnés, notamment dans les territoires les plus ruraux.

Au-delà des clivages politiques, il était important que le grand débat démocratique de la présidentielle et des législatives évoque le rôle des collectivités locales dans l'organisation de la République, le développement du territoire et les solidarités de proximité. Ces échéances doivent nous permettre de faire entendre la voix des élus locaux, souvent brocardés ces dernières années, et dont la tâche a été rendue encore plus difficile par la complexité croissante des procédures, l'affaiblissement des moyens (fiscalité, dotations, moyens de l'Etat), voire la remise en cause de leur raison d'être à travers des tentatives de regroupements intercommunaux forcés.

Les engagements pris par François Hollande, un élu local d'un territoire rural,la Corrèze, me semblent aller dans le bon sens, en abrogeant la loi sur la réforme territoriale - malheureusement votée par tous les députés UMP sans exception -, si contestable, et en lançant dès 2012 un nouvel acte de décentralisation.

En s'engageant à mener une politique volontariste pour conduire en zone rurale les réformes nécessaires, préserver les services publics, et les écoles en particulier, permettre les transports ferroviaires, assurer les réseaux de communication, avec le très haut débit pour tous, ou encore faciliter l'accès à la santé, je pense qu'il répond à la volonté d'une très grande majorité d'élus, telle qu'elle a pu se manifester notamment à l'occasion des élections sénatoriales de septembre 2011.

Un grand soulagement pour beaucoup d'élus, de voir que la gauche au pouvoir reviendrait sur les réformes néfastes du président Sarkozy et de la majorité UMP à l'Assemblée, et ferait confiance aux acteurs de la démocratie locale. Une garantie aussi pour nos concitoyens, qui font en général davantage confiance à leurs élus de proximité pour gérer leurs impôts, plutôt qu'à celui qui ne connaît que Neuilly-sur-Seine et a mis la France sur la paille

06 février 2012

le gang des barbares

gueant.jpgComment ne pas être choqué par les propos de Claude Guéant sur les civilisations qui ne se valent pas toutes ? Prononcés devant un syndicat étudiant qui flirte souvent avec l'extrême droite, associés à une dénonciation de la gauche, de tels mots ne doivent rien au hasard, et au contraire ont été soigneusement calculés pour faire du Le Pen dans le texte. Je ne serais pas étonné qu'ils aient été rédigés par Patrick Buisson, le conseiller de Sarkozy ancien directeur de la publication du journal Minute

Le sinistre Guéant, que je préfère avoir comme ministre de l'intérieur en période de paix et de démocratie (au moins on pourra le remercier dans quelques semaines), semble prêt à tout pour sauver son patron de la défaite, quitte à plonger définitivement son quiquennat dans le déshonneur.

Car personne n'est dupe : classer les citoyens en communautés et religions, associer les musulmans aux talibans, accréditer le fantasme d'un choc des civilisations. L'histoire s'est mise à marcher à reculon avec Sarkozy au pouvoir

A 3 mois des présidentielles, il y a de quoi s'inquiéter. Quelle leçon de civilisation donnent-ils, avec une société qui n'a jamais été aussi inégalitaire et intolérante, une montée sans précédent de l'extrême droite, dans les sondages et dans les têtes ?

Parfois, j'ai honte des dirigeants de mon pays

17 janvier 2012

2012 AAAnnée du changement

voeuxcamiers.JPGLe mois de janvier est marqué par le traditionnel marathon des vœux, que je conclurai comme d’habitude par ma propre cérémonie en tant que conseiller régional, le 28 janvier 11h à Montreuil. L’occasion de former des vœux de santé et de bonheur à tous, mais aussi de prendre un peu de recul dans un monde à l’horizon obscurci, et de trouver quelques raisons d’espérer pour nos jeunes.

Chaque année, depuis 2008, le Président Sarkozy nous promet la fin du tunnel, et elle ne vient jamais. 2011 a été une nouvelle année terrible, où chacun a pu sentir dans le montreuillois comme ailleurs, sur le littoral ou dans nos campagnes, le poids d’une crise qui n’en finit plus. Ce début d’année 2012 ne me dit rien qui vaille, avec la perte du « triple A » qui nous relègue en 2ème division et les menaces sur l’Euro, un chômage record, des suppressions d’emplois d’enseignants à la pelle, des hausses d’impôt (TVA sociale) pour beaucoup afin de rembourser les déficits creusés par quelques uns, des élus de proximité montrés du doigt et des collectivités locales mises au pain sec, des inégalités qui n’ont jamais été aussi criantes…

 Alors je voudrais qu’en 2012 nous exaucions enfin le vœu présidentiel, et que ce soit l’année du véritable changement. Il est temps de retrouver le chemin de la justice et du progrès, la seule voie pour sortir le pays de l’ornière dans laquelle 10 ans de libéralisme échevelé nous ont menés. Souvenons-nous qu’avec Lionel Jospin comme Premier ministre de 1997 à 2002, il y eut 2 millions de créations d’emploi et des comptes sociaux à l’équilibre ! Ce n’est pas avec des « moins » que l’on gagnera la bataille de l’emploi (moins d’Europe, moins d’industrie, moins de services publics, moins d’impôts pour les riches, moins de protection sociale, moins d’écologie…) mais avec des « plus » (plus de pouvoir d’achat, plus de croissance,  plus d’exigence sociale et environnementale aux frontières de l’Europe, plus de sécurité professionnelle, plus de formation, d’éducation et de recherche, etc.). Alors pour le vrai changement, choisissons dès le mois de mai un autre président, qui sera François Hollande, et en juin un autre député, qui sera…

06 décembre 2011

L'autre couple franco-allemand

Voici le discours prononcé par François Hollande devant le congrès du SPD à Berlin, et largement ovationné. Quand même autre chose que les gesticulations de Merkozy... Vivement 2012 et 2013 pour redonner des ailes au rêve européen !

hollandespd.jpg(...) Je veux rappeler l´amitié entre nos deux partis depuis la belle relation qu´entretenaient deux hommes d´Etat exceptionnels, Willy Brandt et Francois Mitterrand. Amitié qui n´a cessé de se poursuivre et de s´enrichir au sein du Parti socialiste européen et dans nos relations bilatérales. Et c´est encore le cas aujourd´hui, aussi bien entre Martine Aubry et Sigmar Gabriel qu´entre nos deux groupes parlementaires avec Franck Walter Steinmeier et Jean Marc Ayrault, ici présent. Nous avons à proposer ensemble l´alternative. Nous avons à changer le centre de gravité de l´Europe. Le ramener davantage vers la gauche.

Comme candidat à la plus haute fonction de mon pays je veux affirmer devant vous, et à travers vous à tous les allemands, la force que j´accorde au lien entre nos deux Etats. Au-delà des gouvernements et des majorités qui se sont succédés dans nos deux pays depuis 1945, l´Allemagne et la France ont été capables de dépasser les blessures de l´Histoire et les douleurs des affrontements meurtriers pour donner l´exemple de la réconciliation et de la paix. Le traité de l´Elysée signé en janvier 1963 par Konrad Adenauer et Charles de Gaulle fonde encore les rapports entre nos deux nations.

Mieux que cela, nos deux pays ont puissamment contribué à l´édification de l´Europe. Ils en ont été les moteurs. A chaque étape, ils ont montré la voie, sans dominer, sans obliger, sans contraindre. C´est ainsi que fut bâti le marché commun, puis le grand marché et la monnaie unique. C´est ainsi qu´a été possible, après la chute du mur de Berlin, l´unification de l´Allemagne et l´élargissement de l´Europe.
Je pense aux grands bâtisseurs de notre Europe issus de nos rangs, qui ont fait l´Histoire : Helmut Schmidt, , de notre côté Francois Mitterrand, Jacques Delors. Je n´oublie pas que cette grande aventure dépasse les clivages politiques et que des conservateurs ont pu y jouer leur rôle. Je pense notamment à Helmut Kohl.
 
(...) L´Europe pour avancer a besoin d´une relation franco-allemande équilibrée. Elle doit être sans exclusive et banir tout directoire, doit pouvoir constituer la force d´entraînement. Nos deux pays représentent la moitié de la production de la zone euro et le tiers de la population de l´Union.
Nous pouvons avoir des différends. Car nous avons nos traditions. Je sais combien la lutte contre l´inflation est primordiale ici. Vous connaissez notre préoccupation en France à l´égard du chômage. Vous avez fait des réformes importantes ici en Allemagne. En France elles ont trop tardé. Mais nous sommes conscients qu´aucun pays n´a de lecons à donner à l´autre et que l´isolement ou l´entêtement seraient la pire attitude. Nous avons besoin d´un compromis dynamique.
 
Car l´Europe et d´abord la zone euro affrontent une situation exceptionnelle. Confrontée à la défaillance de la Grèce il y a dix huit mois, elle s´est montrée incapable de réagir avec rapidité et efficacité à la pression des marchés. Chaque sommet européen a été conclu par des communiqués de victoire, à chaque fois démentis quelques jours plus tard par les doutes des places financières.
 
Les instruments qui ont été introduits, notamment le Fonds européen de stabilisation financière, sont apparus insuffisants et tardifs. Les euro-bonds ont été écartés. Les gouvernements de nos deux pays portent une responsabilité dans ces atermoiements, ces frilosités, ces hésitations. Le résultat est que la spéculation, loin de fléchir, s´est amplifiée. D´où la tentation de la fuite en avant. Les uns appelant à un recours plus direct de la Banque centrale européenne pour l´achat des dettes souveraines. Les autres à une révision des traités pour mettre de la discipline dans les politiques budgétaires. Avec l´idée d´un troc pour trouver un improbable et inavouable arrangement.
Cette fuite en avant est périlleuse. Pour plusieurs raisons, d´abord parce que l´élaboration d´un nouveau traité prendra du temps. Des mois pour le négocier. Des mois pour le faire ratifier. Durant cette longue période, les marchés seront toujours ouverts et n´attendront pas la conclusion de nos travaux. Parce que des transferts de souveraineté sur l´acte essentiel d´un parlement – le vote du budget – et l´éventuelle censure de la Cour de Justice des Communautés européennes accentuera la crainte d´une dépossession démocratique que bien des peuples n´acceptent plus.
Enfin parce que l´Europe ne peut se réduire à une organisation de l´austérité alors que le chômage progresse et que la récession menace.
 
C´est maintenant qu´il faut agir. Car la crise de l´euro si elle se propage risque de tout emporter. Ce sont de grandes économies qui sont désormais exposées : l´Espagne, l´Italie. Le début de l´année 2012 va correspondre à une levée de nombreux emprunts dont nul ne sait s´ils trouveront preneurs et à quels taux d´intérêt. Le système bancaire n´a plus confiance en lui-même. Les agences de notation sont une menace permanente. Bref, il y a urgence. L´euro est notre patrimoine commun. Il est bien plus que notre monnaie. Il nous lie les uns aux autres. Il nous assure la stabilité et nous protège.
Nous ne pouvons pas prendre le risque de l´éclatement. Ce serait une régression au détriment de chacun de nos Etats membres. Il n´y aurait que des perdants, aucun vainqueur, sauf ceux qui loin d´ici n´ont jamais voulu de l´euro. Ce serait l´effacement de l´Europe.
Alors il faut se donner immédiatement les moyens d´en finir avec cette crise de la zone euro.
C’est pourquoi je propose un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance. 
Sans responsabilité budgétaire, il n’y aura pas de sortie de crise. Et ici devant vous, comme devant les Français, je tiens un discours de vérité. Je réduirai les déficits en France: 3% du PIB de déficit budgétaire en 2013, l’équilibre en 2017. Nous maîtriserons ainsi la dette publique. Et nous en terminerons avec les politiques d´allégements fiscaux qui ont été aussi injustes socialement qu´inefficaces économiquement.
Il nous faut aussi une autre gouvernance de la zone euro. Elle ne peut se limiter à quelques réunions de chefs d’Etat et de gouvernement. Elle devra comporter un véritable pilotage des politiques économiques dans la zone euro.
Nous devons aussi créer les conditions de la croissance. Le budget de l’Union européenne, les interventions de la Banque Européenne d´Investissement et un dispositif d’euro-obligations pour des grands projets doivent permettre de développer de nouvelles activités et l’emploi dans l’industrie, les infrastructures et notamment la conversion écologique ou les nouvelles technologies.     
 
Le pacte que je propose comporte quatre évolutions décisives:
Le fonds européen de stabilité financière doit être beaucoup plus fortement doté pour être à la hauteur des enjeux et désarmer durablement la spéculation. Il doit pouvoir travailler avec la Banque centrale européenne et se refinancer auprès d’elle.
La Banque Centrale Européenne doit pleinement jouer son rôle. Je respecte son indépendance, je la voudrais plus attentive à la situation de notre économie réelle, je souhaite qu´elle puisse élargir son rôle de prêteur et intervenir de facon mesurée contre la spéculation dans le cadre de ses actuels statuts.
La taxe sur les transactions financières doit être introduite sans délai. Elle réduira la volatilité des capitaux et permettra de dégager une ressource précieuse pour le budget européen.
La dette européenne doit être partiellement mutualisée par la mise en place d’euro-obligations.
 
Chers amis, chers camarades, je suis convaincu que rien ne peut se faire, que rien ne se fera sans la démocratie. Je sais que c’est une préoccupation commune à nos deux pays, chacun avec ses modes d’organisation propre. Le renforcement des contrôles démocratiques en Europe est indissociable d’un renforcement de l’action commune. Je veux saluer le rôle du Parlement et le travail de notre ami et futur Président Martin Schultz.
Autant j´accepte une vigilance sur les budgets nationaux à l´égard des Etats qui ne respectent pas leurs engagements,autant je refuse qu´une instance judiciaire décide à la place des Parlements. Je partage les craintes de votre grand philosophe Jurgen Habermas devant le fossé qui s´élargit entre les citoyens et une élite dirigeante. Il a recours à propos de la gouvernance européenne actuelle le terme de « post-démocratie ».
Or, là où la démocratie régresse, où la politique recule, c´est le marché qui avance.
Au-delà de l´urgence, nous devons définir ensemble le projet européen pour la prochaine décennie.
Ce ne peut être simplement une union budgétaire qui, après l´union monétaire, doit être un moyen et non une fin.
 
Ce que je propose ce n´est pas un fédéralisme de marchés mais un fédéralisme de projets.
L´Europe c´est une somme de volontés pour affronter les défis globaux. Avant hier c´était la paix, hier c´était l´élargissement, aujourd´hui c´est l´investissement dans la connaissance, les nouvelles technologies, la lutte contre leréchauffement climatique, la croissance verte. Une véritable politique commune de l´énergie pourrait trouver sa place dans une Communauté européenne de l´énergie.
La vision que nous devons offrir de notre continent c´est de rester la première puissance économique du monde grâce à l´excellence de nos productions, de nos formations et de nos modes de vie.
Ce qui doit conduire à porter ensemble de nouveaux projets industriels et de nouvelles ambitions  en matière d´enseignement supérieur et de recherche. Car depuis Galileo aucune nouvelle frontière technologique n´a été repoussée par l´Europe. Et les générations futures – la jeunesse – doivent être nos grandes priorités.
Le fédéralisme des projets pour la prochaine décennie ne réussira qu´à plusieurs conditions :
de nouvelles ressources : taxes européennes (contribution carbone), emprunts d´avenir (euro-obligations), une simplification des structures de décision dans le cadre des coopérations renforcées ; l´Europe d´avant-garde, une régulation financière efficace,  une harmonisation sociale et fiscale,
une démocratisation plus forte de l´Europe.
Voilà l´Europe de demain : claire dans ses objectifs, démocratique dans son fonctionnement, mobilisatrice dans ses engagements.
 
C´est sur ces bases que je vous propose de travailler ensemble à une alternative. C´est sur ces bases que j´entends engager dès le lendemain de mon élection, si les Français en décident ainsi, la discussion avec les représentants du peuple allemand au-delà des attaches partisanes.
Je veux conclure en revenant à l´amitié franco-allemande. En 2013, sera célébré le 50e anniversaire du Traité de l’Elysée. Ce doit être l´occasion d´enrichir notre lien. Je veux en donner quelques illustrations: la jeunesse, avec l’accélération de la mise en place du service civique franco-allemand et la création en partenariat avec l’université franco-allemande d’un Office franco-allemand de la recherche ; notre sécurité commune, avec la mise en place d’un état-major pour coordonner les opérations menées dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense ;
la politique industrielle avec la mise sur pied d’un fonds industriel franco-allemand destiné à faciliter la création de pôles industriels communs, entre autres dans le secteur des transports et de l’environnement.
Je veux rebâtir une alliance forte avec l’Allemagne, fruit d’un rapport entre partenaires égaux, pour porter une vision commune de la réponse à la crise et de l’avenir de l’Europe, face à un monde en mutation. C’est ce que les citoyens, les salariés, les ouvriers, les agriculteurs de nos deux pays attendent. Nous devons répondre à leur aspiration à davantage de protection face aux dégâts de la mondialisation.
 
En France et en Allemagne nous allons connaître dans les 18 prochains mois des rendez vous électoraux majeurs.  Si nous réussissons – nous les socialistes et les sociaux démocrates – à l´emporter dans nos pays respectifs, c´est le cœur de l´Europe qui s´en trouve modifié
Nous pourrons alors travailler dans le sens de nos idées : la croissance, l´emploi, la formation, le développement durable, la justice sociale.
Et c´est un nouveau cycle que nous pourrons ouvrir. Alors travaillons ensemble, dès à présent, unifions nos positions, portons ensemble des propositions. Notre cohésion, notre solidarité, seront sources de confiance et d´espoir.
Et comme je suis le premier à rencontrer le suffrage universel, en mai prochain, je ferai tout pour poser le premier acte en attendant que vous ne posiez le second en septembre 2013.

29 novembre 2011

Le regard de Danielle

danielle.jpgUn seul être vous manque et tout est dépeuplé. Comment ne pas citer Lamartine, qui de son chateau de Saint Point pouvait voir les collines du clunisois, où repose désormais Danielle Mitterrand ?

Sa présence discrète mais inlassable nous manque déjà. Comme un fanal de la conscience de gauche, ouverte sur le monde, en guerre contre toutes les injustices.

Un exemple pour tant de jeunes qui sont dans le noir, parce que leur avenir est bouché et qu'ils survivent au jour le jour. Le regard pétillant, jamais résigné, de cette résistante de la première heure, de cette militante jusqu'au dernier souffle, devrait leur donner la force d'avancer, et de ne jamais se résigner à changer le monde

24 octobre 2011

En avant

freyssinet.jpg

L'UMP se régalait d'avance des divisions que ne manqueraient pas de produire les primaires socialistes. Elle en a été pour ses frais, profondément divisée elle-même sur la novation introduite dans notre démocratie, et poussant le ridicule jusqu'à consacrer une convention à caricaturer de manière grotesque le projet socialiste.

J'étais présent à la convention d'investiture de François Hollande, et je peux témoigner de l'état d'esprit unitaire qui anime le parti socialiste pour faire gagner son candidat et réussir l'alternance en 2012.

Il faut dire que le traumatisme du 21 avril 2002 est encore présent dans les têtes, et que les primaires internes de 2006 avaient profondément divisé le parti. Malheur à celui ou celle qui prenait le risque de fragiliser les chances de la gauche en 2012.

L'exercice inédit des primaires, qui a passionné des millions de français, se devait d'être exemplaire, et chacun l'a bien compris. En plus de donner une légitimité populaire à notre candidat, cette grande explication démocratique a permis de présenter les idées socialistes, avec toutes ses nuances qui font leur richesse, et leur actualité, alors que la crise signe l'échec dramatique des politiques les plus libérales. Un sondage de ce jour (Viavoice, pour Libération) montre d'ailleurs que 3 français sur 5 ne font plus confiance à Nicolas Sarkozy en matière de lutte contre les déficits et de soutien à la croissance, rejoignant paradoxalement ainsi le jugement cruel de l'agence de notation Moody's, qui met le AAA de la France sarkozyste sous surveillance.

Il faut rendre hommage à la manière dont les dirigeants du PS ont su gérer le résultat de la primaire, en saluant particulièrement la dignité de Martine Aubry et la hauteur de François Hollande, qui a ainsi montré de manière éclatante sa capacité à rassembler. 

Même si je n'en avais jamais douté, il faut bien avouer un certain soulagement pour avoir réussi cet exercice à haut risque, et notre fierté d'avoir défriché de nouveaux espaces démocratiques. La reconquête peut à présent commencer, fort de la détermination et de l'énergie de ces millions de citoyens qui ont confié à François Hollande et au parti socialiste l'espoir de réenchanter le rêve français : que notre République donne les mêmes chances à chacun ; que la France retrouve l'énergie d'être en avant.

10 octobre 2011

Une armée citoyenne s'est levée

Il en fallait de la volonté et du courage, ici encore plus qu'ailleurs, pour que plus de 3.200 citoyens se déplacent pour voter aux primaires socialistes dans l’arrondissement de Montreuil, malgré les propos scandaleux du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, menaçant de « repérer » les électeurs de gauche dans les territoires les plus ruraux.

C’est une énorme victoire citoyenne, dont il faut remercier tous les artisans, les militants et sympathisants socialistes qui ont diffusé l’information et tenu les bureaux de vote, les maires qui ont transmis les listes électorales et autorisé les bureaux de vote, les électeurs qui ont participé avec patience et bonne humeur à cette aventure démocratique inédite, dans le respect des personnes et des idées. Une armée citoyenne déterminée s’est levée, que rien n’arrêtera sur le chemin de la victoire.

Les électeurs de l’arrondissement ont placé très largement Martine Aubry en tête dans tous les cantons du montreuillois (43% dans le canton de Berck, 45% dans celui d'Etaples, 47% à Beaurainville et Le Parcq, 51 % à Fruges...) , exprimant le besoin d’une gauche courageuse face à une droite dure, et l’espérance que notre région soit incarnée au plus haut sommet de l’Etat. Le second tour sera très ouvert, mais quelle que soit la personnalité choisie souverainement par le peuple de gauche, le Parti socialiste aura montré son unité et saura se rassembler derrière elle dès le 16 octobre au soir, pour lancer la grande bataille de 2012.

J’appelle les électeurs à se déplacer encore plus nombreux dimanche prochain pour transformer l’essai, faire gagner la gauche et rendre possible le changement.

25 septembre 2011

de Gaulle en a rêvé la gauche l'a fait


senat.jpgL’inconcevable est arrivé. Le Sénat bascule enfin à gauche, et le palais du Luxembourg, qui était un peu à la droite ce que les coffres de banque sont à la Suisse, s’apprête à connaître enfin l’alternance, pour la première fois sous la Vème République.

Bien sûr, inutile d’espérer des klaxons dans les rues de Berck et seuls les grands électeurs, essentiellement les élus des communes, ont accompli cette révolution historique, sans manifestations ni grands meetings, mais avec toute la sagesse – et la détermination – dont ils sont capables.

Ironie de l’histoire, c’est à la gauche, devenue porte voix des élus de proximité, qu’ils ont demandé de réaliser le rêve avorté en 1969 du général de Gaulle, de faire du Sénat une assemblée des territoires. Parce que le besoin d’alternance est fort dans le pays, avec un président qui maltraite la République, et une droite qui a mis à la disette les territoires et montré du doigt les élus. Parce que la gauche, depuis le vote des lois de décentralisation, a compris que l’avenir de la France se construira au plus près des habitants.

Paradoxe institutionnel, cette « anomalie démocratique », lointaine descendante de la chambre des pairs, où l’alternance y était réputée impossible, va enfin parfaire notre République en reconnaissant son caractère décentralisé. Elle permettra de freiner ou bloquer d’ici mai 2012 les projets les plus néfastes d’un pouvoir aux abois, puis d’imaginer une nouvelle étape de la décentralisation si la gauche referme la parenthèse sarkozyste.

Je me félicite à titre personnel que les grands électeurs du montreuillois, l’un des territoires les plus ruraux du Pas-de-Calais, aient donné de la voix courageusement, en dénonçant l’injustice de la réforme territoriale voulue par l’UMP, et en s’opposant aux fusions autoritaires d’intercommunalité dictées au préfet. Ils ont contribué de manière décisive à cette victoire qui en promet d’autres, pour garantir le respect de la démocratie locale et ouvrir le champ des possibles à notre beau territoire. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés.